« Un mythe et un conte de fées »

Le Parisien (Paris) - - LE FAIT DU JOUR - Pro­pos recueillis par THIER­RY DAGUE

PSY­CHO­LOGUE À L’HÔ­PI­TAL de la Pi­tié-Sal­pê­trière, à Pa­ris, Ar­thur Le­roy est lui-même fan de « Star Wars ». Un culte dont ce tren­te­naire, au­teur d’un livre sur la sa­ga*, ob­serve l’im­pact sur toutes les gé­né­ra­tions. Des quin­quas aux ados, « Star Wars » touche plu­sieurs gé­né­ra­tions. Pour­quoi ? AR­THUR LE­ROY. Dès la pre­mière tri­lo­gie, les post-soixante-hui­tards se sont ap­pro­priés ce mythe mo­derne, avec ses re­belles, son alliance, ses héros, ses ré­fé­rences his­to­riques, re­li­gieuses, po­li­tiques. Une nou­velle gé­né­ra­tion est ar­ri­vée avec la deuxième tri­lo­gie, re­je­tée par les pre­miers fans. La troi­sième qui com­mence au­jourd’hui de­vrait ré­con­ci­lier les deux, puis­qu’elle pro­met un re­tour aux sources. Il y a un cô­té ma­de­leine de Proust. Est-ce que les pa­rents trans­mettent le culte à leurs en­fants ? Oui, la trans­mis­sion est im­por­tante. J’ai re­çu un jour un père di­vor­cé, qui re­pro­chait à sa femme d’avoir ac­com­pa­gné leur fils voir l’épi­sode III sans lui. A ses yeux, « Star Wars » ap­par­te­nait au lien père-fils. Il te­nait à par­ta­ger ce plai­sir d’en­fance. On est fan de « Star Wars » parce qu’on s’iden­ti­fie à ses héros ? Cette sa­ga est à la fois un mythe, avec ses pro­blé­ma­tiques glo­bales, et un conte de fées, avec sa conclu­sion po­si­tive. Les héros ne sont pas par­faits : Luke Sky­wal­ker réus­sit sa for­ma­tion de Je­di mais ne part pas avec la prin­cesse… qui est sa soeur ; Han So­lo est plus égoïste, mais sa quête amou­reuse abou­tit. Au­cun ne gagne seul. Quand Ana­kin, fu­tur Dark Va­dor, cherche à ga­gner seul, il court à sa des­truc­tion. Vous uti­li­sez la sa­ga avec vos pa­tients ? D’après la fa­çon dont ils me ra­content l’his­toire, je peux faire un lien avec leur propre his­toire. Les gar­çons de 8 à 13 ans sont les plus ac­cros, ils ont be­soin de se ré­fé­rer à un ima­gi­naire. Le cô­té obs­cur de la Force les ren­voie à la pul­sion de pos­sé­der, de contrô­ler leur en­vi­ron­ne­ment. Pas­ser du bon cô­té, c’est ac­cep­ter de ne pas maî­tri­ser le monde. * « Star Wars, un mythe fa­mi­lial : Psy­cha­na­lyse d’une sa­ga », ESF, 19,90 €.

Ky­lo Ren (Adam Dri­ver) suc­cède à Dark Va­dor en su­per­mé­chant.

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