Enig­ma­tique double meurtre à Rouen

Elise avait 24 ans, Ju­lien, 31. Ils ont été dé­cou­verts morts dans un ap­par­te­ment à Rouen. La piste cri­mi­nelle se dé­gage.

Le Parisien (Paris) - - LA UNE - Rouen (Seine-Ma­ri­time) De nos cor­res­pon­dants JACQUES HAR­DOUIN ET LAURENT LECLERE

DE L’AVEU même de Jean-Fran­çois Bon­haert, le mys­tère est « to­tal ». Le pro­cu­reur de la Ré­pu­blique de Rouen (Seine-Ma­ri­time) guette donc les résultats de l’au­top­sie des vic­times du double meurtre pré­su­mé de la place de la Pu­celle, au coeur de Rouen. Ils pour­raient être connus au­jourd’hui ou de­main.

L’énigme est la sui­vante : que s’est-il pas­sé entre la nuit de sa­me­di et la jour­née de di­manche dans cet ap­par­te­ment du centre-ville où ont pé­ri Elise, 24 ans, sans pro­fes­sion, et Ju­lien, 31 ans, in­fir­mier au centre hos­pi­ta­lier uni­ver­si­taire (CHU) de Rouen, tous deux en­core vi­vants sa­me­di après une soi­rée ?

Un drap énig­ma­tique

« Une chose est avé­rée, re­prend le ma­gis­trat, on peut par­ler a prio­ri de double ho­mi­cide, même si cette piste cri­mi­nelle doit être confir­mée. Au­cune trace de sang n’a été re­le­vée sur la scène de crime, par contre on constate des ec­chy­moses, des traces de coups sur les corps, no­tam­ment au ni­veau du cou, ce qui peut cor­res­pondre à une mort par stran­gu­la­tion.Les vic­times n’étaient ni ma­riées, ni pac­sées, sans lien de pa­ren­té non plus… » Et puis il y a ce dé­tail trou­blant : les vic­times étaient re­cou­vertes d’un drap. Cette ap­pa­rente mise en scène, les traces sur les corps… Tout oriente les hommes du SRPJ de Rouen sur la piste d’un double ho­mi­cide.

Dans la soi­rée du sa­me­di 19 dé­cembre, Elise et Ju­lien étaient sor­tis avec des amis, dans plu­sieurs bars de la rive droite de Rouen. Entre 3 et 4 heures, les jeunes gens les ont quit­té pour re­joindre l’ap­par­te­ment de la jeune femme, au rez-de-chaus­sée d’un im­meuble à co­lom­bages. On y ac­cède par une porte, sous un porche. Le lo­ge­ment donne sur une pe­tite cour in­té­rieure. La fe­nêtre reste sou­vent ou­verte. Se­lon nos in­for­ma­tions, les deux jeunes fré­quen­taient le mi­lieu ho­mo­sexuel rouen­nais. « Mais ce­la ne pa­raît pas être une clé de l’énigme », tem­père Jean-Fran­çois Boh­nert, écar­tant la thèse du meurtre sur fond d’ho­mo­pho­bie.

C’est le len­de­main que leurs amis, in­quiets de ne pas avoir de nou­velles, ont ten­té de les joindre. En vain. Ils ont dé­ci­dé de se rendre sur place. La porte était fer­mée. Ce sont les sa­peurs-pom­piers qui dé­cou­vri­ront les deux jeunes gens dé­cé­dés, al­lon­gés par terre, ha­billés, mais leurs corps re­cou­verts d’un drap. La fa­meuse « mise en scène », qui in­trigue les en­quê­teurs.

Elise était ori­gi­naire de Dieppe (Seine-Ma­ri­time). Dé­crite par ses voi­sins comme « une jo­lie femme, blon- de », elle a fait des études de ges­tion et tra­vaillé no­tam­ment pour les ser­vices de l’Etat. L’in­fir­mier du CHU, lui, était ori­gi­naire de Lyons-la-Fo­rêt, dans l’Eure, où son père est maire et conseiller dé­par­te­men­tal. « Deux jeunes to­ta­le­ment in­con­nus des ser­vi- ces de po­lice », pré­cise le pro­cu­reur.

Pour l’heure, au­cune piste n’est écar­tée, même si les en­quê­teurs tentent de ré­soudre l’énigme de ce double meurtre sans mo­bile ap­pa­rent.

(Nor­man­die-ac­tu.)

Rouen (Seine-Ma­ri­time), di­manche. C’est au rez-de-chaus­sé de cet im­meuble à co­lom­bages que les deux corps ont été re­trou­vés re­cou­verts d’un drap.

Elise et Ju­lien ont été vu vi­vants pour la der­nière fois sa­me­di soir.

(DR.)

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