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Maire mu­sul­man et homme d’af­faires « ca­sher »

Le Parisien (Paris) - - LE MONDE BOUGE - Deir el-As­sad (Is­raël) De notre en­voyée spé­ciale N.R.

A une cin­quan­taine de ki­lo­mètres d’Haï­fa, le vil­lage de Deir el-As­sad (12 000 ha­bi­tants) ne se pose pas la ques­tion de la co­exis­tence entre les com­mu­nau­tés : 100 % de sa po­pu­la­tion est mu­sul­mane. Ahmed Dab­bah, 60 ans, maire et membre d’Avo­da (Par­ti tra­vailliste), pra­tique la mixi­té d’abord dans ses af­faires. Son conglo­mé­rat, Sa­leh Dab­bah and Sons, gère des su­per­mar­chés et sur­tout le plus grand abat­toir d’Is­raël. Pour gar­nir les rayons bou­che­rie de l’Etat hé­breu, ce mu­sul­man tra­vaille se­lon le rite juif ca­sher. Po­li­ti­que­ment, Ahmed Dab­bah est tout aus­si in­clas­sable. Pre­mier dé­pu­té arabe du par­ti cen­triste Ka­di­ma, il a per­du son siège en 2013. Mais il a ai­dé cette for­ma­tion créée par Ariel Sha­ron à conqué­rir les voix arabes. Il émarge dé­sor­mais chez les tra­vaillistes. Ce­pen­dant, le re­tour sur in­ves­tis­se­ment n’est pas à la hau­teur de ses es­pé­rances. « La po­pu­la­tion arabe n’en re­tire rien », grince l’édile. Son vil­lage vi­vote avec un bud­get de 9 mil­lions de she­kels (2,1 M€). « Je suis pour la co­exis­tence, ré­pète-il mé­ca­ni­que­ment. Nous n’avons pas d’autre choix car nous vou­lons vivre en paix. Mais s’il n’y a pas d’Etat pa­les­ti­nien, il n’y au­ra pas de paix. Les Juifs d’Is­raël doivent pro­mou­voir l’éga­li­té des droits. »

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