Le conte de fées du Ga­zé­lec Ajac­cio

Ligue 1.

Le Parisien (Paris) - - SPORTS - Ajac­cio (Corse-du-Sud) De notre en­voyé spé­cial CH­RIS­TOPHE BÉRARD Pro­pos recueillis par CH.B.

ON A BIEN RE­GAR­DÉ par­tout, mais il n’y a au­cune fête fo­raine ou autres ma­nèges ins­tal­lés près du stade Ange-Ca­sa­no­va d’Ajac­cio. Et pour­tant, le Ga­zé­lec s’est fait une spé­cia­li­té des montagnes russes. D’abord une des­cente ver­ti­gi­neuse pen­dant neuf jour­nées avec zé­ro vic­toire, quatre pe­tits buts ins­crits et une der­nière place au comp­teur. Et dans la fou­lée, une bru­tale re­mon­tée avec dix ren­contres sans dé­faite et une dou­zième place à la trêve. La meilleure sé­rie ac­tuelle d’in­vin­ci­bi­li­té der­rière le PSG !

Au soir du 17 oc­tobre après un re­vers lo­gique à Saint-Etienne (2-0), les Ajac­ciens avaient pour­tant fait une croix sur le main­tien. « Avec trois points en dix matchs, le bi­lan était plus qu’in­quié­tant, rap­pelle le pré­sident Oli­vier Mi­ni­co­ni. Avant la ré­cep­tion de Nice, il a fal­lu trou­ver des so­lu­tions. » Les réunions se sont mul­ti­pliées. « Nous avons fait une grosse séance vi­déo ex­plique l’en­traî­neur Thier­ry Lau­rey. Avec un chan­ge­ment tac­tique à la clé. On a dé­ci­dé d’ac­cé­lé­rer le jeu pour trou­ver di­rec­te­ment nos at­ta­quants. J’es­pé­rais que ce­la fonc­tion­ne­rait au moins à do­mi­cile. » Dans la fou­lée, les joueurs se sont en­fer­més dans le ves­tiaire. « On s’est de­man­dé si on vou­lait tous, au fond de nous, se main­te­nir ou si on croyait que c’était dé­jà fi­chu, narre l’at­ta­quant Mo­ha­med Lar­bi. La ré­ponse a été pour le main­tien. »

Se­lon Oli­vier Mi­ni­co­ni, on a beau­coup par­lé d’hon­neur ce jour-là : « Le ton n’est pas mon­té et les mots ont été simples. Les gars ont re­fu­sé la pers­pec­tive de de­ve­nir une des pires équipes de L 1. Ils ont dé­ci­dé qu’il fal­lait res­pec­ter les va­leurs du club et ne pas re­non­cer. Quitte à des­cendre, au­tant que ce soit en lut­tant. »

Une men­ta­li­té ex­tra­or­di­naire

Le week-end sui­vant, le Ga­zé­lec marche lit­té­ra­le­ment sur l’OGC Nice d’Ha­tem Ben Ar­fa et s’im­pose (3-1). « Comme par ha­sard, tout a fonc­tion­né ce jour-là, no­tam­ment dans l’ef­fi­ca­ci­té, sou­rit Thier­ry Lau­rey. On a pu voir que per­sonne ne vou­lait mou­rir à pe­tit feu dans ce cham­pion­nat. Le sa­me­di d’après, on a bat­tu Bor­deaux (2-0) en­core à do­mi­cile. »

Lors de ses deux matchs sui­vants, chez des concur­rents pour le main­tien, le Ga­zé­lec s’im­pose à Reims (1-2) puis lors du der­by corse à Bas­tia (1-2). « Mes joueurs m’ont sur­pris mais je connais­sais leur état d’es­prit, note Lau­rey. L’an der­nier, si on est mon­tés en L 1, ce n’est pas parce qu’on était les meilleurs. Mais on avait une men­ta­li­té ex­tra­or­di­naire. »

Le dé­fen­seur Ka­der Man­gane se veut prag­ma­tique. « Le che­min est en­core long pour le main­tien. Nous ne sommes pas ti­rés d’af­faire », as­sure-t-il. Mi­ni­co­ni est d’ac­cord, mais il sa­voure. Ins­tal­lé à une ter­rasse sur le cours Na­po­léon, il glisse : « Rien n’est fait, mais vous sa­vez, lors des der­nières mi­nutes de notre match contre Lyon (2-1), je me de­man­dais si je n’étais pas en train de rê­ver. »

de bud­get.

brut men­suels de sa­laire moyen pour l’ef­fec­tif.

in­ves­ti dans le re­cru­te­ment. Com­ment qua­li­fie­riez-vous la sai­son du Ga­zé­lec ? FRAN­ÇOIS TAGLIAGLIOLI. C’est la plus belle de toute ma vie. J’ai connu des joies in­croyables avec nos re­mon­tées en Na­tio­nal, puis en Ligue 2. Là, c’est vrai­ment fan­tas­tique. Ce­la me fait chaud au coeur de voir l’am­biance ma­gni­fique au stade. Avez-vous pen­sé que ça al­lait être com­pli­qué après quelques jour­nées ? J’ai eu peur que nous soyons ri­di­cules Ce club rend heu­reux. Dé­jà il est ai­mé dans toute la Corse. De mon pe­tit vil­lage de Cer­vio­ni jus­qu’à Bas­tia, on n’a pas d’en­ne­mis. Et là, on bat les riches comme Bor­deaux (2-0) ou Lyon (2-1). Et on tient l’OM en échec chez lui (1-1). C’est une in­croyable his­toire. Il nous manque en­core 18 points pour le main­tien. Sur ce que j’ai vu des joueurs, je crois qu’on va le faire.

Stade Ange-Ca­sa­no­va (Ajac­cio), di­manche.

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