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Au Por­tu­gal, un pré­cé­dent in­quié­tant

Le Parisien (Paris) - - ÉCONOMIE -

Oc­tobre 2014, au Por­tu­gal. Les mal­ver­sa­tions de ses di­ri­geants et les em­prunts toxiques fi­nissent par avoir rai­son de la Ban­co Es­pi­ri­to San­to. Quelque 5 000 clients, ayant ac­cep­té de tro­quer leur épargne clas­sique pour des pro­duits fi­nan­ciers à haut risque, perdent tout (au Por­tu­gal, les épar­gnants ne sont pas cou­verts par la ga­ran­tie des 100 000 € comme en France). C’est la pre­mière fois que la di­rec­tive eu­ro­péenne qui in­quiète au­jourd’hui les clients des banques fran­çaises est ap­pli­quée. Im­pos­sible, les faillites ban­caires ? Eh bien non. Sans être trop alar­miste, l’his­toire est jon­chée de crises qui ont contraint des banques à fer­mer bou­tique, lais­sant leurs clients sur la paille. L’une des plus graves de l’his­toire ban­caire est celle de Leh­man Bro­thers, aux Etats-Unis en sep­tembre 2008 : vic­time de la crise des sub­primes (dé­faut de paie­ment des hy­po­thèques im­mo­bi­lières), la banque af­fiche des pertes de plus de 600 Mds$ (554 Mds€) et se dé­clare en faillite. Per­sonne ne vien­dra à son se­cours et à ce­lui de ses 25 000 em­ployés à tra­vers le monde. Fin 2011, la banque fran­co­belge Dexia, elle, est au bord du dé­pôt de bi­lan. En­gluée dans la crise des dettes sou­ve­raines, af­fec­tée par de « graves er­reurs de ges­tion », l’éta­blis­se­ment tour­né vers les col­lec­ti­vi­tés lo­cales se tour­ne­ra vers les Etats fran­çais, belges et luxem­bour­geois. La fac­ture du sau­ve­tage, se­lon la Cour des comptes, se­ra de 6,6 Mds€.

B.M.

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