Ça y est, les flam­bées sont au­to­ri­sées !

Alors que l’hi­ver com­mence dans cinq jours, la pré­fec­ture d’Ile-de-France a au­to­ri­sé hier les par­ti­cu­liers à uti­li­ser leurs che­mi­nées. Une dé­ci­sion en par­tie dûe à l’in­ter­ven­tion de la mi­nistre de l’Eco­lo­gie.

Le Parisien (Paris) - - ILE-DE-FRANCE - NACIM CHIKH

APRÈS UN HI­VER 2014 émaillé de po­lé­miques, un pro­cès et de mul­tiples dé­cla­ra­tions d’in­ten­tion, la pré­fec­ture d’Ile-de-France vient de mettre un terme à ce qui com­men­çait à res­sem­bler un im­bro­glio ad­mi­nis­tra­tif : elle a pu­blié hier deux ar­rê­tés au­to­ri­sant à nou­veau les feux de che­mi­née dans la ca­pi­tale et 435 com­munes de la ré­gion.

Pour com­prendre ce dos­sier à re­bon­dis­se­ments, il faut re­mon­ter à dé­cembre der­nier. La pré­fec­ture d’Ile-de-France dé­cide d’in­ter­dire les feux de che­mi­née (hors in­sert) au nom de la pro­tec­tion de l’en­vi­ron­ne­ment. Ar­gu­ment avan­cé : se­lon une étude d’Air­pa­rif, l’or­ga­nisme en charge de la sur­veillance de la qua­li­té de l’air, les feux de che­mi­née se­raient res­pon­sables de 23 % des émis­sions de par­ti­cules fines ( lire en­ca­dré en bas à droite). Soit au­tant que la pol­lu­tion au­to­mo­bile ?

Face au tol­lé, ré­tro­pé­da­lage

Mais face au tol­lé, la mi­nistre de l’Eco­lo­gie, Sé­go­lène Royal, amorce le ré­tro­pé­da­lage. Elle fus­tige « des chiffres com­plè­te­ment faux » et qua­li­fie même la me­sure d’« un peu ri­di­cule ». Se re­fu­sant à toute « éco­lo­gie pu­ni­tive », l’an­cienne can­di­date à la pré­si­den­tielle fi­nit par de­man­der à la pré­fec­ture de re­ve­nir sur sa dé­ci­sion.

L’af­faire semble en­ten­due. Mais c’est sans comp­ter sur l’as­so­cia­tion Eco­lo­gie sans fron­tière, qui sai­sit le tri­bu­nal ad­mi­nis­tra­tif pour ré­ta­blir l’in­ter­dic­tion. La jus­tice lui donne rai­son le 2 juillet, ar­guant que la me­sure ré­pond aux ob­jec­tifs du plan de pro­tec­tion de l’at­mo­sphère de la ré­gion.

Une dé­ci­sion prise sur le fil

Loin de se lais­ser im­pres­sion­ner, la mi­nistre fait sa­voir qu’elle va « de­man­der au pré­fet de ré­gion de ré­vi­ser le plan de pro­tec­tion de l’at­mo­sphère sur ce point », afin que les Fran­ci­liens puissent à nou­veau se ré­chauf­fer au coin du feu avant cet hi­ver. Mais jus­qu’à la fin du mois de no­vembre, c’est le grand flou. La plu­part des par­ti­cu­liers mais aus­si des pro­fes­sion­nels pensent que l’au­to­ri­sa­tion a d’ores et dé­jà été ré­ta­blie ( lire en bas à gauche).

Pour­tant, la pré­fec­ture, sol­li­ci­tée fin no­vembre, in­dique n’avoir re­çu au­cune consigne, au­cun texte et se contente de ren­voyer la balle au mi­nis­tère pour toute ques­tion. Idem rue de Gre­nelle. De­puis le mois de juillet, au­cun dia­logue ne semble avoir été en­ga­gé entre les deux ins­ti­tu­tions. La pro­messe de la mi­nistre se­ra fi­na­le­ment bien te­nue, sur le fil du ra­soir : De­puis hier, à six jours du dé­but de l’hi­ver, les Fran­ci­liens peuvent à nou­veau pro­fi­ter de leurs che­mi­nées.

(DR.)

Pa­ris (XVIIe), hier. 450 000 per­sonnes étaient concer­nées par l’in­ter­dic­tion des feux de che­mi­née dé­cré­tée en Ile-de-France.

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