La halte-gar­de­rie du quar­tier Ou­di­not ferme dé­fi­ni­ti­ve­ment

Le Parisien (Paris) - - PARIS - É.S.

CE SOIR, la halte-gar­de­rie as­so­cia­tive Sain­teA­gnès (VIIe) ferme ses portes pour les congés de Noël. Sauf que cette fois, elle ne les rou­vri­ra pas, et met dé­fi­ni­ti­ve­ment la clé sous la porte.

La pe­tite struc­ture « si­tuée dans un havre de paix, au bout d’une al­lée pa­vée », comme le vante l’as­so­cia­tion pa­rois­siale ges­tion­naire de la gar­de­rie, se­rait de­ve­nue trop com­pli­quée à gé­rer. Pri­vée il y six mois d’une par­tie de son agré­ment de la Pro­tec­tion ma­ter­nelle et in­fan­tile (PMI), qui l’au­to­ri­sait à as­su­rer le dé­jeu­ner et la sieste des en­fants, confron­tée à des normes tou­jours plus strictes et à de trop coû­teux tra­vaux de mise en confor­mi­té, la halte-gar­de­rie était de­puis en sur­sis.

La sup­pres­sion des re­pas a in­ci­té de nom­breux pa­rents à chan­ger de mode de garde, le taux de rem­plis­sage est pas­sé de 25 à une dou­zaine d’en­fants… et le con­seil d’ad­mi­nis­tra­tion a fi­ni par vo­ter la fer­me­ture ra­di­cale. Pour les pa­rents, c’est un crève-coeur. « On a été mis de­vant le fait ac­com­pli », es­timent ceux qui es­pèrent en­core faire re­ve­nir l’as­so­cia­tion pa­rois­siale sur sa dé­ci­sion.

C’est «une vé­ri­table ins­ti­tu­tion» lo­cale qui dis­pa­raît

La « mai­son » a vu pas­ser plu­sieurs gé­né­ra­tions, de­puis sa fon­da­tion dans les an­nées 1950, et « c’est une vé­ri­table ins­ti­tu­tion du quar­tier, qui a per­mis à des di­zaines d’en­fants de se so­cia­bi­li­ser dans une at­mo­sphère tel­le­ment hu­maine, et en toute sécurité ! » plaide par exemple Isa­belle, qui lui confiait sa fille de 2 ans quatre fois par se­maine. « De plus, nos contrats courent jus­qu’à l’été, note un autre père de famille. Com­ment trou­ver une place ailleurs en cours d’an­née, et que de­vien­dra le per­son­nel de Sainte-Agnès ? » De­puis l’an­nonce de la fer­me­ture, les pa­rents ont créé une as­so­cia­tion, mul­ti­pliée les cour­riers et même pro­po­sé de fi­nan­cer eux-mêmes une par­tie des bud­gets… en vain.

« La dé­ci­sion a été vo­tée, elle est ir­ré­vo­cable », ré­pond la pré­si­dente de l’as­so­cia­tion Sainte-Agnès, Ré­gine Spriet.Cri­ti­quée la pré­si­dente conteste : « dès que la dé­ci­sion a été vo­tée, nous avons ai­dé les fa­milles à trou­ver d’autres lieux, et pour le per­son­nel, nous agis­sons au mieux dans le res­pect de la loi ».

Amère, mais aus­si réa­liste : « Les pro­po­si­tions fi­nan­cières des pa­rents sont très gen­tilles, mais on ne fait pas fonc­tion­ner une halte-gar­de­rie comme ça ! Il y a des normes ma­té­rielles et pé­da­go­giques dras­tiques, or notre bud­get et le manque de sub­ven­tions mu­ni­ci­pales ne nous per­mettent plus de les as­su­mer. »

(LP/É.S.)

Rue Ou­di­not (VIIe), hier. Comme Isa­belle, qui confie sa fille quatre fois par se­maine à la hal­te­gar­de­rie, les pa­rents se sont mo­bi­li­sés en vain pour que l’as­so­cia­tion re­vienne sur sa dé­ci­sion.

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