Garde à vue pour Tho­mas Fa­bius

Le fils du mi­nistre des Af­faires étran­gères fait l’ob­jet d’une en­quête sur des fi­nan­ce­ments sus­pects.

Le Parisien (Paris) - - FAITS DIVERS - VA­LÉ­RIE MAHAUT

IL S’Y AT­TEN­DAIT… c’était juste une ques­tion de temps. C’est donc sans réelle sur­prise que Tho­mas Fa­bius a vu les po­li­ciers dé­bar­quer chez lui hier ma­tin pour le pla­cer en garde à vue dans un dos­sier de blan­chi­ment, es­cro­que­rie et faux.

« Ce­la va faire trois ans qu’il es­pé­rait être en­ten­du, com­mente l’en­tou­rage du fils du mi­nistre des Af­faires étran­gères. Il l’avait fait sa­voir aux juges mais rien ne s’était pas­sé. » Ma­nière de dire que l’op­tion convo­ca­tion à l’Of­fice cen­tral de ré­pres­sion de la grande dé­lin­quance fi­nan­cière (OCRGRD) ou chez les juges eut été plus élé­gante. Mais c’est bien la méthode clas­sique, avec vi­site au pe­tit ma­tin et per­qui­si­tion de l’ap­par­te­ment, qui a été re­te­nue.

Le lo­ge­ment, un 285 m2 grand luxe si­tué bou­le­vard Saint-Ger­main à Pa­ris, consti­tue le coeur des in­ves­ti­ga­tions vi­sant Tho­mas Fa­bius, joueur fré­né­tique, ac­cro à la rou­lette et aux tables de po­ker. Ses gains fa­ra­mi­neux en­gran­gés ces der­nières an­nées dans les ca­si­nos du monde en­tier sont vrai­sem­bla­ble­ment l’ex­pli­ca­tion qu’il four­nit de­puis hier aux en­quê­teurs pour jus­ti­fier son train de vie et les mil­lions val­sant sur ses comptes en banque. Ain­si que le fi­nan­ce­ment de son luxueux lo­ge­ment, ac­quis contre 7,4 M€ au prin­temps 2012. Un in­ves­tis­se­ment sus­pect aux yeux des en­quê­teurs de Trac­fin, la cel­lule an­ti­blan­chi- ment de Ber­cy qui avait trans­mis un si­gna­le­ment à la jus­tice. D’autres notes ont gar­ni le dos­sier ju­di­ciaire. L’une pour­rait écla­bous­ser la famille de cet en­fant ter­rible. Trac­fin y pointe no­tam­ment un vi­re­ment de plus de 300 000 € éma­nant de la tante de Tho­mas Fa­bius en pro­ve­nance d’un compte suisse.

Les pré­mices de ses en­nuis ju­di­ciaires re­montent à une plainte de la So­cié­té gé­né­rale de 2011. Pour ob­te­nir une ligne de cré­dit au ca­si­no de Mar­ra­kech (Ma­roc), le flam­beur au­rait pré­sen­té de faux cour­riels éma­nant de la banque. L’en­quête fut ou­verte, puis l’in­for­ma­tion j udi­ciaire pour blan­chi­ment, es­cro­que­rie et faux avec le vo­let fi­nan­ce­ment de l’ap­par­te­ment.

Tho­mas Fa­bius n’in­té­resse pas que la jus­tice fran­çaise. Aux Etats-Unis, il fait l’ob­jet d’un man­dat d’ar­rêt du pro­cu­reur du Ne­va­da, où il a lais­sé une ar­doise de 3,2 M€ dans trois ca­si­nos de Las Vegas. Il lui fau­dra rem­bour­ser avant de re­mettre les pieds au pa­ra­dis des joueurs. En at­ten­dant, hier soir, Tho­mas Fa­bius s’ap­prê­tait à pas­ser la nuit en cel­lule. Sa garde à vue peut se pro­lon­ger jus­qu’à de­main ma­tin.

(Bestimage.)

Tho­mas Fa­bius fait éga­le­ment l’ob­jet d’un man­dat d’ar­rêt aux Etats-Unis, où il a lais­sé une ar­doise de 3,2 M€ dans trois ca­si­nos de Las Vegas.

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