Ils s’aiment… mais cha­cun chez soi

Près de 10 % des couples n’ha­bitent pas sous le même toit. Un nou­veau mode de vie conju­gale qui touche de plus en plus de se­niors.

Le Parisien (Paris) - - LA UNE - FLO­RENCE DEGUEN

ON PARLE BEAU­COUP des couples dé­su­nis contraints, faute de moyens, de co­ha­bi­ter sous le même toit, beau­coup moins de ceux, bien plus nom­breux, qui sont « en­semble sans vivre en­semble ». Ils re­pré­sentent pour­tant près de 10 % des re­la­tions amou­reuses en France, se­lon l’étude que vient de pré­sen­ter l’Ins­ti­tut na­tio­nal d’études dé­mo­gra­phiques (Ined). Certes leur dé­fi­ni­tion est mal ai­sée, puisque les seuls couples re­con­nus par la loi sont ma­riés, pac­sés ou par­tagent la même adresse. Mais, à l’heure où s’unir à l’autre reste une va­leur sûre, pour ne pas dire le rêve de réus­site de cha­cun d’entre nous, ces élec­trons libres dif­fi­ciles à ren­trer dans des cases in­triguent.

Les se­niors en tête

S’agit-il d’un choix de vie ? D’une vo­lon­té de re­non­cer à la rou­tine et de pré­ser­ver la ma­gie ? Se­rait-ce une nou­velle forme de conju­ga­li­té ? « C’est très dif­fi­cile à dire. En­tre­te­nir une re­la­tion avec quel­qu’un avec le­quel on ne vit pas re­groupe une telle di­ver­si­té de si­tua­tions », ditAr­naud Ré­gnier-Loi­lier, au­teur de l’étude, qui planche avec une poi­gnée d’au- tres cher­cheurs sur le su­jet de­puis une ving­taine d’an­nées. Il convient, de fait, de mettre de cô­té ceux qui ont tou­jours exis­té : les 60 % d’amou­reux non co­ha­bi­tants qui ont moins de 28 ans. Ceux-là tâ­tonnent, at­tendent la fin de leurs études, le pre­mier CDI ou la bague au doigt, na­viguent en­core entre la ci­té U et le foyer pa­ren­tal et fi­nissent presque tou­jours par si­gner un bail à deux, même si c’est un peu plus tard que leurs pa­rents.

« Les plus so­cio­lo­gi­que­ment in­té­res­sants, même si leur nombre n’évo­lue pas ou pas en­core si­gni­fi­ca­ti­ve­ment, ce sont les plus âgés. » Les « échau­dés » de la sé­pa­ra­tion, sou­vent dé­jà pa­rents, qui se pré­servent et s’ac­com­modent, plus ou moins long­temps, d’un cha­cun chez soi pru­dent. Et… les se­niors. Car au risque d’écor­ner des idées re­çues, ne pas s’ins­tal­ler en­semble quand on en­tre­tient une liai­son au long cours est plus fré­quem­ment choi­si, qu’il n’y pa­raît. Et pas par des jeunes gens in­di­vi­dua­listes, dif­fi­ciles ou contes­ta­taires, mais bien par des Fran­çais qui ont dé­jà fait le tour du couple… et eux, pour le coup, le ré­in­ventent à leur ma­nière.

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