Vive la tech­no, mais pas trop

Les Fran­çais adorent les in­no­va­tions quand elles leur fa­ci­litent le quo­ti­dien, mais ils re­jettent les ob­jets éli­tistes.

Le Parisien (Paris) - - SOCIÉTÉ - AY­ME­RIC RE­NOU

OR­DI­NA­TEURS, smart­phones, ta­blettes… Im­pos­sible de se pas­ser des nou­velles tech­no­lo­gies au­jourd’hui. Les Fran­çais l’ont com­pris : 77 % d’entre eux es­timent qu’elles « leur per­mettent de faire des choses qu’ils ne pou­vaient pas faire au­pa­ra­vant », se­lon les résultats d’une en­quête Ip­sos pour Hel­lo Bank et Ya­hoo !* que nous pu­blions au­jourd’hui en avant-pre­mière. Ils sont prêts à les adop­ter, mais pas à n’im­porte quelle condi­tion.

nDu concret, du pra­tique

L’in­no­va­tion sé­duit lors­qu’elle est utile dans notre quo­ti­dien. 83 % des Fran­çais consi­dèrent que les or­di­na­teurs ou ob­jets connec­tés leur per­mettent de ga­gner du temps et de l’ar­gent au­tant qu’ils leur sim­pli­fient la vie. Dans cet es­prit, 69 % des son­dés ont dé­jà ven­du des ob­jets d’oc­ca­sion via un site In­ter­net ou une ap­pli­ca­tion. Plus de la moi­tié des in­ter­nautes (54 %) ont aus­si dé­jà re­gar­dé une ou plu­sieurs vi­déos en ligne leur ex­pli­quant com­ment bri­co­ler ou com­ment réa­li­ser une re­cette.

Tou­jours concen­trés sur leur vie de tous les jours, les Fran­çais s’ima­ginent par­fai­te­ment dé­ga­gés de cer­taines contraintes à l’ave­nir et se disent prêts à confier au moins un bou­lot à un ro­bot : 67 % une tâche mé­na­gère (mé­nage, les­sive…), 42 % le jar­di­nage et 30 % les courses ali­men­taires. Un peu de fan­tai­sie quand même : 71 % des son­dés avouent que ces nou­velles tech­no­lo­gies leur ap­portent une pin­cée de sur­prise et d’amu­se­ment.

nNon aux in­no­va­tions éli­tistes

At­ten­tion tou­te­fois au trop-plein de nou­velles tech­no­lo­gies in­ac­ces­sibles à celles et ceux qui ne se consi­dèrent pas comme des geeks. Les consom­ma­teurs re­fusent ce qui leur semble éli­tiste et ré­ser­vé à ceux qui « savent » ou ont les moyens.

Seuls 4 % des Fran­çais ont ain­si dé­jà uti­li­sé une im­pri­mante en 3D pour fa­bri­quer un ob­jet sur-me­sure. Même constat pour les lo­gi­ciels, ap­pli­ca­tions et autres ob­jets connec­tés per­met­tant de suivre son som­meil, me­su­rer une ac­ti­vi­té phy­sique ou ana­ly­ser son ali­men­ta­tion, uti­li­sés par moins de 10 % de la po­pu­la­tion. « Le mes­sage qu’ils passent est as­sez clair et plein de bon sens, ob­serve Ariel Stein­mann, di­rec­trice du mar­ke­ting di­gi­tal de la banque en ligne Hel­lo Bank du groupe BNP Pa­ri­bas. Ils ne veulent pas de l’in­no­va­tion pour l’in­no­va­tion, mais de la va­leur d’usage. »

nP­rêts à payer par em­preinte

Cet état d’es­prit se ré­vèle par­ti­cu­liè­re­ment dans la ma­nière de payer des achats. Les Fran­çais res­tent très at­ta­chés (41 %) à la carte ban­caire pour ré­gler des dé­penses en ma­ga­sin ou même en ligne. Ils jugent ce sys­tème pra­tique, fiable et sé­cu­ri­sé.

Mais ils sont prêts à se lan­cer dans l’iden­ti­fi­ca­tion par carte ban­caire qui va bien­tôt dé­bar­quer en France via le dé­tec­teur d’em­preintes « Touch ID » sur les iP­hone et les iPad : payer du bout des doigts est en­vi­sa­geable par 29 % des Fran­çais. En re­vanche, le paie­ment sans fil et sans contact via un smart­phone ou une montre ne fait pas du tout re­cette (re­je­té par 90 % des son­dés), car ju­gé pas as­sez sé­cu­ri­sé et trop peu contrô­lable. * En­quête de l’ins­ti­tut Ip­sos pour Hel­lo Bank et Ya­hoo ! réa­li­sée en ligne du 10 au 19 août der­niers au­près d’un échan­tillon de 1 003 in­di­vi­dus de 16 ans ou plus re­pré­sen­ta­tif de la po­pu­la­tion fran­çaise.

(LP/Ni­co­las Sivan.)

Les Fran­çais sont des adeptes de la vente d’ob­jets en tout genre sur les sites In­ter­net spé­cia­li­sés.

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