Le 3e coeur ar­ti­fi­ciel ne bat plus

Le pa­tient opé­ré le 8 avril est dé­cé­dé d’un ar­rêt res­pi­ra­toire, ce qui ne re­met pas en cause un nou­vel es­sai.

Le Parisien (Paris) - - SOCIÉTÉ - CLAU­DINE PROUST

IL AU­RA VÉ­CU huit mois et dix jours. Le 18 dé­cembre au ma­tin, le troi­sième pa­tient qui s’est vu im­plan­ter un coeur bio­ar­ti­fi­ciel en France, dans le cadre du tout pre­mier es­sai cli­nique me­né de­puis dé­cembre 2013, est dé­cé­dé, à l’âge de 74 ans. Sa mort a été an­non­cée hier soir par un com­mu­ni­qué de la so­cié­té fran­çaise Carmat, qui dé­ve­loppe cette pre­mière mon­diale ima­gi­née de­puis vingt-cinq ans par le pro­fes­seur Alain Car­pen­tier.

Se­lon les in­for­ma­tions mé­di­cales dis­po­nibles à ce jour, la pro­thèse, cette fois, n’a mon­tré au­cune dé­faillance. Elle a dû être dé­bran­chée : le ma­lade a suc­com­bé à une mort su­bite par ar­rêt res­pi­ra­toire, elle-même consé­cu­tive à une in­suf­fi­sance ré­nale chro­nique. Un mal sé­vère, dont souffrent sou­vent, entre autres pa­tho­lo­gies, les in­suf­fi­sants car­diaques en phase ter­mi­nale, pour les­quels le coeur ar­ti­fi­ciel se veut jus­te­ment, à terme, une so­lu­tion, la greffe or­di­naire leur étant in­ter­dite.

Cette dé­faillance ré­nale pré­exis­tait à son opé­ra­tion et l’ame­nait à de fré­quents al­lers-re­tours à l’hô­pi­tal de­puis qu’il avait pu en sor­tir, fin août, pour re­joindre son do­mi­cile dans le plus par­fait ano­ny­mat. Son opé­ra­tion, la troi­sième de l’es­sai, avait été me­née tout aus­si dis­crè­te­ment le 8 avril à Pa­ris, et la nou­velle avait fil­tré peu de temps après que l’on eut ap­pris le décès du deuxième pa­tient, le 2 mai, après neuf mois de vie avec un coeur ar­ti­fi­ciel. Opé­ré en août 2014, ce der­nier, âgé de 69 ans, s’était vu im­plan­ter la pro­thèse au terme d’une longue in­ter­ven­tion me­née en août 2014 au CHU de Nantes (Loire-At­lan­tique). Sor­ti d’hos­pi­ta­li­sa­tion juste après les fêtes l’an­née der­nière, il di­sait son bon­heur d’avoir pu re­trou­ver une cer­taine li­ber­té de mou­ve­ment, em­por­tant les bat­te­ries qui ali­men­taient son nou­veau coeur en pro­me­nade pour al­ler dé­jeu­ner avec ses en­fants.

Le pre­mier pa­tient, lui, n’avait sur­vé­cu « que » 74 jours. Ce qui, rap­pelle fré­quem­ment le pro­fes­seur Car­pen­tier, s’agis­sant d’une tech­nique mé- di­cale in­édite, était dé­jà su­pé­rieur au cri­tère de sur­vie d’un mois exi­gé par les au­to­ri­tés sa­ni­taires pour me­ner cet es­sai cli­nique.

Carmat in­dique pour­suivre l’étude de fai­sa­bi­li­té de ces greffes. La so­cié­té, ayant ap­por­té des mo­di­fi­ca­tions tech­niques à la pro­thèse, qui avait mon­tré des dé­faillances, après le deuxième décès, avait an­non­cé à la fin du mois der­nier avoir ob­te­nu le feu vert pour la qua­trième et der­nière opé­ra­tion de cette phase 1 de l’es­sai. Les cri­tères de gra­vi­té de l’in­suf­fi­sance car­diaque ont même été as­sou­plis pour qu’un plus grand nombre de pa­tients puissent être éli­gibles. Mais im­pos­sible de sa­voir si cette qua­trième in­ter­ven­tion a dé­jà eu lieu ou non.

(AFP/Franck Fife.)

Des mo­di­fi­ca­tions tech­niques ont été ap­por­tées à la pro­thèse qui avait été im­plan­tée aux trois pre­miers pa­tients.

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