L’émo­tion de Jean-Paul Hu­chon

Le Parisien (Paris) - - PARIS - BER­TRAND SCH­NEI­DER F.C.

IL EST UN PEU PLUS 13 HEURES hier. JeanPaul Hu­chon des­cend les marches du per­ron de l’hô­tel de ré­gion après la pas­sa­tion de pou­voir. Il n’est plus le pré­sident de l’Ile-de-France, lui qui rê­vait de rem­pi­ler et qui n’a même pas eu le droit de dé­fendre ses chances, les so­cia­listes ayant pré­fé­ré en­voyer le sol­dat Bar­to­lone au front pour le ré­sul­tat que l’on sait…

L’émo­tion est pal­pable. Em­bras­sades, larmes plus ou moins conte­nues par­mi ses col­la­bo­ra­teurs ve­nus lui faire une haie d’hon­neur. Jean-Paul, comme ils l’ap­pellent af­fec­tueu­se­ment, s’en­gouffre dans une voi­ture. Voi­là, c’est fi­ni. Une page de 17 ans se tourne, presque bru­ta­le­ment.

Son der­nier dis­cours, im­pro­vi­sé, ré­sonne en­core : « Hu­ma­ni­té et bien­veillance sont les deux mots sur les­quels je vous quitte. J’ai tou­jours cher­ché à tra­vailler dans un es­prit consen­suel. Va­lé­rie [Pé­cresse], vous avez avec vous de for­mi­dables fonc­tion­naires. Notre ré­gion est de­ve­nue un grand vais­seau in­con­tour­nable. Il va fal­loir conti­nuer à ser­vir l’in­té­rêt gé­né­ral.Soyons fiers de ce que l’on a fait en­semble. 17 ans, ça marque une vie, c’était un grand bon­heur. Mer­ci beau­coup… » Va­lé­rie Pé­cresse clôt la cé­ré­mo­nie par un com­pli­ment à son ex-ri­val : « On ne peut vous re­ti­rer votre en­ga­ge­ment to­tal pour la Ré­gion. Cher Jean-Paul, très bon vent pour les nou­velles aven­tures qui vous at­tendent. » Il pour­rait être char­gé par le gou­ver­ne­ment d’une mis­sion pour do­per le tou­risme en Ile-deF­rance.

place est bonne. « Ah je ne sais pas si je vais rendre la place ! » s’est écrié le FN Jean-Mi­chel Du­bois, qui, en tant que doyen de la nou­velle as­sem­blée, pré­si­dait cette pre­mière séance comme le veut la loi. Un éphé­mère pré­sident qui en a par ailleurs aga­cé plus d’un en écor­chant al­lé­gre­ment de nom­breux pa­tro­nymes au mo­ment de les ap­pe­ler à ve­nir vo­ter.

un traître ? Mais à qui ap­par­tiennent les deux voix fai­sant dé­faut à Va­lé­rie Pé­cresse ? A gauche, on se fai­sait un plai­sir de le sou­li­gner : « Vous avez vu qu’il manque deux bul­le­tins à Pé­cresse ? La division com­mence… » En fait, l’un des suf­frages man­quant pour­rait être ce­lui de la can­di­date elle-même. « Il est de tra­di­tion de ne pas vo­ter pour soi-même » com­mente un élu. Reste donc, un vo­tant mys­tère… élu de la liste LRUDI-Mo­dem mais s’étant abs­te­nu lors du vote en fa­veur de la pré­si­dente. Cer­tains évoquent les mé­con­ten­te­ments pro­vo­qués par le choix de quelques vice-pré­si­dences, comme celle de Di­dier Ba­ria­ni, élu pa­ri­sien UDI de Pa­ris âgé de 72 ans.

L’union des trans­ports. « Je n’au­rais pas mieux choi­si. » Pierre Serne, ex-vice-pré­sident EELV char­gé des trans­ports, trouve que le choix de Sté­phane Beau­det (LR) pour lui suc­cé­der à droite est le meilleur. Il sou­haite même lui trans­mettre en per­sonne quelques car­tons de dos­siers en cours. « Mais at­ten­tion, je vais comp­ter une à une les nou­velles rames an­non­cées par Va­lé­rie Pé­cresse… » pré­vient-il.

« Hu­ma­ni­té et bien­veillance sont les deux mots sur les­quels

je vous quitte »

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.