Les pe­tites en­tentes des trans­por­teurs de co­lis

Le Parisien (Paris) - - ÉCONOMIE - BÉRANGÈRE LEPETIT

DHL EXPRESS, Ch­ro­no­post, Geo­dis, TNT Express. On lit d’or­di­naire ces noms sur les flancs des poids lourds qui sillonnent les au­to­routes fran­çaises. Leur mis­sion : li­vrer des co­lis dans les 24 à 72 heures. Hier, ce sont ces mêmes en­tre­prises qui ont été épin­glées par l’Au­to­ri­té de la concur­rence pour leurs en­tentes sur les prix entre 2004 et 2010. Des pra­tiques contes­tables qui ont été sanc­tion­nées par une amende to­tale de 672 M€.

Au to­tal, une ving­taine d’en­tre­prises du sec­teur de la mes­sa­ge­rie sont mises en cause — c’est la 2e amende la plus lourde pro­non­cée de­puis 2000 pour ce type de car­tels. Par­mi les firmes condam­nées, Geo­dis — 30 % du mar­ché — écope de l’amende la plus lourde avec 196 M€. De son cô­té, la fi­liale de la Poste, Ch­ro­no­post, va de­voir s’ac­quit­ter de 99 M€. « La pre­mière vic­time n’est pas di­rec­te­ment le consom­ma­teur, mais les en­tre­prises qui ex­pé­dient les pro­duits. L’en­semble du tis­su éco­no­mique fran­çais, dont 80 % de PME et TPE, ont été po­ten­tiel­le­ment tou­chées par ces ac­cords qui consis­taient à aug­men­ter les ta­rifs », ex­plique Em­ma­nuel Combes, vice-pré­sident de l’Au­to­ri­té de la concur­rence. Des en­tre­prises de dis­tri­bu­tion comme le lea­deur amé­ri­cain Ama­zon et tout le sec­teur du e-com­merce sont éga­le­ment concer­nées.

Réunions se­crètes

Que re­proche concrè­te­ment le gen­darme de la concur­rence aux trans­por­teurs ? Avoir or­ga­ni­sé, plu­sieurs an­nées de suite, des réunions se­crètes au sein de leur syn­di­cat pro­fes­sion­nel TLF (Union des en­tre­prises de trans­port et de lo­gis­tique de France), pour s’en­tendre sur des hausses de ta­rifs an­nuelles. Une ma­nière de ré­per­cu­ter aux clients ce que ces en­tre­prises ont ap­pe­lé « la sur­charge ga­zole », lorsque le pé­trole flam­bait en 2004 et en 2005. L’Au­to­ri­té de la concur­rence, qui ne chiffre pas le pré­ju­dice glo­bal, es­time à titre d’exemple qu’en 2006, les ta­rifs ont ain­si été re­le­vés de 7 %, alors qu’ini­tia­le­ment ils au­raient dû l’être de 5 %. Hier, le TLF — condam­né pour sa part à 30 000 € d’amende — a dé­non­cé « un coup d’une bru­ta­li­té in­croyable por­té à cette pro­fes­sion » qui est dé­jà en crise dans un contexte très concur­ren­tiel. L’en­tre­prise Mo­ryG­lo­bal (ex-Mo­ry-Du­cros) a no­tam­ment été li­qui­dée en mars.

Cette si­tua­tion dif­fi­cile dé­montre juste, se­lon l’Au­to­ri­té de la concur­rence, que ces pe­tits ac­cords ont été « des en­tentes pour rien », qui n’ont pas pour au­tant per­mis la sur­vie de la to­ta­li­té des en­tre­prises concer­nées.

nEn cou­lisses avec les can­di­dats du concours

Une ving­taine d’en­tre­prises du sec­teur de la mes­sa­ge­rie ont éco­pé d’amendes.

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