An­gers a une botte se­crète

Ligue 1.

Le Parisien (Paris) - - SPORTS - BEIN SPORTS 1, 14 HEURES STÉ­PHANE CORBY

NE CHER­CHEZ PLUS le se­cret de la réus­site du SCO d’An­gers, l’éton­nant pro­mu. Il tient en trois lettres : GPS, du nom de la méthode de coa­ching ini­tiée par Pas­cal Gros­bois (52 ans). Cet an­cien pro, pas­sé en An­jou de 1983 à 1988, est spé­cia­li­sé sur le tra­vail des coups de pied ar­rê­tés. « J’ai choi­si de l’ap­pe­ler GPS, car le prin­cipe est de gui­der le joueur dans son évo­lu­tion », ré­sume le pa­pa de Ga­bin, Pau­line et Si­mon, dont les ini­tiales ont bap­ti­sé la méthode.

De­puis que l’an­cien co­équi­pier de Sté­phane Mou­lin, le coach du SCO, of­fi­cie une fois par se­maine, les sta­tis­tiques ont ex­plo­sé. Cette sai­son, An­gers a ins­crit près de trois quarts de ses buts (dont les cinq der­niers) sur phase ar­rê­tée ( voir chiffre). Cette col­la­bo­ra­tion, en­ta­mée en Ligue 2, lors de l’exer­cice écou­lé, avait dé­jà por­té ses fruits. Avec quatre des sept der­niers buts de la sai­son de la mon­tée ins­crits ain­si… « Ça avait rap­por­té cinq points et An­gers avait fi­ni trois points de­vant le 4e… », rap­pelle Gros­bois. « Quand on a per­du Kod­jia sur bles­sure ( NDLR : 32e jour­née), il nous fal­lait trou­ver une autre arme », ré­vèle au­jourd’hui Mou­lin. A l’in­ter­sai­son, le pro­mu a du coup for­cé le trait en mi­sant sur des re­crues « spé­ci­fiques ». De bons ti­reurs (Ket­keo­phom­phone) et de bons ré­cep­tion­neurs comme Doré (1,94 m), Ndoye (1,92 m), Mohs­ni (1,91 m) ou Saïss (1,90 m). Le ca­pi­taine Cheikh Ndoye jouant les tours de contrôle avec dé­jà 5 buts.

Gros­bois s’est aus­si ins­pi­ré du golf ou du ten­nis. Au Qa­tar, où il a of­fi­cié trois ans, il dis­sé­quait les séances de Fe­de­rer ré­pé­tant les mêmes gestes… « Mais le but est de se construire son propre geste, pas de co­pier ce­lui d’un autre, confie Gros­bois. On tra­vaille aus­si le men­tal. Avant la frappe, le joueur doit réus­sir à s’en­fer­mer dans sa bulle. Il n’a que quelques se­condes pour an­ti­ci­per ce qu’il va faire, mais c’est une clé de sa réus­site. »

« On cherche le geste par­fait et c’est par­fois gri­sant », sou­ligne le droi­tier Tho­mas Man­ga­ni, 3 buts et 3 passes dé­ci­sives.Contre le PSG, il y a trois se­maines, c’est lui qui avait trou­vé Ro­main Tho­mas (1,93 m) dont la tête lo­bée avait re­bon­di sur la trans­ver­sale de Trapp (0-0). « On ne ri­va­li­se­ra ja­mais dans le jeu avec les meilleures équipes d’Eu­rope, mais, sur coups de pied ar­rê­tés, c’est pos­sible… », pré­cise Sté­phane Mou­lin. Ça ni­velle les va­leurs et An­gers l’a bien com­pris.

De quoi ins­pi­rer la peur chez les autres ? « De la peur, non, mais du doute, sû­re­ment, ajoute Mou­lin. A Jean-Bouin, on sent que les tri­bunes fré­missent à l’avance. Du coup, les ad­ver­saires sont fé­briles… »

Le pour­cen­tage des buts ins­crits (12 sur 17) par An­gers sur coups de pied ar­rê­tés cette sai­son. Un re­cord en Ligue 1 qui se dé­com­pose ain­si : deux pé­nal­tys, deux cor­ners, un coup franc di­rect et sept coups francs in­di­rects. Cet après-mi­di (14 heures) au stade Geof­froy-Gui­chard. Ar­bitre : M. Va­re­la. Saint-Etienne : Ruf­fier - Mal­cuit, Bayal, Per­rin (cap.), Po­lo­mat - Le­moine, Pa­jot - Roux, Eys­se­ric, Ha­mou­ma - Mau­pey. En­tr. : Gal­tier. An­gers : Bu­telle - Man­ceau, Trao­ré, Tho­mas, An­dreu - Saïss - Su­nu, Ndoye (cap.), Man­ga­ni, Ket­keo­phom­phone - Ka­ra­no­vic. En­tr. : Mou­lin.

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