« Nous avons des rai­sons d’être in­quiets »

Le Parisien (Paris) - - SPORTS -

Vous ve­nez de po­ser la pre­mière pierre du nou­veau siège du CIO en scel­lant une cap­sule qui se­ra ou­verte en 2115. Que res­te­ra-t-il de l’olym­pisme dans cent ans ? THO­MAS BACH. Un mes­sage de conci­lia­tion et d’ami­tié entre les peuples dans une époque très per­tur­bée. L’olym­pisme peut dé­mon­trer qu’il est pos­sible pour les gens d’être en com­pé­ti­tion mais, en même temps, de vivre en paix. Etes-vous un homme in­quiet ? Nous vi­vons dans une pé­riode où il y a plus de guerres, plus de mi­grants que ja­mais dans l’his­toire. C’est pour­quoi nous avons tous des rai­sons d’être in­quiets. Je ne le suis pas plus en tant que pré­sident du CIO. Toutes ces cir­cons­tances concernent aus­si le sport, mais pas seule­ment. Quel est le plus grand dan­ger qui me­nace l’olym­pisme ? Il y a le do­page et les pro­blèmes de cor­rup­tion et de bonne gou­ver­nance dans quelques fé­dé­ra­tions. Il faut les trai­ter avec la même force, les at­ta­quer avec une to­lé­rance zé­ro. Seules quatre villes sont en com­pé­ti­tion pour re­ce­voir les JO 2024. Y a-t-il un désa­mour des Jeux ? Pas du tout. Ce n’est pas une ques­tion de quan­ti­té, mais de qua­li­té. Nous avons quatre villes ex­tra­or­di­naires qui ont po­sé leur can­di­da­ture (NDLR : Pa­ris, Rome, Bu­da­pest et Los An­geles) et qui cor­res­pondent à l’Agen­da 2020 (la nou­velle feuille de route olym­pique). D’autres villes nous ont contac­tés et nous sommes ar­ri­vés à la conclu­sion com­mune que c’est peu­têtre un peu trop tôt pour elles. Dans un contexte éco­no­mique dif­fi­cile, n’est-ce pas un luxe d’or­ga­ni­ser des JO ? Non, au contraire. Faites le bon cal- cul. Pour 2024, la CIO ap­porte une contri­bu­tion de 1,7 Md$ (1,55 Md€) au co­mi­té d’or­ga­ni­sa­tion. Ce­lui-ci peut même ga­gner de l’ar­gent ! Après, les in­ves­tis­se­ments dé­pendent des villes hôtes. Avec le vil­lage olym­pique, vous lais­sez un grand hé­ri­tage pour la po­pu­la­tion… L’hé­ri­tage est sou­vent une illu­sion… Au mo­ment de l’élec­tion de Rio, 16 % de la po­pu­la­tion y avait ac­cès au trans­port pu­blic. Après les Jeux, ce se­ra 63 %. Il est là le grand hé­ri­tage de ces Jeux. Mais, ça, il faut l’ex­pli­quer. C’est pour­quoi nous avons chan­gé notre pro­cé­dure de can­di­da­ture pour don­ner plus de flexi­bi­li­té, fa­vo­ri­ser la créa­ti­vi­té dans les villes can­di­dates. Nous en­cou­ra­geons l’uti­li­sa­tion de struc­tures exis­tantes, voir com­ment le tem­po­raire peut ser­vir de nou­veau, etc.

« Avec le vil­lage olym­pique,

vous lais­sez un grand hé­ri­tage pour la po­pu­la­tion »

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