FMI : la re­vanche des « pe­tits »

Le Parisien (Paris) - - ACTUALITÉ - CA­THE­RINE GASTE

RE­DIS­TRI­BU­TION des cartes au sein du Fonds mo­né­taire in­ter­na­tio­nal (FMI) ! Face aux pays dé­ve­lop­pés, les grands pays émer­gents viennent de ga­gner une ba­taille im­por­tante sur le plan fi­nan­cier. De nou­velles règles du jeu vont per­mettre à la Chine, l’Inde, le Bré­sil et la Rus­sie de ren­for­cer leur poids au sein de l’or­ga­ni­sa­tion in­ter­na­tio­nale char­gée de ren­flouer les pays en dif­fi­cul­té. Après des an­nées de blo­cage, le Congrès amé­ri­cain a en ef­fet va­li­dé ven­dre­di la ré­forme du FMI qui avait été adop­tée en 2010 en pleine crise fi­nan­cière — elle de­vait alors être ap­pli­quée… d’ur­gence. De quoi s’agit-il pré­ci­sé­ment ? Dans les faits, les voix des « pe­tits » pè­se­ront do­ré­na­vant plus lourd lorsque les 188 pays membres pas­se­ront aux votes, qu’il s’agisse de dé­ci­der d’ai­der fi­nan­ciè­re­ment un pays ou de pro­mou­voir la sta­bi­li­té des changes. Ain­si la Chine, qui dis­po­sait de moins de 4 % de droits de vote, pas­se­ra à 6,1 %, l’Inde de 2,3 à 2,6 %, la Rus­sie de 2,4 à 2,6 % et le Bré­sil de 1,7 à 2,2 %. Une opé­ra­tion ga­gnante aus­si pour le FMI, puisque les res­sources per­ma­nentes (ap­pe­lées quotes-parts) de l’or­ga­ni­sa­tion vont dou­bler : elles pas­se­ront de 330 à 660 Mds$.

nou­vel échi­quier éco­no­mique mon­dial. At­ten­due par la com­mu­nau­té in­ter­na­tio­nale de­puis quatre ans, cette ré­forme doit per­mettre à l’ins­ti­tu­tion fon­dée en 1944 de mieux re­flé­ter les forces éco­no­miques ac­tuelles, et donc de ga­gner en lé­gi­ti­mi­té. De­puis la crise fi­nan­cière de 2008-2009, la Chine, la Rus­sie, l’Inde et le Bré­sil pèsent

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beau­coup plus lourd dans le jeu fi­nan­cier. « Le feu vert du Congrès des Etats-Unis ren­for­ce­ra le FMI dans son rôle de ga­rant de la sta­bi­li­té fi­nan­cière mon­diale », s’est ré­jouie la di­rec­trice gé­né­rale du FMI, la Fran­çaise Ch­ris­tine La­garde, en qui l’ins­ti­tu­tion vient de re­nou­ve­ler sa confiance, en dé­pit de ses en­nuis ju­di­ciaires dans le dos­sier Ta­pie.

Etats-Unis gardent leur droit de ve­to. Avec 16,5 % des droits de vote, les Etats-Unis res­te­ront le pre­mier ac­tion­naire du FMI et conti­nue­ront d’avoir le der­nier mot quoi qu’il ar­rive, puis­qu’ils conservent leur droit de ve­to. Le Ja­pon main­tient sa po­si­tion de deuxième ac­tion­naire, avec 6,1 % des droits de vote.

Chine grand vain­queur, la France per­dante. Mais c’est Pé-

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kin dont le poids va presque dou­bler, à plus de 6 %, qui est le grand vain­queur de cette ré­forme. Les poids res­pec­tifs de l’Inde, de la Rus­sie et du Bré­sil s’ac­croissent éga­le­ment. Les grands pays eu­ro­péens en se­ront en re­vanche pour leurs frais. L’Al­le­magne passe au 4e rang des ac­tion­naires avec 5,3 % des droits de vote. Quant à la France et au Royaume-Uni, dont la part est ra­bo­tée à 4 %, ils se re­trouvent en queue du groupe des pays dits dé­ve­lop­pés.

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