Les chauf­feurs de VTC pa­ri­siens en co­lère

Par­tis d’Or­ly et Rois­sy, des cortèges de chauf­feurs convergent ce ma­tin vers la porte Maillot à Pa­ris pour se ras­sem­bler. Ils ré­clament un meilleur en­ca­dre­ment de leur ta­rif.

Le Parisien (Paris) - - LA UNE - BÉRANGÈRE LEPETIT ET DA­MIEN LI­CA­TA CA­RU­SO

C’EST LA ZI­ZA­NIE dans le conflit qui op­pose de­puis des mois le clan des taxis tra­di­tion­nels à ce­lui des re­muants chauf­feurs in­dé­pen­dants de VTC (voi­ture de tou­risme avec chauf­feur)… qui se re­trouvent au­jourd’hui pieds et mains liés aux cen­trales de ré­ser­va­tion comme Uber ou Chauf­feur pri­vé. Pour pro­tes­ter contre ces so­cié­tés — sur­tout la mul­ti­na­tio­nale Uber — qu’ils ac­cusent de « ti­rer la pro­fes­sion vers le bas », des chauf­feurs fron­deurs or­ga­nisent des ac­tions de blo­cage dès 5 heures ce ma­tin à par­tir des aé­ro­ports de Rois­sy et d’Or­ly en di­rec­tion de la porte Maillot, à Pa­ris. Entre 500 et 1 000 pro­fes­sion­nels sont at­ten­dus au ras­sem­ble­ment lan­cé à l’ap­pel de trois or­ga­ni­sa­tions (Ca­pa-VTC, SETP et Ac­tifVTC), sur les quelque 10 000 qui cir­culent en Ile-de-France.

La course à 10 € dans Pa­ris

Iro­nie de la si­tua­tion, les taxis qui s’in­dignent d’or­di­naire de la concur­rence dé­loyale des VTC avec leurs prix cas­sés comptent bien pro­fi­ter de cette si­tua­tion en pra­ti­quant ex­cep­tion­nel­le­ment des ta­rifs plus bas. Taxis bleus pro­pose ain­si toute la jour­née un prix pla­fond de 10 € pour une course dans Pa­ris in­tra-mu­ros. Les rôles s’in­ver­se­raient-ils ?Au­jourd’hui, c’est au tour des VTC de se tour­ner vers les pou­voirs pu­blics — qui res­tent pour l’ins­tant très dis­cret — en leur de­man­dant da­van­tage de ré­gle­men­ta­tion avec la mise en place d’une « lé­gis­la­tion sur des ta­rifs mi­ni­mums », comme ce­la existe pour les taxis. « Au­jourd’hui, l’Etat fait l’af­faire de ces grandes so­cié­tés qui ne payent pas d’im­pôts en France au nom du mi­rage de la baisse du chô­mage. Il ne faut pas exa­gé­rer. Notre pro­fes­sion se pré­ca­rise de jour en jour », tem­pête Hel­mi Ma­me­louk, le pré­sident de Ca­pa-VTC.

Les in­dé­pen­dants pro­testent contre les condi­tions de tra­vail im­po­sées par les édi­teurs d’ap­pli­ca­tion de ré­ser­va­tion par smart­phone et les ta­rifs im­po­sés sans concer­ta­tion. La baisse de 20 % des prix dé­cré­tée en oc­tobre par Uber à Pa­ris ne passe tou­jours pas. Dans son pré­avis de grève, le SETP ré­clame « une concer­ta­tion de fond sur le contrat de par­te­na­riat » avec les plates-formes de ré­ser­va­tion, mais sur­tout un re­tour à « une course mi­ni­mum de 15 € ». Hors de ques­tion pour Uber. « Si cer­tains chauf­feurs veulent se po­si­tion­ner sur le haut de gamme avec ce genre de ta­rif, libre à eux, ré­torque un por­te­pa­role de l’en­tre­prise. Ce n’est pas notre mo­dèle éco­no­mique qui fa­vo­rise la dé­mo­cra­ti­sa­tion du trans­port pri­vé par des ta­rifs at­trac­tifs. »

(DR.)

Les taxis Uber s’in­dignent de la baisse des prix.

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