Houl­lier vers Lyon… cet été

Le Parisien (Paris) - - SPORTS - Y.L. (AVEC A.F.) ÉRIC BRU­NA

JEAN-MI­CHEL AU­LAS tra­vaille de­puis plu­sieurs se­maines sur une évo­lu­tion de l’or­ga­ni­sa­tion in­terne du club. Comme il nous l’avait dé­voi­lé dé­but dé­cembre, il sou­haite un re­tour de Gé­rard Houl­lier, l’an­cien en­traî­neur du club (2005-2007), au sein de l’or­ga­ni­gramme. Ce­la se­rait proche de se concré­ti­ser, mais seule­ment l’été pro­chain. Ac­tuel­le­ment en­ga­gé avec Red Bull, pro­prié­taire de plu­sieurs clubs, l’ex-sé­lec­tion­neur des Bleus pour­rait se li­bé­rer et en­dos­ser un rôle de conseiller à l’OL à par­tir de la sai­son pro­chaine.

Concer­nant l’ac­tua­li­té im­mé­diate, après la nou­velle dé­faite à Ajac­cio et la 9e place à mi-sai­son, rien n’a fil­tré hier de l’avan­cée des dis­cus­sions entre Jean-Mi­chel Au­las et son as­so­cié Jé­rôme Sey­doux. Les ajus­te­ments vont de­voir être opé­rés ra­pi­de­ment, qu’ils concernent Hu­bert Four­nier ou d’autres sec­teurs. Le pré­sident Au­las, qui a pro­mis d’an­non­cer les évo­lu­tions lun­di 28 à l’oc­ca­sion de la re­prise, doit ef­fec­ti­ve­ment par­tir en va­cances à Saint-Bar­thé­le­my (An­tilles) jeu­di ou ven­dre­di. Des ren­dez­vous im­por­tants se­raient pré­vus d’ici à de­main soir.

a bat­tu (2-1), hier soir, Man­ches­ter Ci­ty lors de la 17e jour­née du cham­pion­nat d’Angleterre. Wal­cott a ou­vert le score (33e), puis Gi­roud a dou­blé la mise (45e + 1) d’une re­prise du gauche. Tou­ré (82e) a ré­duit la marque. Les Gun­ners sont 2es der­rière Lei­ces­ter et Ci­ty est 3e.

NA­TA­TION

nFLORENT MA­NAU­DOU de­vrait na­ger le 50 m et le 100 m nage libre aux Cham­pion­nats de France (du 29 mars au 3 avril). « J’ai en­vie de ten­ter l’aven­ture », a ex­pli­qué le cham­pion olym­pique du 50 m à Le­quipe.fr. Cette dé­ci­sion pour­rait ou­vrir la voie à un en­ga­ge­ment sur les deux dis­tances aux JO de Rio.

ATHLÉTISME

nLA­MINE DIACK, ex-pré­sident de la Fé­dé­ra­tion in­ter­na­tio­nale d’athlétisme, a de nou­veau été mis en exa­men hier pour cor­rup­tion. Il est ac­cu­sé d’avoir fer­mé les yeux sur des cas de do­page, no­tam­ment de Russes, en échange d’ar­gent. Ga­briel Dol­lé, le mé­de­cin en charge de la lutte an­ti­do­page à qui Diack est soup­çon­né d’avoir re­mis 140 000 €, a aus­si été mis en exa­men. ILS COL­LEC­TIONNENT les titres et trustent les places sur les po­diums. Pour­tant, un ano­ny­mat cer­tain ac­com­pagne leurs ex­ploits. Le fun­board, le rol­ler, le surf, la pé­tanque et le squash n’ont au­cun se­cret pour ces cinq cham­pions. Cha­cun a ac­cep­té de le­ver le voile sur sa dis­ci­pline, por­tée à son plus haut de­gré d’ex­pres­sion. AVEC LUI, c’est pa­tins, coups fins… Alexis Con­tin, 29 ans, est un double vir­tuose. Que ce soit sur route, en rol­ler ou, sur glace, en patinage de vi­tesse, le Ma­louin joue les fines lames. « Pour me ré­com­pen­ser d’une grosse an­née en rol­ler (NDLR : où il cu­mule dé­sor­mais 12 titres mon­diaux), où j’avais été le plus jeune cham­pion du monde de ma­ra­thon à 17 ans, mon club de l’époque, le Le­val­lois Spor­ting Club, m’avait payé quatre jours de stage pour dé­cou­vrir la glace aux Pays-Bas, se sou­vien­til. Je me suis très vite dé­brouillé, un en­traî­neur m’a vu et m’a pro­po­sé de me gar­der une place dans son équipe. A la fin de l’hi­ver, j’ai ten­té l’aven­ture et, au bout d’un mois, je ga­gnais ma pre­mière com­pé­ti­tion… »

