Moinsd’agen­ces­dans­les­gran­des­villes

Le Parisien (Paris) - - ÉCONOMIE - BRU­NO MAZURIER

VOUS ÊTES CLIENT de la So­cié­té gé­né­rale, vous ha­bi­tez une grande ville d’Ile-de-France ou de pro­vince ? Alors, vous de­vrez peut-être mar­cher un peu plus pour vous rendre à l’un de ses gui­chets pour dé­po­ser un chèque ou ren­con­trer un conseiller… Car l’ac­cord sur les me­sures d’ac­com­pa­gne­ment des sa­la­riés de la banque, si­gné ces der­niers jours par une ma­jo­ri­té de syn­di­cats (SNB, CFTC et CGT ; la CFDT et FO ne l’ont pas fait), vient confir­mer la fer­me­ture des quelque 400 agences d’ici à 2020. « Seules les toutes pe­ti- tes agences si­tuées en mi­lieu ur­bain dense, prin­ci­pa­le­ment en ré­gion pa­ri­sienne et dans les grosses villes de pro­vince, sont concer­nées par cette re­struc­tu­ra­tion, in­dique-t-on à la di­rec­tion de la So­cié­té gé­né­rale, qui pré­fère em­ployer le mot re­grou­pe­ment plu­tôt que fer­me­ture. Nous al­lons ras­sem­bler dans une sur­face plus grande les sa­la­riés ac­tuel­le­ment ré­par­tis dans plu­sieurs pe­tites agences », ex- plique-t-on au siège de la banque.

Pas ques­tion, en re­vanche, de fer­mer des agences dans les zones ru­rales. « Si nous par­tions de ces ter­ri­toires, nous per­drions à coup sûr des clients. » Pour la banque, il s’agit avant tout de s’adap­ter aux nou­veaux com­por­te­ments de la clien­tèle qui passe moins sou­vent en agence et réa­lise une grande ma­jo­ri­té des opé­ra­tions cou­rantes (vi­re­ment, com­mande de ché­quier, consul­ta­tion de compte, etc.) par In­ter­net. La So­cié­té gé­né­rale doit aus­si prendre en compte la concur­rence ac­crue des banques en ligne qui captent au­jourd’hui 75 % des nou­velles ou­ver­tures de compte.

Deux mille sup­pres­sions de poste « sans li­cen­cie­ment » sont pré­vues d’ici à 2020, alors que 2 500 sa­la­riés de­vraient, dans le même temps, par­tir à la re­traite. « L’ac­cord nous sa­tis­fait, mais nous se­rons vi­gi­lants au mo­ment de l’ap­pli­ca­tion », as­sure Jean-Pierre Clau­zel, dé­lé­gué gé- né­ral du SNB, le syn­di­cat ma­jo­ri­taire. De son cô­té, la banque pro­met de re­cru­ter 1 000 per­sonnes, in­ves­tir 1 Md€ dans les sys­tèmes d’in­for­ma­tion et 150 M€ dans la for­ma­tion. « Si nos clients viennent moins sou­vent en agence, ils ont tou­jours be­soin de conseillers très poin­tus pour les mo­ments clés de leur vie, ex­plique-t-on au siège, comme la sous­crip­tion d’un prêt im­mo­bi­lier, l’en­trée dans la vie ac­tive ou la sous­crip­tion d’une as­su­rance vie. »

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