Femme traî­née par une voi­ture : trois in­ter­pel­la­tions

Le Parisien (Paris) - - ACTUALITÉ - Nantes (Loire-At­lan­tique) P.-B.V. THO­MAS POUPEAU

TROIS HOMMES âgés de 41, 37 et 23 ans ont été in­ter­pel­lés hier ma­tin dans la ré­gion nan­taise après le ter­rible sup­plice qu’a su­bi une femme de 43 ans, traî­née par une voi­ture sur près de 2 km jeu­di après­mi­di. Le ou les au­teurs des faits avaient ten­té de dis­si­mu­ler la Ford re­cher­chée par les forces de po­lice. Ils étaient hier soir tou­jours in­ter­ro­gés. Les en­quê­teurs doivent no­tam­ment dé­ter­mi­ner si le conduc­teur avait conscience que la pas­sa­gère qu’il ve­nait de battre à coups de poing était pri­son­nière de sa cein­ture de sécurité à l’ex­té­rieur du vé­hi­cule. Les po­li­ciers de­vront éga­le­ment éta­blir com­bien de per­sonnes se trou­vaient à bord de la voi­ture au mo­ment du drame. Cer­tains té­moins évoquent en ef­fet la pré­sence d’un pas­sa­ger. La vic­time, elle, lut­tait en­core hier soir contre la mort.

MAIRE de La Cio­tat (Bou­ches­du-Rhône) Pa­trick Bo­ré (LR) a été me­na­cé de mort ven­dre­di ain­si que sa femme par deux in­di­vi­dus cas­qués qui exi­geaient de l’élu qu’il prenne au 31 dé­cembre les dé­ci­sions né­ces­saires pour ces­ser, ont-ils dit, « de leur en­le­ver le pain de la bouche ». L’élu a af­fir­mé igno­rer à quoi ils fai­saient al­lu­sion. nA­PRÈS L’AC­CI­DENT de ma­nège ven­dre­di à Nar­bonne (Aude) qui a plon­gé dans le co­ma le pré­sident du club de rug­by de Per­pi­gnan qui avait été éjec­té bru­ta­le­ment, le gé­rant de l’at­trac­tion, sa com­pagne et un em­ployé ont vu hier leur garde à vue pro­lon­gée. Le gé­rant au­rait confié la vé­ri­fi­ca­tion avant le dé­part de la che­nille à son em­ployé, un SDF re­cru­té au noir la veille. nEN IN­DO­NÉ­SIE, un fer­ry est por­té dis­pa­ru de­puis hier au large de l’île des Cé­lèbes avec 118 per­sonnes à bord, après avoir en­voyé un si­gnal de dé­tresse an­non­çant un ac­ci­dent en rai­son de vagues de 4 à 5 m. LA VOIX CHE­VRO­TANTE, Loïc, un père de 41 ans, ra­conte avec ef­froi com­ment il a failli « perdre son fils » à la suite d’une ba­nale dis­pute d’ado­les­cents, mer­cre­di à Se­vran (Sei­neSaint-De­nis). « A 10 cm près, il tran­chait la ca­ro­tide de mon fils ! » ré­sume-t-il. Gué­no­lé*, 13 ans, élève en 4e au col­lège Georges-Bras­sens, à Se­vran, a été frap­pé de deux coups de cou­teau à la tête et à la poitrine par un ca­ma­rade de sa classe, juste de­vant leur éta­blis­se­ment.

La dis­pute dé­bute mar­di soir sur Fa­ce­book. Maxime*, un ca­ma­rade de classe de Gué­no­lé, le ta­quine à pro- pos d’une fille, sur le ré­seau so­cial, au vu et au su de tous les « amis » Fa­ce­book de Gué­no­lé. Le­quel ne goûte pas la blague. « On en re­parle de­main ma­tin », ré­pond l’ado­les­cent. Tou­jours sur Fa­ce­book, Maxime ré­plique froi­de­ment : « OK. Je ne vien­drai pas les mains vides. »

Points de su­ture et garde à vue

Le len­de­main ma­tin, les deux ado­les­cents se re­trouvent de­vant le col­lège. Se­lon Loïc, son fils se contente de « pous­ser son agres­seur ». Pi­qué au vif, ce­lui-ci sort une arme confec­tion­née par ses soins — deux cou­teaux scot­chés en­semble — et frappe Gué­no­lé à la tête, puis à la poitrine, en­taillant pro­fon­dé­ment sa vic­time. Les deux ado­les­cents sont ra­pi­de­ment sé­pa­rés. Sur place, les po­li­ciers re­trou­ve­ront éga­le­ment une deuxième arme ap­por­tée par Maxime : un mar­queur dont la pointe a été rem­pla­cée par un tour­ne­vis, et le ca­pu­chon soi­gneu­se­ment re­pla­cé. Gué­no­lé est conduit à l’hô­pi­tal à Aul­nay­sous-Bois où on lui pose qua­torze points de su­ture… avant de le ra­me­ner en garde à vue à la sû­re­té ter­ri­to­riale, à Bo­bi­gny, où il pas­se­ra la nuit — tout comme son agres­seur.

De quoi faire sor­tir le père de la vic­time de ses gonds : « Mon fils a pas­sé vingt-quatre heures en garde à vue, alors que c’est lui qui a pris des coups de cou­teau », s’em­porte Loïc. Qui compte bien aler­ter la jus­tice pour dé­non­cer ce qu’il es­time être un « abus ». De son cô­té, Gué­no­lé, cho­qué, n’est pas al­lé au col­lège ven­dre­di. « Les va­cances ar­rivent à point nom­mé pour lui », re­con­naît Loïc, qui avoue « dor­mir la boule au ventre de­puis trois jours ». « Le col­lège, n’est pas cen­sé être un en­droit où les pa­rents ont peur de lais­ser leur en­fant. J’au­rai pu le perdre », ajoute-t-il. Quant au jeune agres­seur, il a été pré­sen­té sa­me­di à un juge d’ins­truc­tion. Il a re­con­nu être ve­nu au col­lège ar­mé d’un cou­teau.

* Les pré­noms ont été chan­gés.

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