Le chauf­fard de Di­jon bien­tôt dé­cla­ré ir­res­pon­sable

Le Parisien (Paris) - - FAITS DIVERS - La pro­cu­reur de la Ré­pu­blique de Mont­bé­liard STÉ­PHANE SEL­LA­MI ET JEAN-MARC DUCOS

LA JUS­TICE s’ache­mine vers une dé­cla­ra­tion d’irresponsabilité pé­nale de l’au­to­mo­bi­liste qui avait fon­cé sur des pié­tons fin 2014 à Di­jon (Côte-d’Or). L’ins­truc­tion est clô­tu­rée et trois ex­perts psy­chiatres, a an­non­cé hier le par­quet de Di­jon, ont « tous conclu à l’exis­tence d’une pa­tho­lo­gie men­tale grave ayant en­traî­né l’abo­li­tion de son dis­cer­ne­ment ». Le 21 dé­cembre 2014, vers 20 heures, il avait heur­té et bles­sé en plu­sieurs en­droits du centre-ville de Di­jon treize per­sonnes avant d’être in­ter­pel­lé sans ré­sis­tance. Di­sant avoir agi en « sou­tien à la po­pu­la­tion tchét­chène », ce qua­dra­gé­naire, qui af­fi­chait 157 pas­sages en uni­té psy­chia­trique entre fé­vrier 2001 et no­vembre 2014, avait confié aux en­quê­teurs avoir « crié Al­la­hou ak­bar » au mo­ment de son pas­sage à l’acte pour se « don­ner du cou­rage », mais au­cune qua­li­fi­ca­tion ter­ro­riste n’a été re­te­nue dans cette af­faire. Mis en exa­men pour « ten­ta­tive d’as­sas­si­nats », l’homme est dé­te­nu de­puis dans une uni­té spé­cia­li­sée à Lyon (Rhône).

de vingt et un ans, qui vient de connaître un im­pro­bable re­bon­dis­se­ment… Un homme de 46 ans a été mis en exa­men, mer­cre­di, puis écroué, après avoir avoué le meurtre de Sté­phane Die­te­rich. Le corps de cet étu­diant en com­merce de 24 ans, lar­dé de dix coups de cou­teau, avait été re­trou­vé, le 5 juillet 1994, dans un bois si­tué près d’une fête fo­raine à Bel­fort (Ter­ri­toire de Bel­fort). Son meur­trier pré­su­mé, Ch­ris­tophe Blind, conseiller en pa­tri­moine de pro­fes­sion et do­mi­ci­lié dans le Var, était un de ses meilleurs amis. « Ils se connais­saient de­puis le col­lège… souffle Syl­vain, le frère de Sté­phane Die­te­rich, qui pré­side, de­puis 1994, l’as­so­cia­tion créée après le meurtre. Dé­cou­vrir en­fin l’iden­ti­té de ce­lui qui a com­mis ce crime aus­si atroce, c’est un abou­tis­se­ment pour moi et ma ma­man… Mais nous n’avons ja­mais dou­té de trou­ver, un jour, son meur­trier. »

Mar­di, les en­quê­teurs de la PJ de Be­san­çon (Doubs) et de l’Of­fice cen­tral pour la ré­pres­sion des vio­lences aux per­sonnes (OCRVP) ont pla­cé en garde à vue Ch­ris­tophe Blind, comme l’a ré­vé­lé France 3 Franche-Com­té. Dans cette af­faire, les po­li­ciers ont été ai­dés à deux re­prises par des émis­sions de té­lé­vi­sion. D’abord en 2013 : un do­cu­men­taire consa­cré à cette af­faire non ré­so­lue est dif­fu­sé. De­vant leur té­lé, deux amis bon­dissent : ils re­con­naissent à l’écran Ch­ris­tophe Blind. En 1994, alors sur­veillant dans leur ly­cée, Blind leur avait fait une gla­çante pro­po­si­tion : tuer un homme en échange d’une somme d’ar­gent. « En le voyant à la té­lé, ils ont com­pris que c’était sû­re­ment l’au­teur du crime et ils ont contac­té les po­li­ciers », a in­di­qué la pro­cu­reur de la Ré­pu­blique de Mont­bé­liard, Ca­rine Greff, à « l’Est ré­pu­bli­cain ». Mais ce simple té­moi­gnage n’avait pas suf­fi à coin­cer le sus­pect.

En juin der­nier, Ch­ris­tophe Blind ré­ap­pa­raît à l’écran ! Cette fois-ci dans l’émis­sion « Crimes en sé­rie » de NRJ 12. Le com­por­te­ment étrange de l’homme, qui parle vi­sage ca­ché, in­trigue les en­quê­teurs qui dé­cident de se re­mettre sur sa piste. Une ini­tia­tive payante. Ch­ris­tophe Blind a fi­ni par avouer, avant d’in­vo­quer un mo­bile « pas­sion­nel ». « Il a men­ti pen­dant vingt et un ans, pour­suit Syl­vain Die­te­rich. Il a eu le temps de pen­ser à un mo­bile. Moi, je ne crois pas au mo­tif

« En le voyant à la té­lé, ils ont com­pris que c’était

sû­re­ment le meur­trier »

pas­sion­nel. Quand il pro­pose à ces deux jeunes de com­mettre un meurtre, il y a pré­mé­di­ta­tion. Il n’agit pas sur une pul­sion. »

Le frère de la vic­time, au­jourd’hui âgé de 50 ans, re­grette de ne pas avoir été pris au sé­rieux, dès le dé­but de l’en­quête, par les po­li­ciers et les ma­gis­trats. « J’ai tou­jours été convain­cu que cet ami de mon frère n’avait pas dit toute la vé­ri­té sur la soi­rée au cours de la­quelle il avait été tué, in­siste-t-il. Il avait contac­té Sté­phane pour le voir, pré­tex­tant un sou­ci. Il avait en­suite ex­pli­qué que mon frère l’avait dé­po­sé à une fête fo­raine. Puis, après son en­ter­re­ment, il avait com­plè­te­ment dis­pa­ru. Main­te­nant, nous at­ten­dons se­rei­ne­ment son pro­cès. »

(DR.)

Sté­phane Die­te­rich, 24 ans, était étu­diant en com­merce. Son meur­trier pré­su­mé était l’un de ses meilleurs amis.

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