Les mau­vaises sur­prises de Noël

Tri­cycles non conformes, foie gras d’ori­gine dou­teuse ou fro­mage vieux de plus de quatre ans. En mul­ti­pliant les contrôles, la ré­pres­sion des fraudes a fait de drôles de trou­vailles.

Le Parisien (Paris) - - SOCIÉTÉ - FRÉ­DÉ­RIC MOUCHON

DANS L’ATE­LIER du Père Noël, les lu­tins mettent un point d’hon­neur à conce­voir des ca­deaux par­faits. Mais dans la vraie vie, les jouets que l’on re­trouve au pied du sa­pin et les pro­duits de la table ache­tés pour le ré­veillon nous ré­servent par­fois quelques mau­vaises sur­prises confir­mées par le bi­lan dé­voi­lé au­jourd’hui par la Di­rec­tion gé­né­rale de la concur­rence, de la consom­ma­tion et de la ré­pres­sion des fraudes (DGCCRF). Cinq cent soixante pro­cès-ver­baux ont été dres­sés de­puis un mois et 4 000 aver­tis­se­ments dé­li­vrés à des fa­bri­cants ou dis­tri­bu­teurs de pro­duits fes­tifs. Plus de 24 000 vé­ri­fi­ca­tions ont été ef­fec­tuées au­près de 8 050 éta­blis­se­ments.

« Nos contrôles sont dé­sor­mais plus ci­blés, no­tam­ment sur les mar­chés de plein air où il y a beau­coup plus de risques de tom­ber sur des in­frac­tions que dans les ré­seaux de grande dis­tri­bu­tion, qui sont beau­coup plus contrô­lés en amont, sou­ligne la porte-pa­role de la DGCCRF, Ma­rie Taillard. Nous vé­ri­fions no­tam­ment les jouets qui ar­rivent en France par des voies pa­ral­lèles. » La mise en vente de pe­tits trains pré­noms en bois ne por­tant ni mar­quage CE de confor­mi­té, ni co­or­don­nées du fa­bri­cant a ain­si été consta­tée il y a quelques se­maines sur un mar­ché de Basse-Nor­man­die. Les ana­lyses ayant confir­mé la dan­ge­ro­si­té du jouet, tous les pro­duits ont été sai­sis.

« C’est en de­hors des cir­cuits clas­siques de dis­tri­bu­tion que l’on trouve le plus de jouets non conformes », si­gnale Ma­rie Taillard. Les agents de la DGCCRF s’in­té­ressent no­tam­ment de près aux ma­ga­sins spé­cia­li­sés dans la re­vente de pro­duits à 1 €.

En ma­tière ali­men­taire, c’est sur les pe­tits mar­chés qu’ils font par­fois de drôles de dé­cou­vertes. Dans ce do­maine, la DGCCRF a ef­fec­tué 11 750 vé­ri­fi­ca­tions au sein de 3 400 éta­blis­se­ments. Ré­sul­tat : 26 % étaient en in­frac­tion. A l’image de ce pro­fes­sion­nel qui ven­dait du fro­mage et des sau­cis­sons sur un mar­ché de Noël de Bre­tagne. Les agents des fraudes ont dé­cou­vert que cer­tains fro­mages avaient plus de quatre ans et que les pro­duits étaient dé­pour­vus d’éti­que­tage. Le ven­deur, qui ne dis­po­sait d’au­cun point d’eau pour se la­ver les mains, avait dé­jà été aver­ti en 2010 et sanc­tion­né d’un PV en 2013. Dans le Nord-Pas-de-Ca­lais, c’est un éle­veur de ca­nards qui a été épin­glé. Ses pro­duits, qu’il pré­sen­tait comme du foie gras de l’Ar­tois en grands ca­rac­tères, n’étaient pas vrai­ment made in France. Lors du contrôle de son éta­blis­se­ment, les agents des fraudes ont consta­té la pré­sence de nom­breux foies gras d’Eu­rope de l’Est. Ce­rise sur le gâ­teau : ces pro­duits étaient « au­to­con­ser­vés dans huit congé­la­teurs non pro­fes­sion­nels de type ba­hut et beau­coup avaient une date li­mite de consom­ma­tion dé­pas­sée ». Un PV de trom­pe­rie lui se­ra adres­sé.

(Pho­to d’illus­tra­tion/Pho­toPQR/« le Ré­pu­bli­cain lor­rain » Pierre He­ck­ler.)

Sur un mar­ché de Noël en Bre­tagne, les agents de la DGCCRF (Di­rec­tion gé­né­rale de la concur­rence, de la consom­ma­tion et de la ré­pres­sion des fraudes) ont dé­cou­vert des fro­mages qui avaient plus de… quatre ans d’âge.

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