Les Fran­çais pré­fèrent les can­di­da­tures spon­ta­nées

EMPLOI. Com­ment chan­ger de tra­vail ? Une étude du Bos­ton Consul­ting Group scrute les mé­thodes de re­cherche d’emploi des sa­la­riés. In­ter­net ar­rive en tête, mais la bonne vieille lettre de mo­ti­va­tion fait en­core des émules.

Le Parisien (Paris) - - LA UNE - SÉ­VE­RINE CAZES

EN­VIE D’ÉVO­LUER dans un autre sec­teur, de dy­na­mi­ser sa car­rière ou tout sim­ple­ment de chan­ger d’air : les mo­ti­va­tions pour re­cher­cher un nou­veau job peuvent être nom­breuses. Mais com­ment s’y prendre ? « Chaque an­née, un tra­vailleur sur cinq change d’emploi dans le monde », sou­ligne Stéphanie Min­gar­don, di­rec­trice as­so­ciée au bu­reau de Pa­ris du Bos­ton Consul­ting Group (BCG), ca­bi­net spé­cia­li­sé dans les res­sources hu­maines. En par­te­na­riat avec le ca­bi­net de RH Re­cruit Works Ins­ti­tute, le BCG a réa­li­sé une étude, dont nous pu­blions en ex­clu­si­vi­té les résultats, au­près 13 000 em­ployés ba­sés dans 13 pays du monde. En France, un échan­tillon de 820 sa­la­riés a été son­dé par In­ter­net et par té­lé­phone. Des per­sonnes en si­tua­tion d’emploi et qui cher­chaient si­mul­ta­né­ment un autre tra­vail.

nIn­con­tour­nable Toile. « Pour tous les em­ployés in­ter­ro­gés — les Fran­çais ne font pas ex­cep­tion à la règle —, le Web est de­ve­nu l’ou­til le plus ef­fi­cace dans leur re­cherche d’emploi », note Stéphanie Min­gar­don. Ain­si, au ni­veau mon­dial, lors­qu’ils re­cherchent un job, les em­ployés se tournent d’abord à 55 % vers les sites d’offres d’emploi, avant de re­gar­der les an­nonces dans la presse écrite (36 %) ou de de­man­der une re­com­man­da­tion aux proches et amis (33 %). Autre méthode uti­li­sée par les cher­cheurs d’emploi, sa­chant que les son­dés peuvent for­mu­ler plu­sieurs ré­ponses à la fois : 24 % d’entre eux en­voient des can­di­da­tures spon­ta­nées, loin de­vant le re­cours aux ser­vices pu­blics de l’emploi (20 %), aux agences pri­vées de pla­ce­ment (17 %) ou d’in­té­rim (17 %). En­core plus loin der­rière, les as­so­cia­tions d’an­ciens élèves sont ac­ti­vées par 9 % des sa­la­riés et un pe­tit 7 % passe par des stages et des for­ma­tions, entre autres.

n

Spé­ci­fi­ci­té fran­çaise. « En France, In­ter­net est ju­gé le moyen le plus ef­fi­cace pour la re­cherche d’emploi par 32 % des sa­la­riés. Mais il y a une spé­ci­fi­ci­té, c’est le poids des can­di­da­tures spon­ta­nées », pour­suit Stéphanie Min­gar­don. Dans l’Hexa­gone, en ef­fet, 27 % des per­sonnes son­dées disent que c’est une can­di­da­ture spon­ta­née qui a été dé­ter­mi­nante pour ob­te­nir l’emploi qu’ils oc­cupent au mo­ment de l’en­quête. Un taux éle­vé : même aux Etats-Unis, où le mar­ché du tra­vail se ca­rac­té­rise par une grande flui­di­té, cette pro­por­tion n’at­teint que 20 %. Quelles ex­pli­ca­tions à ce­la ? « Avec une éco­no­mie as­sez cen­tra­li­sée, au­tour de Pa­ris et de l’Ile-de-France, notre pays fa­vo­rise ce phé­no­mène car on peut re­pé­rer les en­tre­prises fa­ci­le­ment », avance Stéphanie Min­gar­don. « Dans un contexte de fort chô­mage, les gens prennent en main leur car­rière, ils sont proac­tifs. » Quant aux en­tre­prises, « elles doivent prendre en compte le dy­na­misme de la force de tra­vail en France quand elles conçoivent leurs re­cru­te­ments, et s’adap­ter pour trai­ter ces can­di­da­tures spon­ta­nées ».

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.