Dans l’igloo vé­gé­tal, les traces d’Abaaoud…

Le Parisien (Paris) - - TERRORISME - L.C.

C’ÉTAIT UNE PLANQUE pour le moins in­at­ten­due de la part du cer­veau pré­su­mé des at­ten­tats, un choix qui cadre mal avec la pré­pa­ra­tion mi­nu­tieuse des tueries. Alors que sa cou­sine, Has­na Aït Bou­lah­cen, se dé­me­nait pour lui trou­ver un point de chute plus stable, Ab­del­ha­mid Abaaoud, lui, dor­mait dans des four­rés, en contre­bas de l’A 86, dans une zone in­dus­trielle d’Au­ber­vil­liers (Seine-Saint-De­nis), comme nous le ré­vé­lions di­manche. Un im­pro­bable culde-sac dans le­quel il s’est ter­ré du­rant quatre jours et trois nuits, avant que les po­li­ciers, mis sur sa piste grâce à un ren­sei­gne­ment, ne le voient, mé­du­sés, sor­tir de son buis­son le 17 no­vembre au soir pour re­joindre sa nou­velle planque de Saint-De­nis.

Se­conde sur­prise : en ex­plo­rant les lieux, les en­quê­teurs ont dé­cou­vert ce qu’eux-mêmes ont ap­pe­lé un « igloo vé­gé­tal », un lieu semble-t-il pri­sé des SDF qui l’ont amé­na­gé — som­mai­re­ment — en deux co­cons dis­tincts. Des abris in­soup­çon­nables de­puis la rue, par les­quels on pé­nètre en se frayant un che­min au mi­lieu de l’abon­dante vé­gé­ta­tion, et dont seuls les ini­tiés peuvent connaître l’exis­tence… L’« igloo » le plus vaste, d’en­vi­ron 25 m2, fai­sait of­fice de chambre, avec son ma­te­las en mousse, sa tête de lit bri­co­lée et ses pa­lettes en guise de som­mier. Dans l’autre, des dé­chets ré­cents, pro­ba­ble­ment les restes des vivres ame­nés par Has­na à son cou­sin, at­testent du pas­sage d’Abaaoud. Au mi­lieu des em­bal­lages de barres cho­co­la­tées, les en­quê­teurs ont re­trou­vé un mor­ceau de coque de té­lé­phone et l’em­bal­lage vide d’une carte SIM — sans doute un moyen sup­plé­men­taire de se rendre in­tra­çable. Plus in­quié­tant, deux piles, dont une en­tou­rée de ru­ban adhé­sif et do­tée d’un fil élec­trique, ont éga­le­ment été sai­sies. De quoi don­ner cré­dit aux af­fir­ma­tions d’Abaaoud qui se di­sait por­teur d’une charge ex­plo­sive, et à celles d’Has­na, qui af­fir­mait à des co­pines que son cou­sin al­lait « tout faire pé­ter » trois jours plus tard. Pro­jets in­ter­rom­pus par l’as­saut du Raid à Saint-De­nis, le 18 no­vembre à l’aube.

VI­DÉO

le­pa­ri­sien.fr EX­CLU­SIF. Le 19 no­vembre, les po­li­ciers fouillent le buis­son d’Abaaoud

Au­ber­vil­liers (Seine-Saint-De­nis), le 19 no­vembre. Ca­chée sous une épaisse vé­gé­ta­tion, la planque uti­li­sée par Abaaoud était in­soup­çon­nable de­puis la rue.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.