Mar­ti­not-La­garde, les frères de haies

Le Parisien (Paris) - - SPORTS ILE-DE-FRANCE - Ben­ja­min Crou­zet, en­traî­neur de Pas­cal et Tho­mas ÉRIC MI­CHEL

Toute la se­maine, nous vous fai­sons par­ta­ger des his­toires sin­gu­lières de spor­tifs qui pra­tiquent la com­pé­ti­tion en famille. Troi­sième vo­let au­jourd’hui avec les frères et ath­lètes Mar­ti­not-La­garde. CES DEUX-LÀ, Ben­ja­min Crou­zet les connaît bien. Il les en­traîne tous les jours à l’In­sep : Pas­cal (24 ans) et Tho­mas (27 ans) Mar­ti­not-La­garde n’ont au­cun se­cret pour lui. Il sait ce qui rap­proche et sur­tout dif­fé­ren­cie les deux frères ori­gi­naires de Mois­syC­ra­mayel, en Seine-et-Marne.

« Tho­mas et Pas­cal sont très proches mais ils ne sont pas fu­sion­nels, loin de là. Ils ne se voient qu’à l’en­traî­ne­ment. Ce sont deux pro­fes­sion­nels mais cha­cun a sa per­son­na­li­té, ra­di­ca­le­ment dif­fé­rente. L’aî­né est très mé­ti­cu­leux, par­fois presque trop. Son ca­det, pas du tout et même par­fois pas as­sez », dé­crit l’en­traî­neur.

Phy­si­que­ment, on ne peut pas les confondre non plus. Tho­mas est un homme calme, pon­dé­ré, au look dis­cret. Pas­cal, troi­sième aux Cham- pion­nats d’Eu­rope 2014, est un gar­çon exu­bé­rant. Avec ses tresses, son sou­rire ra­va­geur et son ca­rac­tère af­fir­mé, il ne passe pas in­aper­çu.

Ils par­tagent un même amour pour les haies, le 110 m en par­ti­cu­lier. « Ils fi­gurent par­mi les cinq meilleurs Fran­çais, af­firme fiè­re­ment leur père, Oli­vier Mar­ti­not, lui aus­si pas­sion­né d’athlétisme. Pas­cal est le nu­mé­ro 1 et Tho­mas le nu­mé­ro 5, après Bas­cou, Be­lo­cian et Dou­cou­ré. Leur rêve, le mien aus­si, se­rait une fi­nale olym­pique à Rio. Là, je ne sau­rais pas qui choi­sir pour la vic­toire. »

Les deux fran­gins n’en sont pas loin : Tho­mas, avec un re­cord per­son­nel à 13”26, tra­vaille pour y être à condi­tion de réus­sir les mi­ni­ma fixés à 13”35. Pas­cal veut, lui, ga­gner la mé­daille… d’or. « Au­cun des deux n’est en com­pé­ti­tion avec l’autre, ra­conte Ben­ja­min Crou­zet. Quand ils sont dans leur cou­loir, ils sont deux ad­ver­saires que rien d’autre ne pré­oc­cupe. Ils ne sont plus frères et c’est mieux ain­si. Une fois le stade quit­té, ils re­de­viennent des fran­gins qui s’adorent. La seule chose qui les per­turbe en com­pé­ti­tion, c’est quand l’un est éli­mi­né avant l’autre. Ça énerve ce­lui qui s’est qua­li­fié seul. »

Si Pas­cal est dans le top 4 mon­dial au­jourd’hui, c’est grâce à Tho­mas. « Un jour, j’ai vu mon frère battre un re­cord de France mi­nimes (NDLR : le 200 m en 25”14, qui tient de­puis 2003) et je suis tom­bé amou­reux fou des haies. J’adore ça. A 60 ans, je sau­te­rai en­core par-des­sus, j’en suis cer­tain », ra­conte Pas­cal, cham­pion de France en titre. « Tho­mas a été un mo­teur pour son frère, en­chaîne le père. Long­temps, c’est Tho­mas qui al­lait plus vite. La mo­ti­va­tion de Pas­cal était de tra­vailler pour rat­tra­per son aî­né. »

Au­jourd’hui, c’est l’in­verse : Tho­mas court der­rière Pas­cal. « On a tou­jours vou­lu faire les choses en­semble, ra­conte Tho­mas. Ça s’est dé­blo­qué à Mos­cou en 2014. Jusque-là, j’étais un peu en re­trait au ni­veau des per­for­mances, mais elles se sont net­te­ment amé­lio­rées et ce­la a re­lan­cé notre pro­jet à deux. »

« Quand ils sont dans leur cou­loir, ils sont ad­ver­saires. Ils ne sont plus frères. »

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