L’in­dem­ni­sa­tion des 400 vic­times se pour­suit

Le dé­raille­ment du Pa­ris-Li­moges, qui a fait 7 morts en 2013, a tou­ché di­rec­te­ment ou in­di­rec­te­ment 400 per­sonnes. Grâce à un dis­po­si­tif ex­cep­tion­nel, les pre­mières in­dem­ni­sa­tions ont été ver­sées.

Le Parisien (Paris) - - LA UNE - Evry (Es­sonne) FLORIAN LOISY

LE 12 JUILLET 2013, quelques mètres à peine avant d’en­trer en gare de Bré­ti­gny-sur-Orge (Es­sonne), le train Co­rail re­liant Pa­ris à Li­moges dé­raillait. Sept per­sonnes trou­vaient la mort dans la ca­tas­trophe qui a fait aus­si des di­zaines de bles­sés.

Deux ans et de­mi plus tard, l’en­quête ju­di­ciaire est tou­jours en cours. Le vo­let ad­mi­nis­tra­tif et hu­main de ce drame est bien plus avan­cé. Tous les bles­sés ont re­çu un pre­mier ver­se­ment, et la moi­tié a été en­tiè­re­ment in­dem­ni­sée. Une ra­pi­di­té per­mise par une conven­tion très fa­vo­rable aux vic­times. Ain­si, même si des bles­sés re­fusent l’offre de la SNCF pour le pré­ju­dice su­bi, ils re­çoivent 80 % de la somme pro­po­sée en tant que pro­vi­sion. La SNCF a d’ailleurs im­mé­dia­te­ment ac­cep­té d’en­dos­ser la res­pon­sa­bi­li­té du drame, ce qui a per­mis de mettre en place ce dis­po­si­tif. Pour la pre­mière fois, le co­or­don­na­teur na­tio­nal nom­mé par le gou­ver­ne­ment, Phi­lippe Cèbe, fait le point sur ce dos­sier. n222 de­mandes de ré­pa­ra­tion d’un pré­ju­dice. Lors du dé­raille­ment, six pas­sa­gers sont morts sur le coup, un autre après deux se­maines d’hos­pi­ta­li­sa­tion. 70 ont été griè­ve­ment bles­sés. Au­jourd’hui, 222 per­sonnes ont dé­cla­ré un pré­ju­dice cor­po­rel, qui peut être d’ordre phy­sique ou psy­cho­lo­gique. « Ce chiffre a aug­men­té ces der­niers mois, dé­taille Phi­lippe Cèbe. C’est illus­tra­tif du stress post-trau­ma­tique : les troubles ex­trê­me­ment han­di­ca­pants se dé­clenchent par­fois long­temps après les faits. » 94 per­sonnes ont été exa­mi­nées par un psy­chiatre. Un peu plus de 400 per­sonnes ont été concer­nées de près ou de loin, en tant que vic­times, par cette ca­tas­trophe. Le cas des sept per­sonnes dé­cé­dées et de leurs ayants droit a fait l’ob­jet d’un trai­te­ment à part. n191 bles­sés dont l’état n’em­pi­re­ra plus. Une ex­per­tise mé­di­cale a dé­jà été lan­cée au­près de 212 des 222 vic­times ayant dé­cla­ré un pré­ju­dice. Deux ans et de­mi après l’ac­ci­dent, 191 d’entre elles sont consi­dé­rées comme « conso­li­dées ». C’est-àdire que leur état n’em­pi­re­ra plus. Même si elles peuvent en­core res­sen­tir des souf­frances. n116 vic­times in­dem­ni­sées. La qua­si-to­ta­li­té des bles­sés a re­çu au moins une offre de la part du cour­tier man­da­té par l’as­su­reur de la SNCF. 116 vic­times l’ont ac­cep­tée. « Ce­la leur per­met de tour­ner la page, psy­cho­lo­gi­que­ment et sur le plan de la pro­cé­dure ad­mi­nis­tra­tive en tout cas », glisse Phi­lippe Cèbe.

Au­cun ba­rème n’est ap­pli­qué et tout est es­ti­mé au cas par cas. Néan­moins, se­lon les pre­miers re­tours des vic­times, celles qui ont été tou­chées « seule­ment » psy­cho­lo­gi­que­ment au­raient per­çu entre 10 000 et 50 000 € en moyenne, et les per­sonnes bles­sées phy­si­que­ment ne re­ce­vraient pas moins de 40 000 €. Des sommes payées di­rec­te­ment par la SNCF. Se­lon nos in­for­ma­tions, la fille d’une voya­geuse dé­cé­dée a ac­cep­té l’offre de 30 000 €. nUne clause d’as­su­rance uti­li­sée pour la pre­mière fois. « Perte de confiance dans le fonc­tion­ne­ment de la so­cié­té » : la fi­liale de l’as­su­reur Axa a fait va­loir ce pré­ju­dice per­ma­nent pour la pre­mière fois en France. « Elle s’ex­plique par les nom­breuses per­sonnes trau­ma­ti­sées qui ne peuvent plus prendre un train ou même pas­ser près d’une gare, rap­porte Phi­lippe Cèbe. Les vic­times ont donc per­çu un peu plus que dans le cadre d’un ac­ci­dent ha­bi­tuel. »

(LP/Ar­naud Jour­nois/SDIS 91.)

Bré­ti­gny-sur-Orge (Es­sonne), le 12 juillet 2013. A son pas­sage en gare, le train Pa­ris-Li­moges a dé­raillé à cause d’une éclisse dé­fec­tueuse.

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