Le gros coup de mou de Bar­to­lone

Vic­time d’une pous­sée de ten­sion, le can­di­dat dé­fait à la ré­gion Ile-deF­rance, ci­blé par les cri­tiques, s’est mis au vert hier après sa re­con­duc­tion au per­choir.

Le Parisien (Paris) - - POLITIQUE - Ma­nuel Valls ERIC HACQUEMAND ET PAU­LINE THÉVENIAUD

DÉ­BUT DE LA SÉANCE des ques­tions au gou­ver­ne­ment, hier. La vice-pré­si­dente, Lau­rence Du­mont, s’ins­talle au per­choir à la place de Claude Bar­to­lone, pour­tant re­con­duit pré­sident de l’As­sem­blée na­tio­nale par ac­cla­ma­tion des dé­pu­tés so­cia­listes, quelques heures plus tôt. « Il est où ? » ru­git-on sur les bancs de la droite. L’in­for­ma­tion n’a pas en­core fil­tré, mais le so­cia­liste est à l’Hô­pi­tal amé­ri­cain de Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine) pour une bat­te­rie d’exa­mens. « J’ai craint de faire un ma­laise car­diaque. En fait, c’est une pous­sée de ten­sion liée à la fa­tigue de la cam­pagne. Le mé­de­cin m’a de­man­dé de le­ver le pied », nous confie Claude Bar­to­lone. Au terme d’un en­tre­deux-tours par­ti­cu­liè­re­ment violent, la ten­sion du can­di­dat mal­heu­reux à la pré­si­dence de la ré­gion Ile-de-France est mon­tée à 24. Il a, de sur­croît, at­tra­pé un mau­vais vi- rus dans la zone car­diaque. « Ce­la fai­sait vingt-quatre heures qu’il ne se sen­tait pas bien », in­dique son en­tou­rage. C’est en ef­fet un Bar­to­lone en pe­tite forme qui a as­sis­té, la veille, au dî­ner de la ma­jo­ri­té à l’Ely­sée. Il est vrai aus­si que le pré­sident de l’As­sem­blée se sa­vait at­ten­du au tour­nant, après sa dé­faite. D’ailleurs, re­con­nais­sait hier soir Ma­nuel Valls en pe­tit co­mi­té, « sa place n’était pas au per­choir au­jourd’hui à se faire huer et sif­fler. C’est donc le bon choix qu’il a fait. » Preuve qu’il avait tou­te­fois en­core un peu d’éner­gie, Bar­to­lone a pris le temps d’« un verre de l’ami­tié » avec ses co­lis­tiers, à son QG de cam­pagne hier après-mi­di. « Il est pas­sé dix mi­nutes », re­la­ti­vise un proche. En at­ten­dant, ses ren­dez-vous po­li­tiques sont an­nu­lés. Dé­sor­mais, fait sa­voir son équipe, « son agen­da est tout blanc ». « Il laisse pas­ser la dinde de Noël », glisse un dé­pu­té proche. « Il est au vert », confirment ses amis.

Hier ma­tin, lors de la réunion du groupe des dé­pu­tés PS, Bar­to­lone est ap­pa­ru « très fa­ti­gué » et « tou­ché », se­lon des dé­pu­tés. Il en a pro­fi­té pour es­quis­ser un mea culpa, après ses dé­cla­ra­tions po­lé­miques sur Va­lé­rie Pé­cresse, « Ver­sailles, Neuilly et la race blanche ». Tout avait été soi­gneu­se­ment fi­ce­lé pour que Bar­to soit re­con­duit au per­choir dans le huis clos de la réunion du groupe PS. Une fa­çon de le pré­ser­ver et de ne pas… sus­ci­ter d’autres can­di­da­tures. Hier après­mi­di, il ne se trou­vait pas un dé­pu­té PS pour contes­ter le pro­ces­sus, qui a en re­vanche fait hur­ler la droite. Dans les cou­loirs de l’As­sem­blée, les Ré­pu­bli­cains sonnent l’hal­la­li ! Ils ac­cusent Bar­to­lone d’avoir dé­ser­té, lui de­mandent de se faire ré­élire par l’en­semble des dé­pu­tés. Cer­tains vont jus­qu’à ré­cla­mer sa dé­mis­sion. A cette heure, per­sonne à droite n’est au cou­rant de son pé­pin de san­té. « Je l’ai ap­pris par l’AFP à 19 h 30, en sor­tant d’une réunion à Ma­ti­gnon sur l’état d’ur­gence. On a pris une po­si­tion po­li­tique. Com­ment vou­liez-vous qu’on de­vine ? » nous confie le chef de file des dé­pu­tés LR, Ch­ris­tian Ja­cob, qui s’ap­prê­tait hier soir à en­voyer un SMS au conva­les­cent pour prendre de ses nou­velles. @eri­chac­que­mand

@Pau­li­ne_Th nSe­lon le mi­nis­tère de l’In­té­rieur, 358 conseillers ré­gio­naux FN ont été élus di­manche contre 355 pour le PS. Une fois n’est pas cou­tume, Jean-Ma­rie Le Pen se ré­jouit du re­port des voix des élec­teurs FN en Ile-de-France sur la liste de Va­lé­rie Pé­cresse. « Je tiens à les fé­li­ci­ter », af­firme, ma­ni­fes­te­ment amu­sé, l’an­cien pré­sident du par­ti. Et tant pis pour le can­di­dat FN en Ile-deF­rance, Wal­le­rand de Saint Just. L’ex-avo­cat du FN du temps de Jean-Ma­rie Le Pen est qua­li­fié de « traître » par les sou­tiens du vieux lea­deur de­puis qu’il a vo­té l’ex­clu­sion de ce der­nier en août. Avec 14 % des voix au se­cond tour des ré­gio­nales — 4 points de moins qu’au 1er tour — Saint Just a réa­li­sé un des plus faibles scores du FN di­manche.

« Sa place n’était pas au per­choir au­jourd’hui à se faire huer et sif­fler »

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