Le siège de la ré­gion de­vrait quit­ter Pa­ris

Le Parisien (Paris) - - PARIS - THO­MAS POUPEAU Pro­pos recueillis par CÉ­CILE CHE­VAL­LIER

n C’est une pro­messe de cam­pagne que Va­lé­rie Pé­cresse (LR), tout juste in­tro­ni­sée pré­si­dente (LR) de la ré­gion Ile-de-France, ré­af­firme. Le siège du con­seil ré­gio­nal va « vrai­sem­bla­ble­ment » dé­mé­na­ger en Seine-Saint-De­nis, a as­su­ré l’an­cienne mi­nistre ven­dre­di. Et ce dès 2016. Ob­jec­tif : faire des éco­no­mies. C’était l’un des leit­mo­tivs de sa cam­pagne : trou­ver des lo­caux moins chers pour ré­duire le coût — 26 M€ par an se­lon elle — des loyers payés par la ré­gion pour oc­cu­per des lo­caux si­tués dans le VIIe, où tra­vaillent 2 000 agents.

« On re­garde les lieux ac­ces­sibles par les trans­ports, dont la ligne 13 du mé­tro », in­dique un proche de Pé­cresse. Cette ligne tra­verse SaintOuen et Saint-De­nis, deux villes dis­po­sant de fon­cier. Plaine Com­mune, l’ag­glo­mé­ra­tion de l’est dio­ny­sien, confirme que le camp Pé­cresse veut « des pro­po­si­tions de lo­caux dis­po­nibles ».

Dès juin, le maire UDI de SaintOuen (Seine-Saint-De­nis), William De­lan­noy, pro­po­sait d’ac­cueillir le con­seil ré­gio­nal. Evo­quant no­tam­ment « 100 ha en cours d’amé­na­ge­ment » sur le sec­teur des Docks, ain­si que la lo­ca­li­sa­tion stra­té­gique de sa com­mune : mé­tro, proxi­mi­té avec Pa­ris, le 92, le 95…

Sté­phane Beau­det, vice-pré­sident (LR) du con­seil ré­gio­nal, en charge des trans­ports IL N’A PAS HÉ­RI­TÉ du poste par ha­sard. De­puis des an­nées, Sté­phane Beau­det (LR) a fait des trans­ports un de ses che­vaux de ba­taille. Ven­dre­di, il a lo­gi­que­ment été élu troi­sième vice-pré­sident du con­seil ré­gio­nal en charge de ce por­te­feuille très im­por­tant en Ile-de-France. Le maire de Courcouronnes (Es­sonne), éga­le­ment pré­sident de l’As­so­cia­tion des maires d’Ile-de-France, pré­side de­puis les an­nées 2000 le ré­seau Tice, une so­cié­té d’éco­no­mie mixte qui gère 18 lignes de bus, em­prun­tées par 80 000 voya­geurs par jour en Es­sonne. Ac­ces­soi­re­ment, il est ti­tu­laire d’un passe Na­vi­go. « Et je compte bien conti­nuer à m’en ser­vir », sou­rit-il. Votre pré­dé­ces­seur aux trans­ports, Pierre Serne (EELV), a es­ti­mé que vous pos­sé­diez « de vraies qua­li­tés hu­maines et de fond ». Ce­la vous a-t-il tou­ché ? STÉ­PHANE BEAU­DET. Bien sûr. Il a pris des dé­ci­sions avec les­quelles je n’étais pas d’ac­cord, d’autres me­sures que j’ap­prou­vais. Il siège tou­jours au Stif (NDLR : Syn­di­cat des trans­ports d’Ile-de-France). Je compte tra­vailler avec lui et avec tout le monde pour amé­lio­rer les trans­ports en Ile-de-France. Quels sont vos pro­jets ? La pro­blé­ma­tique est tel­le­ment com­plexe : ce­la va du RER au vé­lo, en pas­sant par la voi­ture. Je ne peux pas par­ler d’un axe plus qu’un autre. J’ai des cen­taines de prio­ri­tés et je de­vrais me rendre dans des cen­taines de villes pour me mettre au ser­vice des Fran­ci­liens. Mais dé­ve­lop­per les bus en grande cou­ronne se­ra une de mes pre­mières ac­tions. Avec 200 M€ ( NDLR : le bud­get to­tal du Stif est de 6,5 Mds€), on double leur nombre. C’est fa­cile, ra­pi­de­ment ap­pli­cable, beau­coup plus que les pro­blé­ma­tiques liées aux lignes de RER, qui pren­dront plus de temps à être ré­glées. Pen­dant la cam­pagne, Va­lé­rie Pé­cresse a évo­qué l’achat de 700 rames neuves. Une me­sure éva­luée à 4,5 Mds€. Réa­li­sable ? Nous n’avons pas ins­crit cet en­ga­ge­ment dans notre pro­gramme au ha­sard. Pierre Serne a dit que c’était im­pos­sible car les chaînes de production des opé­ra­teurs ne le per­mettent pas. C’est vrai, car ac­tuel­le­ment elles fonc­tionnent pour les 280 nou­veaux trains com­man­dés par l’an­cienne ma­jo­ri­té. Je vous ga­ran­tis que si on com­mande 700 rames, les opé­ra­teurs s’adap­te­ront. On a es­ti­mé que ce­la crée­rait 10 000 à 15 000 em­plois en dix ans. Quant au fi­nan­ce­ment, il faut l’en­vi­sa­ger en em­prun­tant sur trente ans. Quand on a construit le mé­tro, on n’avait pas les moyens, il a fal­lu at­tendre soixante-dix ans pour l’amor­tir. Vous vou­lez aus­si chan­ger quelques ha­bi­tudes… En Ile-de-France, le ré­seau est sa­tu­ré es­sen­tiel­le­ment trois à quatre heures par jour. Nous pour­rions né­go­cier avec des grosses en­tre­prises pour qu’elles dé­calent les ho­raires de prise de ser­vice de leurs em­ployés vers des cré­neaux où les trans­ports et les routes sont moins em­prun­tés. L’ar­ri­vée de la fibre op­tique par­tout pour­rait aus­si per­mettre da­van­tage de té­lé­tra­vail. S’il faut bien évi­dem­ment pré­voir des in­ves­tis­se­ments lourds, il faut aus­si im­pul­ser de nou­velles ha­bi­tudes. Et ar­rê­ter de tou­jours poin­ter du doigt les au­to­mo­bi­listes, beau­coup n’ont pas le choix.

(LP/F.G.)

«Dé­ve­lop­per les bus en grande cou­ronne se­ra une de mes pre­mières ac­tions», af­firme Sté­phane Beau­det.

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