« Je vise tou­jours plus haut »

Neu­vième, et pre­mier Fran­çais, du Tour de France 2015

Le Parisien (Paris) - - SPORTS - Pro­pos recueillis par LIO­NEL CHA­MI S.L.

L’AU­VER­GNAT, 25 ans, n’a re­pris vé­ri­ta­ble­ment l’en­traî­ne­ment que ces der­niers jours lors d’un stage d’équipe en Espagne (du 8 au 18 dé­cembre), non loin de Va­lence, mais il a dé­jà beau­coup à dire. En quoi ont consis­té vos va­cances ? RO­MAIN BAR­DET. J’ai pas­sé dix jours à Ba­li avec mon amie et j’ai re­pris le sport dé­but no­vembre. C’est une pé­riode que j’adore parce que je fais di­verses choses : na­ta­tion, marche, ski de fond, VTT. J’aime bien ne re­prendre le vé­lo de route que fin no­vembre. Et puis, j’ai aus­si pas­sé mes exa­mens de ma­na­ge­ment, des oraux, à Gre­noble. Il me reste un stage à faire et mon mé­moire à rendre pour va­li­der mon di­plôme, cou­rant 2016. Cette sai­son, il se peut que j’aie l’es­prit un peu plus libre, à la dif­fé­rence de l’an­née der­nière, où j’avais par­fois des tra­vaux à rendre. Avez-vous été af­fec­té par les at­ten­tats du 13 no­vembre ? Evi­dem­ment… Je suis at­tris­té aus­si par leurs consé­quences dans les urnes. Quand j’en­tends des choses comme « le FN, pre­mier par­ti de France », j’ai du mal à y croire. Il semble qu’on as­siste à une pé­riode de tran­si­tion po­li­tique et que les gens soient un peu en manque de re­pères. Les ré­cents évé­ne­ments ap­pellent à une prise de cons- cience et à des ré­ponses. Pour le mo­ment, je pense qu’on n’ap­porte pas for­cé­ment les bonnes ré­ponses. Pour­quoi vous être mé­na­gé un pied-à-terre dans l’ar­rière-pays ni­çois ? Avec mes ob­jec­tifs et le ni­veau de per­for­mance re­quis, je dois me don­ner les moyens de ne pas être tri­bu­taire des condi­tions mé­téo. Quand il fe­ra mau­vais, je se­rai dans le Sud pour tra­vailler du mieux pos­sible. Mon­ter des cols, c’est im­por­tant, compte te­nu de mon pro­fil. Je pense que ce­la va me per­mettre de re­trou­ver un coup de pé­dale un peu meilleur un peu plus tôt dans la sai­son. En Au­vergne, il nous ar­rive d’avoir des se­maines avec de la neige en fé­vrier-mars. Du coup, on est obli­gé de res­ter en plaine, voire de s’en­traî­ner à l’in­té­rieur. Quels com­pa­gnons d’en­traî­ne­ment re­trou­vez-vous dans le Sud ? Je m’en­traîne avec Ni­co­las Roche, dont je suis proche, et avec plu­sieurs de ses col­lègues de Sky. Avec Phi­lippe Gil­bert (BMC) aus­si. Mais plus ré­gu­liè­re­ment je vais avec mes amis Amaël Moi­nard (BMC) et Ru­dy Mo­lard (Co­fi­dis). On ha­bite tous à moins de 10 km les uns des autres, ils me montrent les routes. Où pla­cez-vous la barre pour la pre­mière par­tie de la sai­son ? Je vise tou­jours plus haut, c’est ce qui pousse à s’en­traî­ner dur les ma­tins. Je vi­se­rai une vic­toire d’étape à Pa­ris-Nice ou au Tour de Ca­ta­logne. J’entre sou­vent dans le top 10 de ces courses, je vais es­sayer de jouer un po­dium, ce qui mar­que­rait une bonne évo­lu­tion de ma part. Tout ce que je peux prendre en dé­but de sai­son, je le pren­drai. Au Tour, sur quoi agir pour évi­ter de dé­vis­ser dès la­pre­mière étape de mon­tagne comme cette an­née (NDLR : 8’50” concé­dées à Froome au som­met de la Pierre-SaintMar­tin) ? Il y avait le contexte par­ti­cu­lier d’une pre­mière étape dé­ci­sive avec une mon­tée sèche au len­de­main d’une jour­née de re­pos. J’avais eu un mois de juin très char­gé et je ne suis pas as­sez bien en­tré dans mon Tour. Entre mes exa­mens, les re­con­nais­sances, ma chute au Dau­phi­né pas as­sez bien soi­gnée, je me suis re­trou­vé di­rec­te­ment dans le grand bain du Tour, as­sez ex­po­sé, avec beau­coup de pres­sion. En pre­mière se­maine, 10” per­dues pour un Fran­çais, c’est un peu comme si la tour Eif­fel va­cillait. Il faut que j’ap­prenne à prendre da­van­tage de re­cul. Ce­la vient au fil des an­nées. Je conti­nue à ap­prendre. Je dé­bran­che­rai da­van­tage en juin avant de me re­con­cen­trer sur le Tour.

« Il faut que j’ap­prenne à prendre da­van­tage

de re­cul »

« IL NE FAUT sur­tout pas se fier à leur pal­ma­rès, les Pays-Bas sont en train d’écrire leur his­toire… » Aus­si­tôt après la vic­toire face à l’Espagne en 8es de fi­nale lun­di soir, Alain Portes a mis en garde ses joueuses. Au­jourd’hui (17 h 45), la France af­fronte les Pays-Bas, une for­ma­tion qui n’a ja­mais brillé en Cham­pion­nat du monde, si ce n’est en 2005, lors­qu’elle avait ter­mi­né 5e.

Au­tant dire que c’est un bou­le­vard qui s’offre aux Bleues qui, sur le pa­pier, ont lar­ge­ment les moyens de dé­cro­cher leur billet pour le der­nier car­ré, même face à un ad­ver­saire in­vain­cu de­puis le dé­but de la com­pé­ti­tion. D’au­tant plus que face à l’Espagne, avant-hier, elles se sont of­fert ce match ré­fé­rence qui leur man­quait tant de­puis la no­mi­na­tion d’Alain Portes au poste de sé­lec­tion­neur. « Le sen­ti­ment de ré­volte m’a fait plai­sir, sou­ligne l’en­traî­neur (NDLR : la France a été me­née pra­ti­que­ment tout le match et a ar­ra­ché la vic­toire 22-21 à la der­nière se­conde). Il y a eu des prises d’ini­tia­tives in­di­vi­duelles cou­ra­geuses. Mais il faut que la cris­pa­tion dans les trans­mis­sions de balle que nous avons connue en pre­mière mi-temps soit un mau­vais sou­ve­nir, si­non nos ad­ver­saires vont nous sau­ter des­sus. » Voi­là les Fran­çaises pré­ve­nues. Po­logne - Rus­sie ; té­né­gro ;

Nor­vège - MonDa­ne­mark - Rou­ma­nie.

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Ro­main Bar­det compte bien ter­mi­ner sur le po­dium d’au moins une grande course à étapes cette sai­son. Pour­quoi pas le Tour de France ?

(AFP/Jo­na­than Nacks­trand.)

Syd­bank Are­na (Kol­ding), lun­di. Ni­na Kan­to (ici en 8e contre l’Espagne) et les Bleues par­ti­ront fa­vo­rites au­jourd’hui contre les Pays-Bas.

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