Les na­tio­na­listes corses dé­fient dé­jà Pa­ris

Elu hier pré­sident de l’As­sem­blée de Corse, l’in­dé­pen­dan­tiste Jean-Guy Ta­la­mo­ni a van­té la « na­tion » îlienne.

Le Parisien (Paris) - - POLITIQUE - D.M.

À L’IS­SUE DU DIS­COURS, pro­non­cé en corse, l’avo­cat Jean-Guy Ta­la­mo­ni est cha­leu­reu­se­ment ac­cla­mé par les 23 autres élus na­tio­na­listes de­bout et par le pu­blic mas­sé dans les tri­bunes, agi­tant des dra­peaux blancs à tête de Maure. Dans la fou­lée de la vic­toire di­manche des na­tio­na­listes au se­cond tour des élec­tions ter­ri­to­riales, le di­ri­geant in­dé­pen­dan­tiste a été élu hier à Ajac­cio pré­sident de l’As­sem­blée de Corse. C’est la pre­mière fois, de­puis la créa­tion de l’as­sem­blée, en 1982, qu’un na­tio­na­liste oc­cupe cette fonc­tion.

« En vo­tant pour les na­tio­na­listes, le peuple corse a dit que la Corse n’était pas un mor­ceau d’un autre pays mais une na­tion, avec sa langue, sa culture, sa tra­di­tion po­li­tique, sa ma­nière d’être au monde », a lan­cé Ta­la­mo­ni. Ten­dant la main « à tous les Corses », il a ap­pe­lé à la ré­con­ci­lia­tion de la com­mu­nau­té avec elle-même : « La Corse ap­par­tient à tous les Corses et le gou­ver­ne­ment na­tio­nal, le pre­mier de­puis le XVIIIe siècle, se­ra ce­lui de tous. »

Dans cette al­lo­cu­tion de neuf mi­nutes, Ta­la­mo­ni au­ra mul­ti­plié les pro­vo­ca­tions à l’égard de Pa­ris. « Nous sommes ar­ri­vés ici avec tous ceux qui, comme nous, ont tou­jours com­bat­tu les au­to­ri­tés fran­çaises sur la terre de Corse », mar­tèle-t-il ain­si, évo­quant « tous ceux qui de­puis 1768 n’ont ces­sé de com­battre pour que la Corse de­meure une na­tion ». Il a d’ailleurs ré­cla­mé la libération des pri­son­niers « po­li­tiques ». Les na­tio­na­listes ré­clament la libération de 25 dé­te­nus que Pa­ris re­fuse de qua­li­fier de « po­li­tiques ». En fin de jour­née, le maire na­tio­na­liste de Bas­tia, Gilles Si­meo­ni, a été élu pré­sident du con­seil exé­cu­tif, le mi­ni-gou­ver­ne­ment de la Corse.

lls se sont sa­lués en se don­nant cha­cun du « Mon­sieur le pré­sident ». Fran­çois Hol­lande et Xa­vier Ber­trand ont inau­gu­ré un mo­nu­ment aux « fra­ter­ni­sa­tions » pen­dant la Pre­mière Guerre mon­diale. En pleine opé­ra­tion de sé­duc­tion de l’exé­cu­tif vis-à-vis d’une par­tie de la droite, le double sens de la vi­site n’a échap­pé à per­sonne dans cette ré­gion Nord-Pas-de-Ca­lais - Pi­car­die con­quise par la droite grâce au dé­sis­te­ment du PS pour bar­rer la route

EN IMAGES Hol­lande au mu­sée de la Fra­ter­ni­sa­tion

(AFP/Pas­cal Pochard Casabianca.)

Ajac­cio (Corse-du-Sud), hier. Jean-Guy Ta­la­mo­ni a aus­si exi­gé des au­to­ri­tés la libération de 25 pri­son­niers «po­li­tiques».

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