La SNCF che­mine vers la grève

Postes sup­pri­més, bud­get 2016… dans un contexte ten­du, tous les syn­di­cats ont cla­qué la porte du CCE hier. Le re­cours à la grève en jan­vier n’est plus ex­clu.

Le Parisien (Paris) - - ÉCONOMIE - VINCENT VÉRIER

LES CHE­MI­NOTS de la SNCF proches de la grève. Hier, les or­ga­ni­sa­tions syn­di­cales re­pré­sen­ta­tives (CGT, UNSA, SUD-Rail et CFDT) ont cla­qué la porte du co­mi­té cen­tral d’en­tre­prise (CCE) au bout de vingt mi­nutes. La di­rec­tion de la SNCF de­vait pré­sen­ter son pro­jet de bud­get pour 2016. Le pre­mier de­puis la mise en place de la ré­forme fer­ro­viaire. « C’est un bud­get d’aus­té­ri­té, re­proche Jean Ri­con­neau de la CGT-Che­mi­not, syn­di­cat ma­jo­ri­taire. Pres­sion sur l’emploi, dette qui dé­rape, offre fer­ro­viaire qui se dé­grade, sans ou­blier l’in­cer­ti­tude sur l’en­ga­ge­ment fi­nan­cier de l’Etat pour les an­nées à ve­nir… Com­ment vou­lez-vous émettre un avis ? » Même l’Unsa, plus proche de la di­rec­tion, était fâ­chée. « Ce pro­jet de bud­get en­té­rine 1 400 sup­pres­sions de postes, dé­nonce Ro­ger Dillen­ser­ger, se­cré­taire gé­né­ral ad­joint. Le seul ob­jec­tif de la di­rec­tion est de faire des éco­no­mies sur la masse sa­la­riale. »

L’aga­ce­ment des syn­di­cats était d’au­tant plus pal­pable que les do­cu­ments pré­pa­ra­toires au CCE n’avaient été en­voyés que… la veille aux syn­di­cats. « On est loin du « dia­logue so­cial », iro­nise Jean Ri­con­neau ». Cette uni­té syn­di­cale, la SNCF ne l’avait plus connue de­puis au moins deux ans. « La di­rec­tion, qui a vou­lu pas­ser en force, a réus­si à re­cons­ti­tuer le front syn­di­cal, dé­crypte une source in­terne.

Dé­sor­mais, tous les in­gré­dients sont réunis pour une grève. » Car les autres su­jets de mé­con­ten­te­ment ne manquent pas. Par­mi les plus sen­sibles, la pro­por­tion de sa­la­riés em­bau­chés au sta­tut et ceux re­cru­tés comme contrac­tuels. Le sta­tut du che­mi­not, certes coû­teux, per­met en ef­fet de bé­né­fi­cier d’avan­tages, comme l’âge de dé­part à la re­traite. Un ac­cord de juin 2014 pré­voyait de fi­ger à 25 % la part de contrac­tuels. « Mais la di­rec­tion veut la faire évo- luer à 40 % voire plus », re­grette-ton à la CFDT. Une table ronde est pré­vue au­jourd’hui sur ce su­jet.

« Si ça se passe mal, on peut ima­gi­ner que les syn­di­cats dé­posent une de­mande de concer­ta­tion im­mé­diate ( NDLR : qui se solde alors par une né­go­cia­tion obli­ga­toire), as­sure un syn­di­ca­liste. Tout ça peut se trans­for­mer en grève après les va­cances de Noël. » D’au­tant qu’en 2016, di­rec­tion et syn­di­cats né­go­cie­ront l’ac­cord de branche sur les condi­tions de tra­vail. « C’est un su­jet ex­plo­sif, pour­suit cette même source, qui se­ra dis­cu­té juste avant le congrès de la CGT, qui ne se pri­ve­ra pas de souf­fler sur les braises. »

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