« L’équipe Co­fi­dis m’avait dé­goû­té du vé­lo »

Le Parisien (Paris) - - SPORTS ILE-DE-FRANCE - LAURENT PRUNETA

DE­PUIS MER­CRE­DI à Bri­gnoles (Var), Sté­phane Poul­hies (30 ans) pré­pare son re­tour chez les pros avec ses nou­veaux co­équi­piers de l’Ar­mée de terre. Il y a un an, il voyait plu­tôt son ave­nir dans l’uni­forme de po­li­cier mu­ni­ci­pal dans sa ville d’Al­bi (Tarn). « Je m’étais ren­sei­gné pour pré­pa­rer les concours », se sou­vien­til. Après huit an­nées chez les pros — AG2R (2006-2009), Saur- So­ja­sun (2010-2012), Co­fi­dis (2013-2014) —, le sprin­teur avait dé­ci­dé de ti­rer un trait sur le haut ni­veau.

« L’équipe Co­fi­dis m’avait dé­goû­té du vé­lo, ex­plique-t-il. Là-bas, j’ai dé­cou­vert une men­ta­li­té qui ne me cor­res­pond pas, très in­di­vi­dua­liste. On dit que je suis trop gen­til, mais je n’ai ja­mais été un lèche-bottes. Ma concep­tion du sport s’ex­prime à tra­vers l’équipe, le col­lec­tif. Chez Co­fi­dis, j’ai tra­vaillé pour mes lea­deurs mais j’ai été je­té sans re­mer­cie­ment. J’avais l’im­pres­sion d’être un pion. A l’époque, il fal­lait faire de la place pour Bou­han­ni qui ar­ri­vait avec des mecs à lui (sic). S’il y a un tel re­nou­vel­le­ment chez Co­fi­dis, c’est que le pro­blème vient de l’équipe, pas for­cé­ment des cou­reurs. »

Re­de­ve­nu ama­teur avec Al­bi Vé­lo Sport et l’Oc­ci­tane de Cy­clisme For­ma­tion, ce père de deux en­fants dit « avoir re­trou­vé le plai­sir ». « A la fin de Co­fi­dis, je n’étais vrai­ment pas bien dans ma tête, re­con­naît-il. Mais en re­trou­vant le vrai vé­lo (sic), la base après le marche ou crève de Co­fi­dis, je me suis de nou­veau sen­ti épa­noui. Chez les pros, on est des as­sis­tés, on s’oc­cupe de tout pour nous. J’ai re­dé­cou­vert les joies des longs ral­lyes dans un ca­mion pour

« J’ai choi­si l’Ar­mée de terre parce qu’elle dé­gage une men­ta­li­té fa­mi­liale »

nous rendre aux courses. Avec les ama­teurs, on n’est plus dans le confort mais il y a des vrais rap­ports hu­mains. »

Sté­phane Poul­hies a ré­ap­pris à s’échap­per… et à ga­gner. Ses 12 vic­toires (et 8 places de 2e) l’ont rap­pe­lé aux bons sou­ve­nirs des équipes pros. Quatre des neuf for­ma­tions fran­çaises l’ont contac­té en sep­tembre. « Je n’avais pas pré­vu de re­ve­nir chez les pros, avoue-t-il. On en a dis­cu­té en famille. Le pre­mier cri­tère, ce n’était pas l’as­pect fi­nan­cier mais l’état d’es­prit. J’ai choi­si l’Ar­mée de terre pour le pro­jet de re­con­ver­sion mais aus­si parce qu’elle dé­gage une men­ta­li­té fa­mi­liale. Ça me rap­pelle un peu mes an­nées chez Saur-So­ja­sun. »

Après avoir sur­tout joué les co­équi­piers au sein d’AG2R, en em­me­nant les sprints pour Jean-Pa­trick Na­zon, Poul­hies avait eu « un dé­clic » chez Saur. Mis en confiance, il avait rem­por­té plu­sieurs sprints mas­sifs dans des étapes au Tour de l’Ain (2010), à l’Etoile de Bes­sèges (2011 et 2013) et la Route du Sud (2012). « C’est pos­sible pour moi de re­ga­gner chez les pros, j’y crois ! Ce se­rait comme une pe­tite re­vanche. Il y a la jeune gé­né­ra­tion des Bou­han­ni, Dé­mare ou Co­quard, mais on a vu lors des der­niers Cham­pion­nats de France qu’un sprint n’était ja­mais ga­gné d’avance. Je se­rai aus­si là pour épau­ler mes jeunes co­équi­piers. » A l’Ar­mée, il a re­trou­vé Jim­my Cas­per, l’un des di­rec­teurs spor­tifs, avec qui il avait cou­ru chez Saur. « C’est une ré­fé­rence dans le sprint fran­çais, mais il est humble et ne se prend pas la tête. Sa pré­sence pour moi est un atout quand on est sprin­teur. On va es­sayer de consti­tuer un bon train pour être ra­pi­de­ment com­pé­ti­tifs. »

HP BTP-Au­ber 93 a dé­bu­té hier son stage d’une se­maine à Calpe (Espagne).

(Presse Sports/Ber­nard Pa­pon.)

Sur le par­cours de l’Etoile de Bes­sèges, le 5 fé­vrier 2012. Sté­phane Poul­hies a cou­ru deux sai­sons sous les cou­leurs de Co­fi­dis.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.