La­brune s’est ex­pli­qué de­vant le juge

Le Parisien (Paris) - - SPORTS - Mar­seille (Bouches-du-Rhône) De notre cor­res­pon­dant CLÉ­MENT CHAILLOU

IL NE FAL­LAIT PAS cher­cher Vincent La­brune dans les tri­bunes du pe­tit stade Mar­cel-Ver­chère de Bourg-en-Bresse, hier soir. Ni dans les lo­caux de la Com­man­de­rie. Le pré­sident de l’OM et ses avo­cats ont pas­sé la jour­née en­tière au pa­lais de jus­tice de Mar­seille (Bouches-duR­hône), dans le bu­reau du juge Guillaume Co­telle. Convo­qué en dé­but de ma­ti­née, le boss olym­pien a pu s’ex­pli­quer une di­zaine d’heures du­rant sur son rôle dans l’af­faire des trans­ferts pré­su­més dou­teux à l’OM, avant de re­par­tir dans la soi­rée après avoir été pla­cé sous le sta­tut de té­moin as­sis­té, sans qu’au­cune charge ne soit re­te­nue contre lui.

Vincent La­brune s’était pré­pa­ré à cette au­di­tion. En sep­tembre, son pré­dé­ces­seur Jean-Claude Das­sier (2009-2011) avait eu droit au même trai­te­ment de la part du juge Co­telle. L’is­sue avait tou­te­fois été dif­fé­rente, puisque Das­sier, tout comme An­toine Vey­rat, an­cien di­rec­teur gé­né­ral du club, a, lui, été mis en exa­men pour blan­chi­ment, abus de biens so­ciaux, as­so­cia­tion de mal­fai­teurs, faux et usage de faux.

Dix-huit trans­ferts concer­nés

Dans ce dos­sier, dont les pré­mices re­montent à juillet 2011, la jus­tice pointe du doigt des achats de joueurs à des prix très (trop ?) éle­vés, des re­ventes à prix cas­sés, des pro­lon­ga­tions de contrats abu­sives, ou des com­mis­sions in­dues et ver­sées à di­vers in­ter­mé­diaires. En clair, une ges­tion rui­neuse et né­faste pour le club. Au to­tal, 18 opé­ra­tions se­raient concer­nées de­puis 2007 (Lu­cho Gon­za­lez, Rool, Niang, Az­pi­li­cue­ta, Gi­gnac, Ka­bo­ré), pour un pré­ju­dice éva­lué à 55 M€ pour l’ac­tion­naire du club. Vincent La­brune, lui, n’a pris les rênes de l’OM qu’à l’été 2011, mais c’était sous l’ère Das­sier pré­sident du con­seil de sur­veillance du club et donc en charge du contrôle des fi­nances. D’où ses ex­pli­ca­tions sur des cas plus an­ciens.

Si le pa­tron olym­pien n’est pas le pre­mier à rendre vi­site au juge Co­telle, il n’est pas le der­nier non plus. D’autres au­di­tions de di­ri­geants, d’agents, de­vraient suivre dans les pro­chains mois. Elles vien­draient nour­rir une chro­no­lo­gie ju­di­ciaire dé­jà riche. En jan­vier 2013, des per­qui­si­tions avaient eu lieu au siège de l’OM et dans les lo­caux de l’agent Jean-Luc Bar­re­si. En no­vembre 2014, La­brune, mais aus­si Pape Diouf ou Jean-Claude Das­sier, avaient connu des gardes à vue. Là en­core, au­cune charge n’avait été re­te­nue.

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