« Je ne tape ja­mais mon nom sur In­ter­net »

Va­lé­rie Le­mer­cier re­prend son der­nier et ir­ré­sis­tible one-wo­man-show au Ca­si­no de Pa­ris. Ren­contre avec celle à qui nous avons dé­cer­né l’Etoile 2015 du spec­tacle co­mique.

Le Parisien (Paris) - - LOISIRS ET SPECTACLES - Pro­pos recueillis par CA­THE­RINE BALLE

APRÈS 35 DATES au Châ­te­let (Pa­ris Ier), Va­lé­rie Le­mer­cier a re­pris hier son ex­cellent one-wo­man­show au Ca­si­no de Pa­ris*. Dans ce spec­tacle, elle campe des per­son­nages fan­tasques, de Joy la vé­gé­ta­lienne à Anh Dao, la fille adop­tive des Chi­rac, en pas­sant par la mère de famille dé­bor­dée ou le veuf belge gri­vois. Com­ment avez-vous vé­cu votre re­tour sur scène ? VA­LÉ­RIE LE­MER­CIER. C’était ma meilleure ex­pé­rience avec le pu­blic. J’avais l’im­pres­sion d’être en phase avec lui, avec mon époque et avec mon jeu. Entre la pre­mière et la der­nière re­pré­sen­ta­tion au Châ­te­let, vous avez ap­por­té des mo­di­fi­ca­tions ? Oui, je change des choses tous les jours. No­tam­ment le sketch avec Jean d’Or­mes­son. Un jour, alors que je sa­vais qu’il al­lait ve­nir au Châ­te­let, je l’ai ren­du un peu plus co­quin. Il y a aus­si plus de mise en abyme : on s’amuse du spec­tacle lui-même. Et puis, je com­mence par une pe­tite danse. Cer­tains jour­naux ont re­gret­té qu’il y ait quelques re­prises de vos sketchs his­to­riques… J’ai cal­cu­lé, et il y a 20 % de choses an­ciennes dans ce spec­tacle. Si je vais voir Sou­chon et qu’il ne chante pas « Foule sen­ti­men­tale » ou « J’ai 10 ans », je suis dé­çue. Quand je monte sur scène, je veux re­faire le sketch de la pe­tite fille, d’au­tant que je l’ai amé­lio­ré. Et puis, comme au­cun de mes spec­tacles n’est fil­mé, je n’abreuve pas les gens de mes sketchs. De toute fa­çon, je ne lis pas les cri­tiques parce que, pour jouer, il faut avoir beau­coup de joie à don­ner. Si on est un peu amer, ça en­lève tout le bon­heur qu’on a d’être sur scène. Comme il y a des spec­ta­teurs qui m’en­voient les cri­tiques, je n’ouvre même plus mon cour­rier. Et je ne tape ja­mais mon nom sur In­ter­net. Entre vos dates au Châ­te­let et le Ca­si­no de Pa­ris, il y a eu les at­ten­tats. Vous y pen­se­rez en mon­tant sur scène ? For­cé­ment. Le 13 no­vembre, j’étais en Ita­lie. J’ai sui­vi les at­ten­tats en boucle sur France 24. J’ai ap­pe­lé mon pro­duc­teur parce que je pen­sais qu’on ne joue­rait plus du tout… Mais il faut jouer. Moi-même, je suis al­lée voir plein de spec­tacles de­puis. Et je fais al­lu­sion aux évé­ne­ments dans le sketch sur la mère de l’ado : avant, le per­son­nage n’avait plus d’encre noire après avoir im­pri­mé « Je suis Char­lie » ; main­te­nant, elle n’a plus d’encre bleue ni d’encre rouge parce qu’elle a im­pri­mé des dra­peaux fran­çais. Quels sont les hu­mo­ristes ac­tuels que vous ai­mez ? J’aime beau­coup Alex Lutz. Je trou- ve qu’il fait les femmes mieux que les femmes elles-mêmes. J’aime aus­si Fo­res­ti, Fa­brice Eboué… Je ne connais pas tous les nou­veaux. Le stand-up, c’est bien, mais mon truc c’est le théâtre. Ce qui m’in­té­resse, c’est d’être quel­qu’un d’autre. Au prin­temps, vous en­ta­me­rez le tour­nage du « Bol de Ma­rieF­ran­cine », un film que vous avez écrit et que vous al­lez réa­li­ser. Que ra­conte cette co­mé­die ? C’est l’his­toire d’une femme de 50 ans qui est chas­sée de son couple et de son bou­lot et qui re­tourne s’ins­tal­ler chez ses pa­rents. C’est ar­ri­vé à des co­pines… Le film ra­conte aus­si une his­toire d’amour entre Ma­rie-Fran­cine, qui est une bour­geoise de Neuilly, et le per­son­nage in­car­né par Pa­trick Tim­sit, qui est un fils de concierge de Neuilly. Vous avez mal vé­cu les cri­tiques au­tour de votre der­nier film, « 100 % ca­che­mire » ? Ce que j’ai mal vé­cu, c’est qu’après un ar­ticle dé­fa­vo­rable pa­ru quelques mois avant la sor­tie en salles, j’ai re­mon­té le film. Et là, je l’ai abî­mé… Mais moi, j’adore ce film, je le trouve plus abou­ti que « Pa­lais Royal ». Ce qui est drôle, c’est qu’après les cri­tiques, mon té­lé­phone ne son­nait plus. Les gens étaient em­bar­ras­sés, comme si j’avais vé­cu un deuil. Un jour­na­liste avait ti­tré sa cri­tique « 100 % na­vet ». Peu de temps après, ma soeur m’a in­vi­tée et avait pré­pa­ré par ha­sard… des na­vets. Au mo­ment de me ser­vir, elle m’a de­man­dé, gê­née, Est-ce que tu veux ce… lé­gume ? Si vous ac­cep­tiez d’en­re­gis­trer vos spec­tacles, la vente de DVD vous rap­por­te­rait beau­coup d’ar­gent… Oui, je pour­rais avoir une mai­son de cam­pagne ! Mais la li­ber­té, c’est ce qu’il y a de plus luxueux. Vous aviez re­fu­sé de jouer le rôle de Ka­rin Viard dans « la Famille Bé­lier ». Pour­quoi ? Parce qu’il y avait une scène de gy­né­co­logue où il fal­lait par­ler de ma­la­dies vé­né­riennes. J’avais dé­jà re­fu­sé « Le code a chan­gé » de Da­nièle Thomp­son parce qu’il y avait aus­si une sé­quence chez le gy­né­co. Sur scène, je dis des choses très trash, mais je ne vais pas chez le gy­né­co de­vant la ca­mé­ra… C’est comme Lino Ven­tu­ra qui n’em­bras­sait pas ses par­te­naires à l’écran. * Jus­qu’au 31 dé­cembre au Ca­si­no de Pa­ris (Pa­ris IXe). Places : de 25 à 65 € (jus­qu’à 99 € le 31 dé­cembre). Ré­ser­va­tions au 0.892.69.89.26 ou sur www.ca­si­no­de­pa­ris.fr. Le groupe amé­ri­cain qui jouait au Ba­ta­clan (Pa­ris XIe) lors des at­ten­tats du 13 no­vembre re­vien­dra « fi­nir son concert pa­ri­sien », se­lon le com­mu­ni­qué de ses producteurs, le 16 fé­vrier pro­chain à l’Olym­pia. Le groupe pro­pose aux fans pré­sents lors de cette ter­rible soi­rée d’échan­ger leur billet du 5 au 20 jan­vier, pour as­sis­ter s’ils le sou­haitent à ce nou­veau concert. Les places res­tantes se­ront mises en vente à par­tir du 20 jan­vier. Eagles of Death Me­tal joue­ra éga­le­ment le 24 fé­vrier à Lille et le 1er mars à Nîmes.

