« Nous re­cher­chons des lieux d’hé­ber­ge­ment »

Le Parisien (Paris) - - PARIS - Pro­pos recueillis par J.-G.B. JEAN-GA­BRIEL BONTINCK

PORTE-PA­ROLE DU PLAN SEN­TI­NELLE, le co­lo­nel Be­noît Bru­lon co­or­donne le dé­ploie­ment des mi­li­taires de­puis les at­ten­tats de jan­vier. Com­bien de sol­dats sont dé­ployés sur le ter­rain ? BE­NOIT BRU­LON. 10 000 hommes sur tout le ter­ri­toire na­tio­nal, dont 6 500 en Ile-de-France. En termes d’ef­fec­tifs, nous sommes re­ve­nus au dis­po­si­tif Sen­ti­nelle en place après les at­ten­tats de jan­vier, mais sur des mis­sions plus dy­na­miques. Le nombre de sol­dats mo­bi­li­sés était des­cen­du de 7 000 à 4 000 en Ile-deF­rance à par­tir d’avril, en rai­son d’une adap­ta­tion du dis­po­si­tif. Quelles sont leurs mis­sions ? Elles sont de trois ordres : Vi­gi­pi­rate tra­di­tion­nel (sur­veillance des lieux à forte fré­quen­ta­tion, gares, aé­ro­ports), sur­veillance des lieux de culte, no­tam­ment is­raé­lites, et pa- trouilles mo­biles sur de nou­veaux sites (écoles, hô­pi­taux, zone com­mer­ciale). Par rap­port à jan­vier, la cou­ver­ture est plus large et plus ef­fi­cace. Nous lais­sons beau­coup de li­ber­té aux ca­pi­taines sur le ter­rain. Par exemple, ils peuvent al­ler en se­maine de­vant des écoles et le week-end dans des zones com­mer­ciales, al­ler de­vant une sy­na­gogue pen­dant les cultes puis faire une gare RER à l’heure de pointe. L’ob­jec­tif est d’être moins « pré­dic­tible », tout en ga­ran­tis­sant à la com­mu­nau­té is­raé­lite le même ni­veau de pro­tec­tion. On s’adapte à la me­nace. Où sont-ils hé­ber­gés ? C’est le prin­ci­pal pro­blème. En Ilede-France, ils sont ré­par­tis sur une quin­zaine de sites. Nous sommes à la re­cherche d’autres lieux d’hé­ber­ge­ment, qui soient à la fois as­sez proches des sites à sur­veiller et avec un confort mi­ni­mal. Il faut aus­si qu’ils soient sé­cu­ri­sés, car nos troupes ne doivent pas pas­ser leur temps à se pro­té­ger. Nous dis­cu­tons avec des mai­ries, des forces de sécurité in­té­rieure ou les pom­piers de Pa­ris. Quel est le mo­ral des troupes ? Il est bon. No­tam­ment parce que cette mo­bi­li­té rend la mis­sion plus in­té­res­sante. Ce n’est pas tou­jours fa­cile car les sol­dats sont très sol­li­ci­tés, mais on a af­faire à des pro­fes­sion­nels. Cer­tains re­viennent de six mois en Cen­tra­frique, et en­chaînent avec Sen­ti­nelle pour des ro­ta­tions de six se­maines. Pen­dant cette pé­riode, ils ont en­vi­ron deux jours de re­pos par se­maine. Ils peuvent pas­ser du temps à faire de l’ins­truc­tion, du sport et peuvent aus­si se dé­tendre. Nous es­sayons de leur avoir des places pour des spec­tacles. un peu pour ces mi­li­taires aguer­ris qui ont dû in­ter­ve­nir en ur­gence pour sé­cu­ri­ser la zone de Saint-De­nis lors de l’as­saut du Raid.

En de­hors de ces in­ter­ven­tions ex­cep­tion­nelles, la mis­sion de ces mi­li­taires consiste sur­tout à ef­fec­tuer des pa­trouilles sur des sites sen­sibles, par groupe de trois (lire ci-contre). « Chaque sol­dat est équi­pé d’un fu­sil d’as­saut Fa­mas, d’un gi­let pare-balles et de bombes la­cry­mo­gènes. Le plus gra­dé des trois a aus­si un pis­to­let au­to­ma­tique », dé­taille Thi­baut.

Pas tou­jours fa­cile de pa­trouiller avec tout cet at­ti­rail. « On fait des pa­trouilles de 2 heures à 6 heures. On sait quand on part, on ne sait pas quand on re­vient », souffle Guillaume. Dans ces condi­tions, les temps de pause sont pré­cieux. Dans sa cham­brée, il a ins­tal­lé une té­lé­vi­sion sur une table, au-des­sous des fu­sils d’as­saut soi­gneu­se­ment ali­gnés.

Les jours de re­lâche, les mi­li­taires en pro­fitent pour faire du sport, ou suivre des ins­truc­tions sur le com­bat ou le ma­nie­ment des armes. Ils s’offrent aus­si par­fois des vi­rées en ville. Mais gare aux ex­cès : il leur fau­dra ren­trer avant 23 heures dans l’en­ceinte sé­cu­ri­sée du Fort.

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le­pa­ri­sien.fr/77 Le quo­ti­dien des sol­dats du plan Sen­ti­nelle au Fort de l’Est

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