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Le Parisien (Paris) - - LOISIRS ET SPECTACLES - C.L.

In­ti­me­ment liée à celle de la place de la Con­corde, l’his­toire de l’hô­tel de la Ma­rine fut de tout temps un peu mou­ve­men­tée. Construit pour « en­ca­drer » la grande place Royale vou­lue à sa gloire par Louis XV, il a d’abord failli n’être qu’une simple fa­çade. Fi­na­le­ment ter­mi­né en 1774, il abrite le Gar­deMeuble de la cou­ronne : ou­vert au pu­blic, il ex­pose ain­si les ar­mures des rois de France, une ex­tra­or­di­naire col­lec­tion de ta­pis­se­ries et les joyaux de la cou­ronne. Tout va chan­ger avec la Ré­vo­lu­tion : les armes pillées, les ré­vo­lu­tion­naires s’y ins­tallent pour suivre de­puis le bal­con l’ou­vrage de la guillo­tine ins­tal­lée sur la place de la Con­corde. En sep­tembre 1792, c’est dans ses murs qu’a lieu le vol des joyaux de la cou­ronne. En­core dans ses murs qu’est si­gné l’acte d’exé­cu­tion de Ma­rie-An­toi­nette en 1793… Avec l’ins­tal­la­tion du haut com­man­de­ment de la ma­rine en 1806, l’hô­tel va se do­ter d’un nou­veau nom et connaître une longue pé­riode de sta­bi­li­té. Jus­qu’en 2007, date à la­quelle est an­non­cé le dé­mé­na­ge­ment des ma­rins pour le Pen­ta­gone fran­çais à Ba­lard (Pa­ris XVe). L’Etat songe d’abord à en faire un lieu de ré­cep­tions pu­bliques et pri­vées, avant de vou­loir le confier à un opé­ra­teur pri­vé. Un pro­jet de res­tau­rants et hô­tel de luxe sou­le­va un tol­lé en 2010. Une mis­sion, confiée par Ni­co­las Sar­ko­zy à Va­lé­rie Gis­card d’Es­taing, pré­co­ni­sa que le bâ­ti­ment reste dans le gi­ron de l’Etat. En 2014, c’est donc le Centre des mo­nu­ments na­tio­naux, ges­tion­naire de près de 100 lieux his­to­riques, qui s’en voit confier la charge. Une mis­sion qui de­vien­dra ef­fec­tive le 1er jan­vier 2016 avec la re­mise des clés du bâ­ti­ment par le mi­nis­tère de la Ma­rine.

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