Le jeune Alexis voit dans la glace le re­flet des an­neaux olym­piques que la route ne peut lui of­frir. « Le rol­ler a lou­pé le coche au dé­but des an­nées 2000, souffle le Tri­co­lore. Il y avait une grosse Coupe du monde, c’était très dé­ve­lop­pé. Mais pour pas­ser aux JO, il ne faut pas de bons spor­tifs ou de belles com­pé­ti­tions mais de bons po­li­tiques au ni­veau de la fé­dé­ra­tion in­ter­na­tio­nale. Et c’est là que ça a coin­cé. Il y a plus de re­con­nais­sance en vi­tesse. For­cé­ment, avec les Jeux, il y a un ef­fet ca­ta­ly­seur au ni­veau mé­dia­tique. Dès qu’on marche un peu, il y a une at­ten­tion. Ici, au Pays­Bas (NDLR : où il vit dé­sor­mais), être per­for­mant sur la glace ap­porte une bonne re­con­nais­sance. C’est le sport roi, la Mecque de la vi­tesse. »

Il va pri­vi­lé­gier le patinage de vi­tesse

Au dé­but, Con­tin avait ten­dance à se mé­lan­ger les pin­ceaux. « Le fait de faire de la glace a vrai­ment dé­té­rio­ré mes perfs en rol­ler pen­dant quelques an­nées, ex­plique-t-il. Le mou­ve­ment du pa­ti­neur est si­mi­laire mais au ni­veau tech­nique pure il y a de grandes dif­fé­rences. Je pre­nais les dé­fauts de la glace au rol­ler et vice ver­sa. Main­te­nant, ce sont deux sports dis­tincts. C’est comme si je fai­sais de la glace et du vé­lo. » Au point de pou­voir en­chaî­ner les deux dis­ci­plines d’un cla­que­ment de doigts.

« Là, je me suis en­traî­né sur la glace en sep­tembre et en oc­tobre, j’ai fait une cou­pure de quinze jours en al­lant aux Mon­diaux de rol­ler à Taï­wan et je suis re­ve­nu sur la glace di­rec­te­ment. C’était une pre­mière… et aus­si une der­nière. Avec les Jeux qui se rap­prochent, le rol­ler pren­dra une place moindre dans mon agen­da de com­pé­ti­tion. » Les Jeux… Fort de deux places d’hon­neur à Van­cou­ver 2010 (4e sur 10 000 m et 6e sur 5 000 m), Con­tin at­tend la consé­cra­tion à Sot­chi. « Ce­la au­rait dû être le som­met de ma car­rière, lâche-t-il. Et je suis ma­lade juste avant… » A quelques se­maines du dé­part pour la Rus­sie, le diag­nos­tic tombe : hy­per- thy­roï­die (dé­rè­gle­ment de la glande thy­roïde qui pro­duit trop d’hor­mones). Ri­deau sur le rêve de po­dium.

Sur fond de conflit avec le DTN des sports de glace de l’époque, Con­tin tra­verse les Jeux l’âme en peine et le corps en berne. « Entre Van­cou­ver et Sot­chi, je me suis pré­pa­ré quatre ans à fond, et ce­la ne m’a rien ap­por­té. C’est dur, de mettre toute sa vie dans la ba­lance en sa­chant que l’échec est pos­sible, ana­lyse-t-il. Il a fal­lu sa­voir si je pou­vais re­ve­nir et être per­for­mant avec ma ma­la­die. J’ai re­com­men­cé par ma base, le rol­ler. Après les Mon­diaux de l’an­née der­nière où j’ai pris quatre titres en étant fort et en ar­ri­vant à en­chaî­ner les ef­forts, j’ai com­men­cé à me pro­je­ter vers les JO 2018 à Pyeong­chang (Co­rée du Sud). Pour être cham­pion olym­pique ou mé­daillé, il va fal­loir que je passe un cap phy­sique. Ça prend du temps. C’est comme si j’étais re­par­ti de zé­ro quand ma ma­la­die a été dé­tec­tée. Il faut re­cons­truire une mus­cu­la­ture. Après, ce sont des an­nées d’en­traî­ne­ment qui s’em­pilent et font fran­chir des pa­liers. J’en ai per­du quelques-unes… »

Dé­but dé­cembre, pour la pre­mière fois dans l’his­toire du patinage de vi­tesse fran­çais, Con­tin a rem­por­té une épreuve de Coupe du monde en mass-start (dé­part grou­pé). Même s’il doit gé­rer au quo­ti­dien la fa­tigue liée à sa pa­tho­lo­gie, le Bre­ton lorgne avec am­bi­tion vers les Mon­diaux de vi­tesse de Ko­lom­na (Rus­sie) mi-fé­vrier. « Ma ma­la­die m’a ap­pris à re­la­ti­vi­ser, mais je m’in­ves­tis à 100 %, lance-t-il. Je ne fuis pas. Je ne cherche pas d’ex­cuses… » Né le 19 oc­tobre 1986 à Saint-Ma­lo (Ille-et-Vi­laine). Pal­ma­rès. Rol­ler : 12 titres de cham­pion du monde entre 2005 et 2015. Patinage de vi­tesse : mé­daillé de bronze mon­dial en mass-start (2015), vain­queur de la Coupe du monde de mass-start (2011-2012), vain­queur d’une manche de Coupe du monde en mass-start (2015), 4e sur 10 000 m et 6e sur 5 000 m aux JO 2010.

(Viz­zo­ri­mage/Luis Ram’rez/Staff et EPA/Maxppp/Igor Ko­va­len­ko.)

Alexis Con­tin, 29 ans, est un cham­pion à part qui en­chaîne les titres dans deux dis­ci­plines dif­fé­rentes : il ex­celle en rol­ler et, sur glace, en patinage de vi­tesse.

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