Le prin­temps à Noël !

Une tem­pé­ra­ture de 15,9 °C à Pa­ris, des re­cords de cha­leur par­tout en France : en cette fin dé­cembre, la mé­téo est celle d’un mois de mai. Bonne ou mau­vaise nou­velle ?

Le Parisien (Paris) - - LA UNE - FRÉ­DÉ­RIC MOUCHON

S’EM­MI­TOU­FLER dans une dou­doune, souf­fler dans ses mains pour ré­chauf­fer ses doigts en­gour­dis… Sou­ve­nez-vous, c’était le genre de chose que l’on fai­sait ha­bi­tuel­le­ment à la mi-dé­cembre. Mais de­puis 2011, la France connaît pour la cin­quième an­née consé­cu­tive un dé­but d’hi­ver peu ri­gou­reux. Et ce­lui-ci est par­ti­cu­liè­re­ment doux, comme une ca­resse de prin­temps. Hier, les poi­riers étaient en fleur dans le jar­din du Luxem­bourg, les roses en bou­ton en Nor­man­die et le ther­mo­mètre af­fi­chait 22,8 à Saint-Jean-de-Luz (Py­ré­nées-At­lan­tiques).

« En Bre­tagne, on peut en­core man­ger des fraises car elles ont re­pous­sé et, sur ma ter­rasse, la gly­cine n’a pas en­core per­du ses feuilles », constate, un peu éber­lué, Fré­dé­ric De­cker. Alors que les tem­pé­ra­tures de­vraient res­ter très éle­vées au cours des dix pro­chains jours, le pré­vi­sion­niste de Me­teonews fait le pa­ri que le re­cord men­suel de dou­ceur de l’an 2000 (8,3 en moyenne) se­ra bat­tu.

Un vaste an­ti­cy­clone

« Ce mois de dé­cembre 2015 se­ra l’un des plus doux de­puis le dé­but du XXe siècle », pro­nos­tique Fré­dé­ric Nathan, qui of­fi­cie à Mé­téo France. Un vaste an­ti­cy­clone nous pro­tège de­puis no­vembre, as­pi­rant l’air chaud en pro­ve­nance des zones in­ter­tro­pi­cales. Alors que les ex­perts amé­ri­cains du cli­mat pensent que 2015 se­ra sans doute l’an­née la plus chaude de l’his­toire mo­derne, la hausse du mer­cure mon­dial peut-elle ex­pli­quer ces Noëls au bal­con à ré­pé­ti­tion dans l’Hexa­gone ?

« La France a dé­jà connu en dé­cembre 1934 une si­tua­tion si­mi­laire et ce­la fait par­tie de la va­ria­bi­li­té na­tu­relle du cli­mat, pour­suit Fré­dé­ric Nathan. Mais le ré­chauf­fe­ment cli­ma­tique contri­bue sans doute à ce que les masses d’air soient en­core plus chaudes au­jourd’hui qu’elles ne l’au­raient été il y a quatre-vingts ans et c’est pour­quoi beau­coup de re­cords de dou­ceur risquent de tom­ber. » Une au­baine pour les ca­fés qui font en­core le plein de clients en ter­rasse et les gla­ciers qui s’offrent une belle ar­rière-sai­son. Mais un vrai cau­che­mar pour les sta­tions de sport d’hi­ver où la neige est aux abon­nés ab­sents. Dans les Alpes du Sud, il faut mon­ter au-des­sus de 2 500 m pour trou­ver 5 cm de pou­dreuse.

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