Le­tueur­dus­qua­re­duTem­pleé­cope de­dixans­de­pri­son

Le Parisien (Paris) - - PARIS - Me Vic­tor Za­gu­ry, avo­cat de la dé­fense STÉ­PHANE SEL­LA­MI

SA SIL­HOUETTE FRÊLE, son re­gard per­du et son phra­sé ha­sar­deux ne laissent rien de­vi­ner de la vio­lence dont il a fait preuve. Un homme de 23 ans a été condam­né, mar­di, à dix ans de pri­son pour le meurtre d’Ab­dou­laye C., 26 ans à l’époque des faits. Une peine de douze ans avait été re­quise contre l’ac­cu­sé.

Le corps sans vie de la vic­time avait été dé­cou­vert le 23 oc­tobre 2013, vers 7 h 45, cou­ché sur des car­tons dans le square du Temple (IIIe). Pré­sen­tant d’im­por­tantes bles­sures au crâne, Ab­dou­laye C. avait été tué à coups de bûche.

En charge de l’en­quête, les po­li­ciers de la bri­gade cri­mi­nelle n’avaient pas tar­dé à re­mon­ter la piste de l’au­teur pré­su­mé de ce crime. Em­ma­nuel Ri­vière, sans­do­mi­cile-fixe is­su d’un mi­lieu bour­geois, avait été in­ter­pel­lé au len­de­main des faits après s’être « van­té » au­près de deux com­pa­gnons de ga­lère d’avoir tué un homme, car « Dieu lui avait de­man­dé de le faire ».

Au cours de sa garde à vue, ce jeune gar­çon, en rup­ture de­puis plu­sieurs an­nées avec ses pa­rents — in­gé­nieur et ki­né­si­thé­ra­peute de pro­fes­sion —, avait ce­pen­dant sou­te­nu avoir frap­pé sa vic­time alors qu’elle ten­tait de lui im­po­ser un rap­port sexuel. Les deux hommes s’étaient ren­con­trés la veille, avant de consom­mer de la « bière et de la co­caïne ».

La vic­time, qui ga­gnait sa vie en tant qu’es­cort pour hommes, avait en­suite pro­po­sé à Em­ma­nuel Ri­vière la somme de 140 € en échange d’une fel­la­tion. Ce der­nier avait ac­cep­té avant de se ra­vi­ser.

Les deux hommes s’étaient en- suite al­lon­gés sous la même cou­ver­ture. Puis la vic­time avait ten­té d’agres­ser sexuel­le­ment son meur­trier, se­lon les dé­cla­ra­tions de ce der­nier.

« On ne sait pas si la scène de cette agres­sion a réel­le­ment exis­té, a plai­dé l’avo­cat de l’ac­cu­sé, Me Vic­tor Za­gu­ry. Mais mon client était dé­goû­té parce qu’il ve­nait d’ac­cep­ter et com­men­cer à faire pour 140 €. Il était hor­ri­fié par cet acte et par lui-même. Dans sa tête, c’était une chute ver­ti­gi­neuse. » Celle d’« un fils de bonne famille, sco­la­ri­sé en 1er ES, a sou­te­nu son avo­cat. La vio­lence qu’il a exer­cée contre la vic­time, c’était éga­le­ment contre lui-même, contre sa propre image. Mais il n’a ja­mais eu l’in­ten­tion de tuer ».

La Ville de Pa­ris a an­non­cé hier avoir dé­blo­qué 23 M€ pour la construc­tion du vo­let pa­ri­sien du cam­pus Con­dor­cet, à la Cha­pelle (XVIIIe). A che­val sur la ca­pi­tale et Au­ber­vil­liers (Seine-Saint-De­nis), ce pôle uni­ver­si­taire comp­te­ra 13 000 m² de lo­caux et ac­cueille­ra plus de 3 500 étu­diants dé­pen­dant de la Sor­bonne. Fi­nan­cé aus­si par la ré­gion et l’éta­blis­se­ment pu­blic de co­opé­ra­tion scien­ti­fique pour un bud­get to­tal de 69 M€, il de­vrait per­mettre de confor­ter la po­si­tion de Pa­ris, élue « meilleure ville étu­diante au monde » pour la qua­trième an­née de suite.

« La chute ver­ti­gi­neuse d’un fils de bonne

famille »

(LP/Paul Blondé.)

Square du Temple (IIIe), oc­tobre 2013. C’est ici que le corps sans vie d’Abou­laye C., 26 ans, a été dé­cou­vert, cou­ché sur des car­tons, tué à coups de bûche.

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