18 ados portent plainte pour vio­lences po­li­cières

Le Parisien (Paris) - - PARIS - BE­NOIT HASSE

DES CONTRÔLES D’IDEN­TI­TÉ à ré­pé­ti­tion qui dé­rapent, des in­sultes ra­cistes, des hu­mi­lia­tions et même des vio­lences phy­siques ou sexuelles com­mises par des po­li­ciers… Voi­là la liste non ex­haus­tive des faits consi­gnés dans la plainte que des ado­les­cents du quar­tier de Reuilly (XIIe) viennent de dé­po­ser au­près du par­quet de Pa­ris.

Les plai­gnants — seize gar­çons et deux filles, âgés de 12 à 18 ans et presque tous « is­sus de l’im­mi­gra­tion » — au­raient été la cible d’un vé­ri­table har­cè­le­ment po­li­cier. La plainte a été dé­po­sée contre X mais, se­lon un proche du dos­sier, elle vise as­sez di­rec­te­ment une di­zaine de fonc­tion­naires de la bri­gade sou­tien de quar­tier du com­mis­sa­riat lo­cal qui au­raient fait de cer­tains jeunes leurs souffre-dou­leur.

Echec de la mé­dia­tion

Se­lon le jour­nal « le Monde », qui ré­vèle la pro­cé­dure dans son édi­tion de ce sa­me­di, les pre­miers in­ci­dents re­montent à l’été 2013. Cer­tains des ados qui s’en di­saient vic­times avaient d’ailleurs aler­té les édu­ca­teurs de quar­tier. Mais les ten­ta­tives de mé­dia­tion me­nées à l’époque entre tra­vailleurs so­ciaux et au­to­ri­té po­li­cière se se­raient sol­dées par des nou­velles re­pré­sailles.

Sou­te­nus par l’ONG Open so­cie­ty (qui lutte contre les contrôles au fa­ciès), les ados ont alors été in­ci­tés à al­ler en jus­tice et à ra­con­ter leurs his­toires à des avo­cats. Cer­tains jeunes ont fait état de pal­pa­tion de sécurité se ter­mi­nant par « un doigt dans les fesses ». D’autres ont in­di­qué avoir été contraints de se désha­biller de­vant les po­li­ciers. D’autres en­core ont évo­qué des coups ou l’uti­li­sa­tion de bombes la­cry­mo­gènes lors­qu’ils n’étaient pas as­sez do­ciles du­rant les contrôles.

« La réa­li­té des faits dans les af­faires de dis­cri­mi­na­tions est tou­jours très dif­fi­cile à éta­blir. C’est la pa­role des uns contre celle des autres », ex­plique Me Slim Ben Achour, l’un des deux avo­cats des jeunes plai­gnants qui tra­vaille sur le dos­sier de­puis un an. « Nous les avons tous vus sé­pa­ré­ment et à plu­sieurs re­prises. Leurs ré­cits sont ex­trê­me­ment co­hé­rents », as­sure l’avo­cat en pré­ci­sant qu’il n’a re­te­nu dans la plainte que des faits « qui peuvent être confir­més par des té­moins ».

Contac­tée hier, la pré­fec­ture de po­lice n’a sou­hai­té faire au­cun com­men­taire sur ce dos­sier. Le par­quet de Pa­ris, lui, a confir­mé que la plainte re­çue jeu­di avait don­né lieu à l’ou­ver­ture d’une en­quête pré­li­mi­naire dès le len­de­main. L’IGPN (Ins­pec­tion gé­né­rale de la po­lice na­tio­nale) a été char­gée du dos­sier.

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