Troyes veut évi­ter le zé­ro poin­té

Ligue 1.

Le Parisien (Paris) - - SPORTS - Troyes (Aube) De notre en­voyé spé­cial CH­RIS­TOPHE BÉRARD

C’EST UN BON­NET D’ÂNE qui brûle les crânes et qu’au­cun joueur n’a en­vie d’ar­bo­rer : ce­lui de la pire équipe de L 1 de l’his­toire du football fran­çais. Et pour­tant, ce soir, les Troyens pour­raient bien le coif­fer. S’ils ne battent pas Mo­na­co, ils de­vien­dront le pre­mier club à ne pas avoir rem­por­té la moindre ren­contre lors des matchs al­ler ! Ils dé­pas­se­raient alors le Stade bres­tois qui, en 1979, avait at­ten­du la 19e jour­née pour l’em­por­ter (voir ci-des­sous).

Pour­tant, si un pro­fane s’était aven­tu­ré cette se­maine à l’en­traî­ne­ment des Au­bois, il n’au­rait ja­mais son­gé voir une for­ma­tion en train de se battre contre le ri­di­cule. C’est dans la bonne hu­meur et avec le sou­rire que Troyes a pré­pa­ré son match. Bien sûr, tout le monde a com­pris que la re­lé­ga­tion était qua­si­ment iné­luc­table avec 12 points de re­tard sur le pre­mier non-re­lé­gable. Mais la com­ba­ti­vi­té est là. « On ne veut ab­so­lu­ment pas de ce re­cord, tranche Ben­ja­min Ni­vet, le ca­pi­taine. Pas ques­tion d’en­trer dans l’his­toire comme ce­la. Ce­la fait plu­sieurs se­maines qu’on nous parle de cette pos­si­bi­li­té. On y est. Mais sin­cè­re­ment, je sens le groupe très mo­ti­vé. » Paul Ber­nar­do­ni, le jeune gar­dien, veut aus­si du haut de ses 18 ans po­si­ti­ver. « Je ne sais pas pour­quoi mais je n’ima­gine vrai­ment pas autre chose qu’un pre­mier suc­cès. »

Le la­té­ral Ch­ris Ma­vin­ga est un peu plus aga­cé par le su­jet. « Je sais par­fai­te­ment ce que disent les gens au­tour du club, lâche-t-il un peu sè­che­ment. Mais les gens ne sont pas sur le ter­rain. Ce triste re­cord, on ne le dé­cro­che­ra pas. Ce qui me rend op­ti­miste, c’est qu’il y a très peu de matchs où nous avons été sur­clas­sés. Ce­la s’est par­fois joué à rien et on mé­ri­tait quelques vic­toires. Ça va ve­nir. » Un état d’es­prit iden­tique à ce­lui de Claude Ro­bin, le nou­vel en­traî- neur après le dé­part de Jean-Marc Fur­lan le 3 dé­cembre. La se­maine der­nière, Ro­bin avait lan­cé en salle de presse : « Ou­bliez ce re­cord car on va battre Mo­na­co ! » Quelques jours plus tard, il dé­crypte cette an­nonce :

« En fait, ce­la me fa­ti­guait un peu d’en­tendre ça et j’ai vou­lu lan­cer un mes­sage re­mo­bi­li­sa­teur à tout le monde. Et j’étais aus­si sin­cère. J’ai vrai­ment le pres­sen­ti­ment qu’on va en­fin ga­gner. A un mo­ment, le foot ré­com­pense ceux qui le mé­ritent et mes joueurs en font par­tie. »

Mais le plus mo­ti­vé s’ap­pelle Jes­sy Pi. Le mi­lieu troyen est prê­té cette an­née par… Mo­na­co. « Ce match, tout le monde en parle de­puis des se­maines ici, re­con­naît-il. Moi, j’ai co­ché cette date de­puis que le ca­len­drier est sor­ti. Mo­na­co, c’est mon club. J’ai en­core échan­gé par tex­tos avec des joueurs cette se­maine. Pas ques­tion de me faire cham­brer après le match. » Au­tour du ter­rain d’en­traî­ne­ment, Hen­ri, un sup­por­teur, re­garde les joueurs re­ga­gner les vestiaires et lâche, sou­rire en coin : « Ces mecs-là, on re­par­le­ra peut-être en­core d’eux dans cin­quante ans. Parce que même le PSG, il est pas près de battre leur re­cord ! »

Troyes (Aube), hier. Mal­gré la pres­sion, les Troyens étaient dé­ten­dus en s’en­traî­nant la veille d’un match ca­pi­tal face à Mo­na­co.

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