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Le Parisien (Paris) - - LE FAIT DU JOUR - Pro­pos recueillis par B.C. ET MAT­THIEU PELLOLI

nom ne vous dit cer­tai­ne­ment rien. Mais Mi­chel Claise est une des ré­fé­rences en Eu­rope dans la lutte contre la cri­mi­na­li­té fi­nan­cière. Ce juge d’ins­truc­tion belge a lar­ge­ment par­ti­ci­pé à la chasse aux car­rou­sels de TVA. La France a beau­coup de dif­fI­cul­tés à dé­tec­ter ra­pi­de­ment les fraudes à la TVA du type « car­rou­sel ». Est-ce une fa­ta­li­té ? MI­CHEL CLAISE. Il n’y a pas de fa­ta­li­té. En Bel­gique, en 2002, le pré­ju­dice était es­ti­mé à 2 Mds€ par an. En 2014, ce n’est plus que 40 M€. Com­ment avez-vous pro­cé­dé pour ob­te­nir de tels résultats ? Re­grou­pant des po­li­ciers et des agents du fisc, l’Of­fice cen­tral de lutte contre la dé­lin­quance éco­no­mique et fi­nan­cière (OCDEFO) a mis sur pied un pro­gramme in­for­ma­tique de contrôle men­suel des dé­cla­ra­tions de TVA de 600 000 per­sonnes mo­rales en Bel­gique. Nous uti­li­sons des tech­niques de big da­ta (NDLR : trai­te­ment de don­nées). Nous pou­vons ain­si ci­bler ra­pi­de­ment les so­cié­tés sus­cep­tibles de faire du Nos vé­ri­fi­ca­tions per­mettent de dé­blo­quer en quelques jours le paie­ment. C’est ça, la clé du suc­cès. Ce lo­gi­ciel ma­gique n’existe pas en France ? Non. Sa mise en place coûte-t-elle cher ? Non, les in­ves­tis­se­ments ne sont pas im­menses. Les car­rou­sels consti­tuent la plus grande fraude sur le plan fiscal en Eu­rope. Ils ne sont pas mon­tés par des pe­tits com­mer­çants, mais par le crime or­ga­ni­sé. On parle de gens dan­ge­reux, d’an­ciens bra­queurs de four­gons par exemple qui se re­cyclent dans ces pra­tiques. Ils uti­lisent des hommes de paille, qui sont sou­vent des per­sonnes en dif­fi­cul­té fi­nan­cière. Ils les placent à la tête de so­cié­tés char­gées de faire des fausses fac­tures. Toute la dif­fi­cul­té pour nous est d’ar­ri­ver à tou­cher les pa­trons de ces fraudes, ceux qui animent les ré­seaux et or­ga­nisent le blan­chi­ment de cet ar­gent.

« On parle de gens dan­ge­reux, d’an­ciens bra­queurs de four­gons

par exemple »

(RTBF.)

Mi­chel Claise.

Le frau­deur com­mence par se faire li­vrer la mar­chan­dise dans un port étran­ger (ici ce­lui de Bruges-Zee­bruges en Bel­gique) pour ne pas avoir à s'ac­quit­ter de la TVA.

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