La fu­ture mé­tro­pole, un mas­to­donte de 7 mil­lions d’ha­bi­tants

Le Parisien (Paris) - - ILE-DE-FRANCE - JU­LIEN DUFFÉ ET GWE­NAEL BOUR­DON (AVEC C.S.)

UN TER­RI­TOIRE grand comme sept fois Pa­ris et peu­plé de 7 mil­lions d’âmes. Dans quinze jours, la mé­tro­pole du Grand Pa­ris (MGP) ver­ra le jour. Au­jourd’hui, les élus fran­ci­liens de la mis­sion de pré­fi­gu­ra­tion char­gés de la bâ­tir se réunissent une der­nière fois. Ex­pli­ca­tions de ce qui va concrè­te­ment chan­ger. nQue se passe-t-il en jan­vier ? La MGP, nou­veau mec­ca­no de co­opé­ra­tion in­ter­com­mu­nale, naî­tra le 1er jan­vier. Elle en­glo­be­ra Pa­ris, les 123 com­munes de pe­tite cou­ronne et sept de grande cou­ronne ras­sem­blées dans 12 ter­ri­toires des­ti­nés à rem­pla­cer les ag­glo­mé­ra­tions là où elles exis­taient. Pour la di­ri­ger, un con­seil mé­tro­po­li­tain de 209 élus dé­si­gnés par les villes se réuni­ra pour la pre­mière fois le 22 jan­vier au pa­lais d’Ié­na (VIIe), siège du Con­seil éco­no­mique, so­cial et en­vi­ron­ne­men­tal.

Ce­lui-ci éli­ra un pré­sident qui, résultats élec­to­raux des mu­ni­ci­pales de 2014 oblige, se­ra de droite ou du centre. Pour l’heure, seul le maire (UDI) de Sceaux (Hauts-de­Seine) Phi­lippe Laurent a can­di­da­té. La chef de l’op­po­si­tion pa­ri­sienne Na­tha­lie Kos­cius­ko-Mo­ri­zet (LR) a je­té l’éponge. n Que fe­ra la mé­tro­pole ? Le double ob­jec­tif de la MGP est de ré­duire les in­éga­li­tés entre ter­ri­toires mais aus­si de ren­for­cer le Grand Pa­ris comme mé­tro­pole de rang mon­dial. Mais sa mon­tée en charge se­ra très pro­gres­sive. En 2016, elle ne ré­cu­pé­re­ra « que » les com­pé­tences de l’en­vi­ron­ne­ment et du dé­ve­lop­pe­ment éco­no­mique. Celles, stra­té­giques, du lo­ge­ment et de l’amé­na­ge­ment n’ar­ri­ve­ront qu’en 2017.

Dès l’an pro­chain, la mé­tro­pole pour­rait néan­moins prendre une pre­mière me­sure pour fa­vo­ri­ser la construc­tion de pro­grammes d’ha­bi­ta­tion : l’ins­tau­ra­tion d’une aide fi­nan­cière aux com­munes bâ­tis­seuses, afin qu’elles puissent se do­ter des équi­pe­ments (crèches, écoles…) liés à l’ar­ri­vée de nou­veaux ha­bi­tants. Le con­seil de la mé­tro­pole au­ra deux ans pour dé­fi­nir « un pro­jet mé­tro­po­li­tain ». Il de­vra convaincre les plus scep­tiques qui re­doutent que la MGP soit une « une co­quille vide ». n Que fe­ront les ter­ri­toires ? Ils ré­cu­pé­re­ront pro­gres­si­ve­ment, jus­qu’en 2018, les com­pé­tences de por­tée plus lo­cales : dé­chets, as­sai­nis­se­ment et eau, équi­pe­ments cultu­rels et spor­tifs, po­li­tique de la ville, ac­tion so­ciale, plan lo­cal d’ur­ba­nisme, plan cli­mat. Dans les faits, il fau­dra du temps pour har­mo­ni­ser les si­tua­tions. Par exemple, au sein d’un même ter­ri­toire, cer­taines villes col­lectent leurs dé­chets en ré­gie di­recte quand d’autres passent par des opé­ra­teurs pri­vés. nOù iront vos im­pôts ? A comp­ter du 1er jan­vier, les re­cettes des taxes foncières et d’ha­bi­ta­tion re­viennent aux com­munes. Les im­pôts des en­tre­prises se ré­par­ti­ront jus­qu’en 2020 entre les ter­ri­toires et la mé­tro­pole. Un mé­ca­nisme com­plexe de ré­par­ti­tion doit en­suite se mettre en place. Se­lon Léo Fau­con­net, de l’ins­ti­tut d’amé­na­ge­ment et d’ur­ba­nisme (IAU) d’Ilede-France, l’ef­fet à terme se­ra po­si­tif : « Pro­gres­si­ve­ment, les taux de fis­ca­li­té se­ront les mêmes par­tout et il n’y au­ra plus de concur­rence entre les ter­ri­toires. » En at­ten­dant, cette « tuyau­te­rie » in­quiète cer­tains élus qui s’in­ter­rogent sur leur ca­pa­ci­té à main­te­nir les ser­vices à la po­pu­la­tion.

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