L’op­po­si­tion « fan­tôme » des so­cia­listes

Le Parisien (Paris) - - POLITIQUE - Ma­rie-Ar­lette Car­lot­ti, ex-conseillère ré­gio­nale É.H. ET MARC LERAS (À MAR­SEILLE)

COM­MENT ten­ter d’in­car­ner l’op­po­si­tion quand on n’a au­cun élu au con­seil ré­gio­nal ? En créant un « sha­dow ca­bi­net ». En d’autres termes, un « ca­bi­net fan­tôme » ou un « con­seil ré­gio­nal bis ». Hier, l’ex-tête de liste PS Pierre de Sain­ti­gnon a lan­cé cette idée, une tra­di­tion de la vie po­li­tique bri­tan­nique qui pour­rait être re­prise éga­le­ment par les so­cia­listes de Paca. « Ce sont des per­sonnes qui vont suivre les dé­ci­sions prises par le nou­vel exé­cu­tif ré­gio­nal et tra­vailler sur des pro­po­si­tions », confie Sain­ti­gnon, qui va donc en prendre la tête. Concrè­te­ment, Xa­vier Ber­trand, élu pré­sident (LR) de ré­gion le 4 jan­vier pro­chain, se­ra pla­cé sous sur­veillance. Chaque com­pé­tence du con­seil ré­gio­nal (trans­ports, for­ma­tion pro­fes­sion­nelle, ly­cées…) se­ra ain­si entre les mains d’un so­cia­liste « vice-pré­sident fan­tôme », évi­dem­ment non in­dem­ni­sé. En re­ti­rant sa liste au soir du pre­mier tour, le PS a certes fait bar­rage à Ma­rine Le Pen. Mais la gauche s’est aus­si pri­vée d’élus et, à la ré­gion, la seule op­po­si­tion exis­tante est dé­sor­mais in­car­née par le Front na­tio­nal.

Si­tua­tion iden­tique en Paca. Hier, les so­cia- listes ont as­sis­té à l’in­tro­ni­sa­tion du nou­veau pré­sident, Ch­ris­tian Es­tro­si… de­puis les tri­bunes du con­seil ré­gio­nal. « Ce­la fait un pin­ce­ment au coeur de voir cet hé­mi­cycle par­ta­gé ex­clu­si­ve­ment entre la droite et le FN, confie l’ex-conseillère ré­gio­nale Ma­rie-Ar­lette Car­lot­ti. Le plus dur a été le mo­ment de l’ap­pel des élus, quand au­cun des noms de nos amis n’a été pro­non­cé. » Dans son dis­cours, Es­tro­si a de nou­veau sa­lué « ceux qui ont fait le choix de ne pas sié­ger dans cette en­ceinte », la gauche ayant dé­ci­dé de se re­ti­rer dès le soir du pre­mier tour. Et le pré­sident de don­ner quelques gages : un « co­mi­té des sages » et « un con­seil des ter­ri­toires » où la gauche se­ra re­pré­sen­tée, mais à titre pu­re­ment consul­ta­tif. D’où l’idée de Ch­ris­tophe Cas­ta­ner de mettre aus­si en place un « sha­dow ca­bi­net » com­po­sé de « tous les par­te­naires de gauche, les élus sor­tants, les vice-pré­si­dents ». Ob­jec­tif : scru­ter toutes les pro­po­si­tions de la nou­velle ma­jo­ri­té. « Il y a au­jourd’hui un en­ga­ge­ment, une obli­ga­tion ré­pu­bli­caine, qui dé­passe Ch­ris­tian Es­tro­si », a mar­te­lé l’ex-tête de liste PS.

« Ce­la fait mal au coeur de voir cet hé­mi­cycle par­ta­gé

entre la droite et le FN »

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