« J’aime beau­coup Alex Lutz. Je trouve qu’il fait les femmes mieux que les femmes elles-mêmes. » « Après les cri­tiques de mon té­lé­phone ne son­nait plus. Les gens étaient em­bar­ras­sés, comme si j’avais vé­cu un deuil. »

C’est l’un des som­mets de son ex­cellent der­nier al­bum « Nos his­toires ». La Grande So­phie en­chante dans « Ha­noï », ma­gni­fique com­po­si­tion en hom­mage à une ville chère à son coeur. Elle en a fait un clip, sur place, où la ca­mé­ra s’ar­rête sur des vi­sages d’en­fants, de com­mer­çants, de pas­sants, et capte aus­si le bouillon­ne­ment de la ca­pi­tale du Viêt Nam. Une très belle vi­déo à dé­cou­vrir en ex­clu­si­vi­té sur notre site In­ter­net, ce soir à par­tir de 18 heures. Le film « Fa­ti­ma », de Phi­lippe Fau­con, 57 ans, émou­vant por­trait d’une femme de mé­nage im­mi­grée in­car­née par So­ria Ze­roual, éga­le­ment femme de mé­nage dans la vie, a re­çu hier le prix Louis Del­luc 2015, consi­dé­ré comme le Gon­court du ci­né­ma. Adap­té du livre au­to­bio­gra­phique « Prière à la lune » (2006) de la Ma­ro­caine Fa­ti­ma Elayou­bi, ce film a sé­duit de­puis sa sor­tie, le 7 oc­tobre, 255 578 spec­ta­teurs en France.

(Da­vid Zag­doun.)

Va­lé­rie Le­mer­cier re­tra­vaille son spec­tacle en per­ma­nence et a no­tam­ment adap­té un sketch après les at­ten­tats du 13 no­vembre.

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