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Les fai­blesses de la sur­veillance en Eu­rope

Le Parisien (Paris) - - TERRORISME - ÉRIC PEL­LE­TIER

Les mailles du filet an­ti­ter­ro­riste eu­ro­péen res­tent trop lâches. Ber­nard Ca­ze­neuve a ap­pe­lé hier à ren­for­cer le SIS, le prin­ci­pal fi­chier de po­lice de l’es­pace Schen­gen, fort de 61 mil­lions d’oc­cur­rences (per­sonnes, ob­jets, plaques d’im­ma­tri­cu­la­tion…), dans des do­maines va­riés al­lant du vol au ji­ha­disme. Le mi­nistre de l’In­té­rieur fran­çais a plai­dé pour que cette base de don­nées soit « ali­men­tée de la même ma­nière par tous les pays de l’Union ». Sous-en­ten­dant ain­si que tous ne font pas le même ef­fort… Ber­nard Ca­ze­neuve s’ex­pri­mait dans le cadre d’un col­loque consa­cré à la ra­di­ca­li­sa­tion, or­ga­ni­sé par la Confé­dé­ra­tion eu­ro­péenne des syn­di­cats in­dé­pen­dants, à la­quelle ap­par­tient Alliance (ma­jo­ri­taire chez les gar­diens de la paix). Un dé­but de po­lé­mique a ain­si op­po­sé les au­to­ri­tés fran­çaises et belges à pro­pos des in­for­ma­tions dis­po­nibles dans le SIS au su­jet de Sa­lah Ab­des­lam. Ce ter­ro­riste, soup­çon­né dans les at­ten­tats de Pa­ris et ac­tuel­le­ment tou­jours en fuite, a été contrô­lé par les gen­darmes le 14 no­vembre, à Cam­brai, alors qu’il ren­trait à Mo­len­beek (Bel­gique). Se­lon les Fran­çais, il n’était si­gna­lé que pour des af­faires de droit com­mun. Le mi­nistre de l’In­té­rieur belge as­sure, lui, qu’il fi­gu­rait par­mi les 837 per­sonnes fi­chées pour ra­di­ca­li­sa­tion dans le pays. Et que sa fiche avait bien été trans­mise aux po­lices eu­ro­péennes.

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