L’en­quête met en cause les condi­tions du tour­nage

Alors que les Ar­gen­tins ont dif­fu­sé hier leur rap­port sur le crash mor­tel du jeu « Drop­ped », l’en­quête en France évoque un pré­cé­dent ac­ci­dent sur le tour­nage.

Le Parisien (Paris) - - LA UNE - THI­BAULT RAISSE

L’IN­CI­DENT sonne a pos­te­rio­ri comme un mau­vais pré­sage. Alors que le Bu­reau d’en­quête des ac­ci­dents aé­ro­nau­tiques ar­gen­tin a ren­du pu­blic hier son rap­port sur le crash mor­tel de l’émis­sion « Drop­ped » (voir ci-des­sous), sur­ve­nu le 9 mars der­nier, la jus­tice fran­çaise tra­vaille de son cô­té sur un élé­ment trou­blant long­temps res­té se­cret. Se­lon nos in­for­ma­tions, les gen­darmes en charge des in­ves­ti­ga­tions ont ap­pris par un mé­de­cin pré­sent sur place qu’un pre­mier in­ci­dent im­pli­quant dé­jà un hé­li­co­ptère s’était pro­duit lors du pre­mier jour de tour­nage. Un gros coup de frayeur ré­vé­lé tar­di­ve­ment aux en­quê­teurs, et qui pose une nou­velle fois la ques­tion des me­sures de sécurité dé­ployées au­tour du pro­gramme.

Alors que de nom­breuses au­di­tions avaient dé­jà été me­nées, il a fal­lu at­tendre le 3 août der­nier pour que l’épi­sode soit rap­por­té par un mé­de­cin en­ga­gé pour l’émis­sion. L’équipe de production est alors à Ushuaïa, pre­mier lieu de tour­nage du jeu de té­lé­réa­li­té. Les can­di­dats se trouvent sur une col­line, à ge­noux, et les yeux ban­dés. « Les trois hé­li­co­ptères sont ar­ri­vés en for­ma­tion, l’un der­rière l’autre, mais as­sez es­pa­cés, ra­conte le doc­teur aux en­quê­teurs. Le pre­mier, alors qu’il vou­lait se po­ser, s’est re­trou­vé avec le vent ar­rière. Il est ar­ri­vé as­sez vite et a plan­té l’avant des deux pa­tins dans le sol. Il s’est re­trou­vé à pi­quer à 30° ou 40°. […] Le pi­lote a re­mis les gaz et est re­par­ti en avant en pre­nant de la hau­teur. »

Quinze jours après ce té­moi­gnage, Phi­lippe Can­de­lo­ro, sé­lec­tion­né pour le jeu, est à son tour en­ten­du par les gen­darmes du trans­port aé­rien (GTA). Le pa­ti­neur se rap­pelle, lui aus­si, de l’épi­sode. « Nous avons dé­bar­qué sur les lieux, tou­jours les yeux ban­dés. Nous étions au sol sur le flanc de la mon­tagne. L’hé­li­co­ptère de l’autre équipe est ar­ri­vé et de­vait se po­ser. Nous avons en­ten­du qu’il y a eu une re­mise de gaz près de nous. Quel­qu’un est ve­nu se cou­cher sur nous en di­sant de ne pas bou­ger. » « J’es­time que nous ne sommes pas pas­sés loin d’une pre­mière ca­tas­trophe », sou­ligne, de son cô­té, le doc­teur face aux mi­li­taires.

L’hé­li­co­ptère et le pi­lote en cause n’étaient pas ceux im­pli­qués dans le crash mor­tel de la Rio­ja. A la suite de l’in­ci­dent, les me­sures de sécurité ont-elle néan­moins été ren­for­cées ? « M. Rous­sel et M. Magne (NDLR : deux res­pon­sables de la so­cié­té de production ALP) ont vou­lu prendre en­core plus de ren­sei­gne­ments concer­nant les hé­li­co­ptères et les pi­lotes uti­li­sés pour l’étape sui­vante », as­sure le mé­de­cin, tou­jours de­vant les gen­darmes. Reste une énigme : pour­quoi l’épi­sode a-t-il mis si long­temps à être rap­por­té ? Preuve du trouble des en­quê­teurs sur ce point, plu­sieurs au­di­tions me­nées après celle du doc­teur com­portent la ques­tion sui­vante : « Vous a-t-il été de­man­dé de ne pas ébrui­ter cet évé­ne­ment ? » « Non », pro­mettent les té­moins in­ter­ro­gés.

« Quel­qu’un est ve­nu se cou­cher sur nous en di­sant de ne pas bou­ger» Phi­lippe Can­de­lo­ro à pro­pos du pre­mier in­ci­dent

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