Bay­rou à la re­cherche du centre per­du

Le Parisien (Paris) - - POLITIQUE - MAR­TINE CHE­VA­LET

EST-CE LA PROXI­MI­TÉ de Pau avec l’Espagne, où il suit avec in­té­rêt les néo­cen­tristes de Ciu­da­da­nos en passe de per­cer aux lé­gis­la­tives ? Fran­çois Bay­rou en ap­pelle à la re­com­po­si­tion des fa­milles po­li­tiques tra­di­tion­nelles, y com­pris la sienne, celle des cen­tristes. Pour lui, op­po­sant de tou­jours à la créa­tion de l’UMP en 2002, le scru­tin ré­gio­nal vient de dé­mon­trer qu’un par­ti unique de droite ne per­met pas de conte­nir la vague FN. « Une ligne po­li­tique de type Pas­qua, Hor­te­feux, Sar­ko­zy, Wau­quiez au­rait oc­cu­pé l’es­pace où le FN a pu pros­pé­rer. Un centre in­dé­pen­dant in­cluant Raf­fa­rin, Bay­rou, Jup­pé et Kos­cius­ko-Mo­ri­zet au­rait pu dé­ve­lop­per des idées et des sen­si­bi­li­tés dif­fé­rentes. Or l’UMP (LR au­jourd’hui) a em­pê­ché toutes ces an­nées la droite d’être la droite et le centre d’être le centre ! » juge-t-il.

Un tra­vail com­mun

L’ur­gence, mar­tèle-t-il, est donc à la ré­or­ga­ni­sa­tion des par­tis : « Avec le scru­tin ré­gio­nal, quelque chose est né dans l’opi­nion : l’idée que le pays ne s’en sor­ti­ra pas avec une vie po­li­tique sté­ri­li­sée par le tri­par­tisme. Il faut ex­plo­rer des voies et des al­liances nou­velles qui en­traînent des actes et plus seule­ment des in­ten­tions. N’at­ten­dons pas l’élec­tion pré­si­den­tielle pour pro­po­ser autre chose et chan­ger ce que les ci­toyens ne sup­portent plus : l’im­puis­sance de l’ac­tion pu­blique et l’as­pect ca­ri­ca­tu­ral de la po­li­tique », plaide Bay­rou dans une vi­sion pa­ral­lèle à celle dé­ve­lop­pée par Ma­nuel Valls à gauche : « Fran­çois Hol­lande a dé­sor­mais le choix entre Cam­ba­dé­lis qui ap­pelle à un coup de barre à gauche et… 70 % des Fran­çais qui veulent un tra­vail com­mun entre les trois grands cou­rants po­li­tiques. C’est ce­la qui a pro­duit le choc élec­to­ral que nous ve­nons de vivre », ana­lyse aus­si le pré­sident du Mo­Dem.

A droite, Bay­rou veut croire que les lignes vont bou­ger sous la me­nace FN : l’ex­clu­sion de NKM des ins­tances di­ri­geantes de LR en té­moigne, pen­set-il, ain­si que cer­taines prises de conscience. « J’ai beau­coup par­lé ces der­niers jours avec Ch­ris­tian Es­tro­si et Xa­vier Ber­trand. Leur re­gard a chan­gé. Ils s’aper­çoivent qu’ils ont été élus avec des voix de gauche et que des va­leurs sont par­ta­gées au-de­là des cli­vages ha­bi­tuels. Qu’on n’est plus dans le com­bat du noir contre blanc. »

Pa­ra­doxa­le­ment, c’est dans la famille cen­triste ato­mi­sée fa­çon puzzle que le cou­rant peine à pas­ser. « J’at­tends que le centre bouge, que les cen­tristes de LR, de l’UDI, du Mo­Dem ac­ceptent de faire re­vivre, en­semble, le centre in­dé­pen­dant », plaide Bay­rou qui rêve d’une UDF re­cons­ti­tuée, au lieu des lam­beaux épars at­te­lés aux listes de droite. Listes aux­quelles le Mo­Dem a pris part, faute de mieux. nF­RAN­ÇOIS HOL­LANDE est pré­fé­ré à Ni­co­las Sar­ko­zy, se­lon le ba­ro­mètre Ifop-Fi­du­cial pour « Pa­ris Match » (49 % contre 44 %). Et c’est une pre­mière de­puis que ce son­dage com­pa­ra­tif a été lan­cé en mars 2013. En juillet 2014, Sar­ko­zy avait comp­té jus­qu’à 14 points d’avance.

Pour le pré­sident du Mo­Dem, un par­ti unique de droite ne per­met pas de conte­nir la vague FN.

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