Le jeûne, c’est après le ré­veillon

Les re­pas de fête, et leurs ki­los en plus, c’est d’abord du plai­sir. Pro­fi­tez-en, et sui­vez nos conseils pour éli­mi­ner plus vite.

Le Parisien (Paris) - - ACTUALITÉ - CLAU­DINE PROUST

MAIS SI, vous vous lais­se­rez ten­ter par le foie gras amou­reu­se­ment pré­pa­ré par la tante Ch­ris­tine. Oui, vous en­chaî­ne­rez sur les huîtres, sui­vies de l’in­com­pa­rable vo­laille mi­ton­née par pa­pa et ces fro­mages, dont votre soeur a or­ches­tré le pla­teau gar­gan­tuesque. Et oui, vous sa­vou­re­rez aus­si la bûche. Tant pis pour la ba­lance, dont vous pres­sen­tez les à-coups à l’orée de 2016. Près de la moi­tié des Fran­çais avouent s’at­tendre à prendre du poids (56 % même chez les moins de 35 ans), se­lon l’en­quête réa­li­sée pour l’as­so­cia­tion Me­nu* (Mou­ve­ment pour l’équi­libre nu­tri­tion­nel) et qui se­ra dé­voi­lée de­main. Rien de grave, as­sure le nu­tri­tion­niste Pierre Azam, à condi­tion de faire preuve d’un peu de mo­dé­ra­tion. n Gour­mands et lu­cides. Connais­seurs de leur corps et de leur coup de four­chette, les deux tiers de ceux qui an­ti­cipent le pe­tit bour­re­let gla­né au pied du sa­pin éva­luent ce gain de poids entre 1 et 2 kg. Mais le nu­tri­tion­niste re­lève aus­si dans l’en­quête Me­nu un désa­mour avoué pour les ré­gimes contrai­gnants, au bé­né­fice de so­lu­tions de bon sens comme man­ger moins pour 56 % des per­sonnes in­ter­ro­gées, et plus d’ac­ti­vi­té phy­si- que quo­ti­dienne pour 43 %. Les Fran­çais sont de­ve­nus moins cou­pables et plus lu­cides, confirme ce mé­de­cin qui ac­com­pagne des pa­tients en sur­poids. nMan­ger équi­li­bré le reste de l’an­née. Rien ne sert de se pri­ver d’ailleurs, in­siste le spé­cia­liste. Les fêtes sont un temps de « trans­gres­sion né­ces­saire : si ki­los il y a, ce se­ront des ki­los de plai­sir ! » De­puis ses cui­sines du Grand Véfour où il mi­tonne ses cé­lèbres ra­violes de foie gras, le svelte chef étoi­lé Guy Mar­tin, qui tra­vaille de longue date avec le nu­tri­tion­niste Mi­chel Chast sur le man­ger sain**, ne dit pas autre chose : « La pre­mière re­cette pour ce­la, c’est de man­ger… avec plai­sir ! L’équi­libre des me­nus, avec une nour­ri­ture di­ver­si­fiée et va­riée, au­tour de bons pro­duits, se joue au quo­ti­dien, sur l’an­née : il faut de temps en temps se lâ­cher sans pen­ser dié­té­tique », sou­rit-il, tout en conseillant de pen­ser à ma­rier le foie gras aux fruits, com­po­tée de pommes, poires ou coings et la pou­larde à des lé­gumes ra­cines, se­lon ce que le mar­ché du coin offre de pro­duits lo­caux et de sai­son. nMarche et bouillon. Ces deux se­maines ne sont d’ailleurs pas faites que d’agapes : on peut en pro­fi- ter pour s’aé­rer, mar­cher — il fait beau ! — et si l’on tra­vaille, pen­ser à prendre l’es­ca­lier plu­tôt que l’as­cen­seur. Et puis, ce pe­tit surplus de poids n’est pas si dur à éli­mi­ner. « Sur 2 kg pris en une telle oc­ca­sion, il n’y a gé­né­ra­le­ment que 400 g de graisse. Le reste, c’est de la ré­ten­tion d’eau, parce que l’on a man­gé plus sa­lé et plus riche », ras­sure le Dr Azam, qui in­vite à jeû­ner après plu­tôt qu’avant. « Ces grands re­pas sont sou­vent sui­vis de dî­ners de restes et de bouillons », ren­ché­rit le chef Mar­tin. Comme le mé­de­cin, il rap­pelle cette règle d’or : mo­dé­ra­tion vaut mieux que pri­va­tion, « on évite donc de se res­ser­vir ». Le pire en­ne­mi, sou­lignent les deux spé­cia­listes, reste l’al­cool en sur­abon­dance, « pour­voyeur in­vi­sible de ca­lo­ries, qui aug­mente l’ab­sorp­tion des graisses », ré­sume Pierre Azam. Le truc, pour trin­quer sans trin­quer ? « Un ou deux verres d’eau par verre d’al­cool… » * En­quête Har­ris in­ter­ac­tive réa­li­sée au­près de 1 840 Fran­çais âgés de 18 ans et plus. ** « Ré­in­ven­ter son ali­men­ta­tion en 300 re­cettes : la San­té et le bien-être sans frus­tra­tion » (Ed. Chêne, 24 €).

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