Il fait briller John­ny

Toute la se­maine, dé­cou­vrez des in­con­nus sans qui il n’y au­rait pas de spec­tacle. Au­jourd’hui, l’éclai­ra­giste Di­mi­tri Vas­si­liu.

Le Parisien (Paris) - - LOISIRS ET SPECTACLES - Di­mi­tri Vas­si­liu É RIC BU­REAU

COM­MEN­CER UNE SÉ­RIE sur les mé­tiers de l’ombre par un homme de lu­mières, ça tom­bait sous le sens. Di­mi­tri Vas­si­liu est éclai­ra­giste, un titre quand même ré­duc­teur pour un homme qui est aus­si de­si­gneur lu­mières, dé­co­ra­teur, di­rec­teur ar­tis­tique vi­déo, scé­no­graphe… A 50 ans, il est même l’homme du mo­ment, à la ma­noeuvre sur beau­coup de grandes tour­nées des dix der­nières an­nées comme celles de My­lène Far­mer, Ca­lo­ge­ro, Florent Pa­gny, -M-, Pas­cal Obis­po, M.Po­ko­ra, John­ny Hal­ly­day…

Vas­si­liu ? Les plus de 40 ans se de­mandent for­cé­ment si Di­mi­tri a un lien de pa­ren­té avec Pierre, l’in­ou­bliable in­ter­prète de « Qui c’est ce­lui-là ? » en 1974. C’est son fils. « A la mai­son, dans le Lu­bé­ron, j’ai gran­di en­tou­ré de mu­si­ciens, ra­conte-t-il. Ce­la m’a don­né en­vie de faire de la mu­sique, de jouer de la basse dans des groupes. Mais je suis ve­nu aux lu­mières par ha­sard. Je fai­sais des études de peintre en lettres (NDLR : spé­cia­li­sé dans l’écri­ture et la dé­co­ra­tion) lorsque l’éclai­ra­giste de mon père, Laurent Cha­pot, lâ­ché par son as­sis­tant, m’a de­man­dé si je pou­vais le suivre sur la tour­née du groupe Raoul Pe­tite. »

A par­tir de là, Di­mi­tri Vas­si­liu tra­vaille avec lui de 1984 à 1995, sur les spec­tacles d’Etienne Da­ho, Ju­lien Clerc, Tou­ré Koun­da… Puis un jour, « Laurent m’a dit qu’une jeune ar­tiste cher­chait un éclai­ra­giste pour son pre­mier spec­tacle. C’était Za­zie. Nous avons fait quatre tour­nées en­semble. J’ai ado­ré créer des shows mais aus­si par­tir sur la route avec toute une équipe. »

Après trente ans d’ex­pé­rience, il ne s’en lasse pas. « Sur la tour­née de John­ny, je pour­rais lais­ser les com­mandes des lu­mières, mais j’aime être tou­jours là, dans le bus, ap­puyer sur les bou­tons pour lan­cer le concert, en ré­pé­ti­tion pour tes­ter de nou­velles choses… Il faut dire que c’est une ex­pé­rience ex­tra­or­di­naire. Un an et de­mi de pré­pa­ra­tion, un vrai tra­vail d’équipe, avec la scé­no­graphe Em­ma­nuelle Favre et Peg­gy M. à la di­rec­tion ar­tis­tique. »

Di­mi­tri n’aime pas ti­rer la cou­ver­ture à lui. « Je n’as­sume pas, re­con­naît-il. Je n’ai pas en­vie de fri­mer. Mon mé­tier, c’est jus­te­ment de mettre en va­leur les ar­tistes. Et ce­la me va par­fai­te­ment de res­ter dans le noir des salles de concerts. »

Pour avoir su­bi lui-même en­fant l’ab­sence de son père, il es­saye de conci­lier sa vie d’ar­tiste et de famille. C’est-à-dire re­trou­ver dès que pos­sible ses en­fants de 20 ans et 11 ans et sa femme, Vé­ro­nique, ar­tiste peintre et fan de rock. Après avoir eu la bou­geotte, il a po­sé ses va­lises il y a quinze ans à Saint-Ma­lo. Il y re­vient se re­po­ser à Noël avant de re­par­tir l’an pro­chain sur les cha­peaux de roue. Son agen­da 2016 est dé­jà plein, avec no­tam­ment les tour­nées évé­ne­ment des In­sus, les trois exTé­lé­phone et de Kend­ji Gi­rac. « C’est tou­jours aus­si éclec­tique, re­con­naît-il. Mais c’est aus­si ce que j’aime. Pas­ser de Jean-Louis Mu­rat à Hé­lène Se­ga­ra, de Mios­sec à Je­ni­fer. Si j’ai une fa­ci­li­té, c’est celle d’in­té­grer de nou­veaux uni­vers mu­si­caux. »

« Ce­la me va par­fai­te­ment

de res­ter dans le noir des salles de concerts »

Le rôle de l’éclai­ra­giste Di­mi­tri Vas­si­liu, c’est de créer l’ha­billage de lu­mière du concert, pour mettre en va­leur la star, comme ici dans le der­nier show de John­ny.

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