Et si le Front na­tio­nal re­niait son nom ?

Après les ré­gio­nales qui n’ont pas per­mis au FN de ga­gner une ré­gion, Ma­rine Le Pen s’in­ter­roge à nou­veau sur l’op­por­tu­ni­té de chan­ger le nom du par­ti.

Le Parisien (Paris) - - POLITIQUE - Ma­rine Le Pen VA­LÉ­RIE HACOT ET PAU­LINE THÉVENIAUD

LE SER­PENT DE MER re­fait sur­face ! C’est Ma­rine Le Pen elle-même qui a rou­vert le dé­bat lun­di der­nier, en bu­reau po­li­tique. « Même la ques­tion du chan­ge­ment de nom, il ne faut pas que ce soit ta­bou », a-t-elle lan­cé, mine de rien. « Ce se­ra abor­dé, par­mi d’autres su­jets, lors de notre sé­mi­naire de dé­but d’an­née, nous confirme-t-elle. On avait dé­jà évo­qué l’idée en 2014, mais à l’époque, Le Pen avait dit : Moi vi­vant, ce­la ne se fe­ra ja­mais. » De­puis, le pa­triarche a été évin­cé. Alors que di­manche der­nier, le FN s’est une nou­velle fois heur­té au pla­fond de verre lors du se­cond tour des élec­tions ré­gio­nales, la pré­si­dente du par­ti livre cette ana­lyse : « Le Front na­tio­nal c’est un nom qui a une forte his­toire. Il re­pré­sente une li­mite dans la tête de cer­tains élec­teurs, car il est tou­jours dia­bo­li­sé. » Même son de cloche du cô­té de Gil­bert Col­lard, qui mi­lite de­puis long­temps en ce sens. « Il faut en­le­ver aux so­cia­listes et aux Ré­pu­bli­cains toutes les armes qui leur per­mettent de nous faire pas­ser pour des fa- chos », plaide le dé­pu­té du Gard. « Est-ce qu’on est ca­pables d’abattre les cli­chés avec la même éti­quette ? C’est un dé­bat que l’on doit avoir », juge éga­le­ment le nu­mé­ro deux du par­ti, Florian Philippot.

A Nan­terre pour­tant, le chan­ge­ment de nom est loin de faire l’una­ni­mi­té. Jean-Fran­çois Jalkh, vi­ce­pré­sident du par­ti en charge des af­faires ju­ri­diques, est plus que ré­ser­vé. « On n’est pas pris de crise d’épi­lep­sie à cette idée, mais est-ce le mo­ment op­por­tun ? » in­ter­roge ce­lui qui a dé­po­sé les noms Front na­tio­nal et Ras­sem­ble­ment Bleu Ma­rine à l’Ins­ti­tut na­tio­nal de la pro­prié­té in­dus­trielle (Inpi). Ber­nard Mo­not, membre du bu­reau po­li­tique, éco­no­miste du FN, y est pour sa part « 100 % op­po­sé ». « Une grande marque, quand elle gagne, elle ne change pas de nom », tem­pête-t-il. « Si l’Oran­gi­na passe du jaune au vert, les gens ne le re­trouvent plus dans le su­per­mar­ché », ré­sume Jalkh.

De toute fa­çon, rien n’est en­core ar­rê- té. Une cer­ti­tude : il n’a ja­mais été ques­tion de re­nom­mer le par­ti les Pa­triotes. « Nous avions dé­po­sé cette marque pour notre ré­seau so­cial, mais nous n’avons ja­mais son­gé à l’adop­ter pour dé­si­gner notre mou­ve­ment », éva­cue Ma­rine Le Pen. Jalkh a, il y a des an­nées, dé­po­sé Union pa­trio­tique par pré­cau­tion. Quant à Gil­bert Col­lard, il confie, non sans gour­man­dise, avoir en­re­gis­tré… Front na­tio­nal ré­pu­bli­cain. Un clin d’oeil plus qu’une vé­ri­table piste. Wal­le­rand de Saint Just, lui, ai­me­rait bien gar­der le terme « na­tio­nal »…

« Pas ques­tion de faire comme les Ré­pu­bli­cains. Si on change de nom, ce­la cor­res­pon­dra à une nou­velle étape dans la vie du par­ti, à un ras­sem­ble­ment plus vaste », es­time Ma­rine Le Pen. Un cadre ré­sume : « Ça peut se faire soit après un grand suc­cès élec­to­ral, soit si on est ral­liés par d’autres for­ma­tions. » Pas avant 2017, a prio­ri. « La pré­si­den­tielle c’est l’élec­tion d’une per­son­na­li­té, pas d’un par­ti », ana­lyse Ma­rine Le Pen. Pour chan­ger de nom, il fau­drait de toute fa­çon pas­ser par un congrès. Et le pro­chain est en 2018.

« C’est un nom qui a une forte his­toire. Il re­pré­sente une li­mite dans la tête de cer­tains élec­teurs. »

@vha­cot1, @Pau­li­ne_Th

Le Front na­tio­nal doit-il chan­ger

de nom ? La ré­ponse ne fait pas l’una­ni­mi­té au sein du par­ti...

«Pour­quoi pas ?»

«Non !»

Philippot)

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