Bo­wie sur­prend en­core

Avec « Blacks­tar », le chan­teur bri­tan­nique pro­pose un éton­nant, mais sé­dui­sant, vi­rage jazz.

Le Parisien (Paris) - - LOI­SIRS ET SPEC­TACLES - ÉRIC BU­REAU YVES JAE­GLÉ

ET DA­VID BO­WIE se ré­in­car­na en… étoile noire. Pas celle de Dark Va­dor, celle de son 25e al­bum stu­dio. Mais en dé­cou­vrant hier « Blacks­tar », qui s’ouvre et s’achève sur des bi­douillages spa­tiaux, on ne peut s’em­pê­cher de pen­ser à « Star Wars ». Il y a plus que ja­mais quelque chose d’ex­tra­ter­restre dans ce mu­si­cien aux yeux vai­rons et à la voix spec­trale qui fe­ra coïn­ci­der la sor­tie de son al­bum, le 8 jan­vier pro­chain, avec son 69e an­ni­ver­saire.

Un an­ni­ver­saire, un al­bum, cu­rieuse tra­di­tion pour un ar­tiste qui dé­teste se ré­pé­ter… Il y a trois ans, « The Next Day » était sor­ti le jour de ses 66 ans. Un choc pla­né­taire après une dé­cen­nie d’ab­sence. Pas de ré­vo­lu­tion com­mer­ciale cette fois. C’est mu­si­ca­le­ment que ce ca­mé­léon réus­sit à sur­prendre, en pre­nant un vi­rage jazz peu ex­plo­ré en cin­quante ans de car­rière.

Ni éli­tiste ni fa­cile

At­ten­tion, pas n’im­porte quel jazz. Pas à la pa­pa, avec big band et croo­ner. Un jazz sombre et fu­tu­riste, cap­té live, li­bé­ré des cli­chés, ir­ri­gué de boucles élec­tro­niques qui font par­fois pen­ser à Björk. « Blacks­tar » est en­core plus foi­son­nant, ex­plo­sif et au­da­cieux que « The Next Day », qui pui­sait sa­vam­ment dans toutes les pé­riodes de Bo­wie. Pour prendre cet- te nou­velle di­rec­tion, qui lui don­ne­ra peut-être en­vie de re­nouer avec la scène, le chan­teur a chan­gé de mu­si­ciens et lais­sé le champ libre au quar­tet d’un saxo­pho­niste new-yor­kais de 49 ans, Don­ny McCas­lin.

Le saxo et la bat­te­rie mènent la danse. Le long de ce disque court mais dense — 7 chan­sons, 42 mi­nutes —, ils évitent le piège d’un free jazz éli­tiste et dé­mons­tra­tif, sans pour au­tant tom­ber dans la fa­ci­li­té. Une prouesse qu’on doit à la patte de To­ny Vis­con­ti, le fi­dèle pro­duc­teur de Bo­wie, ar­ti­san de chef­sd’oeuvre tels que « The Man Who Sold the World » et « Low ».

« Blacks­tar », l’al­bum, est à l’image de « Blacks­tar », la chan­son qui l’inau­gure. Cette odys­sée tan­tôt élé­giaque, tan­tôt vio­lente et in­quié­tante au­tour de cette phrase — « Le jour de l’exé­cu­tion, seules les femmes s’age­nouillent et rient » — a beau du­rer dix mi­nutes, elle hyp­no­tise. La bat­te­rie épi­lep­tique de « ’Tis a Pi­ty She Was a Whore » et « Sue (Or In a Sea­son of Crime) » file des four­mis dans les jambes. Les mé­lo­dies presque pop de « Dol­lar Days » et « I Can’t Give Eve­ry­thing Away » ac­crochent l’oreille. Seul le temps di­ra si cette « Blacks­tar » brille­ra long­temps. Mais elle ré­sonne comme une évi­dence : Bo­wie est la seule rock star de sa gé­né­ra­tion à nous te­nir en­core

en ha­leine.

Da­vid Bo­wie, sor­tie

le 8 jan­vier. ELLE NE S’Y AT­TEN­DAIT pas for­cé­ment, à cette ques­tion-là. Hier à Lille, où se tien­dra de­main soir l’élec­tion en di­rect sur TF 1, lors du test de sé­lec­tion des 12 finalistes par­mi les 31 can­di­dates, Fan­ny Har­caut a dû ré­pondre à une ques­tion sur les at­ten­tats du 13 no­vembre à Pa­ris. Le ju­ry lui a de­man­dé si elle « au­rait les épaules » pour por­ter la cou­ronne et re­pré­sen­ter une ré­gion aus­si meur­trie.

« Ce se­rait bien­ve­nu. Faire pas­ser un peu de lé­gè­re­té… » sou­rit la jeune femme, mar­quée par les mas­sacres. Elle inau­gu­rait ce soir-là le mar­ché de Noël sur les Champs-Ely­sées, et sa fa­mille s’est in­quié­tée. « Ça a été un coup d’ar­rêt dans le conte de fées. On s’est de­man­dé si ce n’était pas ris­qué d’être aus­si ex­po­sé. Mais pas ques­tion d’avoir peur », se sou­vient la soeur de Fan­ny.

Les dés sont je­tés

Vote-t-on pour un sym­bole ? Etre Miss tient à tant de dé­tails. Beau­coup de reines de beau­té ont pré­vu semble-t-il de glis­ser quelques mots sur la tra­gé­die, en di­rect de­vant 8 ou 10 mil­lions de té­lé­spec­ta­teurs, si elles ont la chance de faire par­tie des finalistes et de s’ex­pri­mer. « Douze filles se­ront in­ter­ro­gées. Tout dé­pend de mon ordre de pas­sage si je suis choi­sie, de ce qui va être dit avant. On ne va pas ré­pé­ter toutes la même chose », constate Fan­ny Har­caut. Les dés sont je­tés, même si elle ignore le choix des ju­rés, qui se­ra ré­vé­lé en di­rect. Ne reste qu’à sou­rire, à « vivre à fond ce mo­ment qui n’ar­ri­ve­ra qu’une seule fois », et à évi­ter les pièges des hauts ta­lons à l’écran. « Ah, les cho­ré­gra­phies sur les marches, ça se tra­vaille, sou­rit-elle. On com­mence au­jourd’hui au Zé­nith de Lille à ré­pé­ter dans la salle de la soi­rée. »

A bien­tôt 69 ans, Bo­wie se ré­in­vente

en­core.

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